Un phare en forêt Vosgienne!

N’est-il pas intéressant de se pencher de temps à autre sur une carte IGN ?

Tiens une carte? Mais qu’est-ce ?

Un objet dépassé ?!

Une carte bien usagée


En dépliant ce papier, il nous indique villages et villes, les routes petites, les grandes ou celles préférant se glisser dans un vallon forestier. On peut franchir un col et sillonner au milieu de pâturages où l’animal, à l’oeil nonchalant, regarde passer les automobiles.

Sur ce papier, sont indiqués les noms des sommets ainsi que de nombreux sentiers de randonnée et les courbes de niveaux précisent l’importance du dénivelé.


Déplié, il offre une vue d’ensemble et c’est toute une région qui se déroule devant nos yeux, déjà le voyage commence.

On observe et on se pose des questions ; allons nous par-là ou par-ici ?
Notre choix se porte sur un secteur que nous connaissons mal. C’est comme cela que le soir nous installons notre maison sur roues au pied du rocher de Dabo qui émerge tel un phare au milieu de ces sombres forêts des Vosges Mosellane.


Le grès de la région date de – 240 à -250 millions d’années, l’érosion n’est pas parvenu à venir à bout d’un grès induré qui est un pouding de galets.
Les proéminences de ce type sont nombreuses dans les Vosges du Nord et bien souvent à l’époque féodale c’était un château fort qui y était construit.

Ici à Dabo, le rocher dû attendre 1828 pour voir s’ériger sur sa plate forme, une chapelle en l’honneur du Pape Léon IX natif du village. Il est né en 1002 et mort en 1054 et fût pape de l’église catholique romaine de 1049 à sa mort. Cette première chapelle ne résista pas aux intempéries, en 1889 elle fut reconstruite et c’est une chapelle de style roman avec une tour belvédère qui préside.


Le lendemain, aspiré par le désir de découvrir, nous grimpons avec l’aide de nos membres postérieurs le dénivelé de 400 mètres qui nous sépare de ce promontoire. Nous poussons l’effort pour gravir la centaine de marches qui mène à la tour d’observation. Un panorama à 360 ° s’offre à notre regard.


L’après-midi, nous partons pour une balade dans le proche massif du Schneeberg.
Nous remontons un vallon d’où dévale un ruisseau au cœur d’une végétation luxuriante lorsqu’à deux pas de nous, se sauve un chevreuil qui nous à autant effrayé que lui devait avoir la frousse. Après quelques bons, il s’arrête et nous observe, encore quelques bons un nouvel arrêt et un temps d’observation pour s’en aller définitivement vers un lieu plus paisible.


Nous reprenons notre marche, le sentier s’élève dans une forêt de sapins.

Et oui amis lecteur, tu ne l’a points oublié, nous sommes dans les Vosges et ici le sapin noir, avec son fût rectiligne s’élève majestueux vers les cieux pouvant atteindre de 30 à 50 mètres et vivre près de 600 ans, est le roi des lieux.


Dans les Vosges, on parle de sapin noir et pourtant son nom serait sapin pectiné ou sapin blanc car jeune son écorce est lisse et gris argenté, en vieillissant elle se crevasse et devient noir voilà pourquoi localement nous parlons de sapin noir.


Arrivés au sommet du Schneeberg, nous retrouvons les roches de grès qui adoptent des formes laissant notre imaginaire s’évader.
Tel celle-ci où l’on peut voir une mangouste prête à attaquer le serpent représenté par la racine de l’arbre.


Il y a aussi ces cupules dû à l’érosion, mais qui sont aussi l’objectif de nombreuses légendes un peu abracadabrantesque. Les géobiologues nous donnent une information plus crédible comme quoi ces cupules aurait une vibration tellurique très élevée.

Il est vrai que pour celui qui sait observer, l’eau prisonnière de ces bassins ne croupit pas en dépit des feuilles, mousse ou tout autre végétaux qui s’y trouve.
Nous nous retrouvons dans un monde mystérieux de champignons, de roches érodées, d’arbres torturés, de fougères et de myrtilles.


Assis sur de la mousse nous guettons l’arrivée des lutins, elfes ou fées magiciennes, car les légendes dans la région qui les évoquent sont nombreuses. Rien ne se passe, si ce n’est un léger souffle de vent qui fait trembler quelques herbes servant peut être à une quelconque potion ? D’ailleurs était-ce le vent ou un de ces êtres cachés dans la bruyère a soupiré fortement pour nous signaler sa presence. Nous nous relevons et partons pour terminer notre randonnée, non pas inquiet, mais les méninges remplies de mystère et d’illusion.

2 commentaires sur « Un phare en forêt Vosgienne! »

  1. Salut Thierry,

    Le Beaujolais vert ? J’ai l’habitude de le voir et de le boire plutôt rouge !
    Je pense qu’il faut aider les gens à apprécier les profondeurs d’une forêt et arrêter avec la nature spectacle commerciale.
    A bientôt pour une autre balade dans les Vosges.
    Amicalement
    Pascal

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  2. Belle balade qui me rappelle irrésistiblement toutes celles que j’aime accomplir dans d’autres massifs forestiers peu connus, comme le Mont Pilat dans la Loire ou le Beaujolais vert, dans le Rhône. Mêmes rochers émergents, même mystérieuses cupules, (presque) même conifères.
    Merci beaucoup de rafraîchir les lecteurs de ce blog !

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