Nous voici parti pour rejoindre le centre de la France afin de présenter mes écrits au salon du livre de Valençay.
Lors de ces voyages nous aimons prendre les routes qui serpentent dans la campagne entre champs de céréales et prairies où paissent nonchalamment quelques vaches. Comme si elles se doutaient de l’amitié que nous leur portons, certaines relevent la tête à notre passage.
Ces routes qui cheminent entre monts et vallons, montent et descendent contournent un piton pour dévaler vers une rivière qui chante en sautant des petites retenues crées par l’homme. Blotti autour de son église, un village endormi par la chaleur se découvre.
Non loin un mur en pierre sèche cloture une forêt ; lorsque le portail se présente, un léger coup d’oeil permet de découvrir à l’extrémité d’une allée bien entretenue un château.
À ce moment, mes pensées se portent en direction d’un livre d’Erckmann- Chatrian, » Histoire d’un paysan » . Celui-ci raconte l’existence que menaient les paysans avant la révolution et comment ses Seigneurs pour vivre dans l’opulence créaient des impôts, pillaient les récoltes et obligeaient les hommes à des corvées.
Ne jamais oublier que tous ces châteaux renferment dans leurs murs la sueur, la peine, la souffrance, la famine et parfois la mort de ces pauvres gueux.
Pour passer notre nuit, nous trouvons un lieu bucolique et le lien avec les tilleuls, l’eau, le chant des oiseaux nous fait oublier ces périodes sombres.

La grâce de la libellule qui danse sur les fleurs aquatiques nous offre un instant d’extase.

Nous sommes passés par Langres, célèbre ville natale de Diderot créateur de l’encyclopédie qui lui valut d’aller en prison car certaines définitions déplaisaient à l’ église catholique.
Ce détail ne nous coupe pas l’appétit pour déguster un fromage de Langres odorant et moelleux à souhait.

Le lendemain nous poursuivons notre escapade en cette France profonde, calme et combien agréable. Certes le touriste est plus rare car l’annodin, le commun, la simplicité intéresse peu de monde. Il est bien plus glorifiant de se pavaner et de raconter que l’on a visité les capitales d’Europe, vu les chutes du Niagara etc.
Et pourtant quand nous arrivons à Toucy notre première surprise est de pouvoir nous promener entre les étales d’un opulent marcher où je me fixe devant le magnifique stand d’un tripier. Rien que le mot doit répulser un certains nombre d’entre vous et pourtant le tripier fait partie de notre culture, car on en retrouve des traces écrites sur les marchés de Paris depuis 1202.
Je suis en émerveillement devant les coeurs de veau, la tête de veau, le foie, les onglets marinés, les pieds de porcs en gelée ou encore l’andouille de Troyes. Enfin, nous craquons pour de l’andouille, un pied de porc, du boudin noir et une tranche de terrine maison.
Heureusement que nous sommes en fourgon, car j’achèterai la boutique !
Cette bourgade nous surprend par quelques maisons avec une architecture à colombages.

Après dégustation de ces mets, je laisse le volant à Laetitia et fait une sieste dans ma position préférée.

Le soleil chauffe la route cet après-midi et nous regrettons l’époque où les platanes arboraient le bord des routes et offraient de la fraîcheur aux automobilistes. Il parait que ces satanées arbres étaient responsables des automobilistes qui leur fonçaient dessus. Il furent offusqués de cette injustice et mensonge qu’ils en tombèrent malade. Cela donne un bel argument à la sécurité routiere pour les couper sans vergogne.
Enfin nous arrivons à Valençay, un grand mariage à lieu au château et il nous est impossible de l’approcher. Serions-nous revenus au temps des Seigneurs où le peuple servait à payer l’impôt mais ne pouvait les approcher ?

Nous nous consolerons avec un vin de Valençay et un dessert local.

Si le vin n’a rien d’exceptionnel, voici deux mots au sujet de la pâtisserie. Ceux ayant une culture culinaire connaissent la pyramide de Valençay qui est un fromage de chèvre crémeux manquant à mon goût de force et de puissance. Par contre chez le chocolatier/ pâtissier du centre nous trouvons la pyramide de Valençay. C’est un assemblage de genoise, mousse au chocolat noir et griotte au grand marnier.

Une explosion de saveurs et de parfums qui nous mettent en forme pour le salon de demain.
En attendant nous nous sommes trouvé une place tranquille dans les tréfonds d’une forêt afin d’être au top pour présenter mes livres.
