En bord de route, une indication nous intrigue « pierre plantée ».
Bizarre cette région reculée où l’on plante les pierres, me dis-je !
En définitive, c’est un menhir, je n’avais jamais entendu ce terme dans mes livres d’histoires avec les personnages principaux d’Astérix et Obélix !

Cette pierre mesure 4,50 mètres, dont un mètre dans le sol et pèse 9 tonnes.
Plus d’une centaine de ces mégalithes sont présents dans la région, elles sont datées de 3500 av. J.-C.. , à ce moment nous sommes aux néolithiques, la période où l’Homme passait de chasseur-cueilleur nomade à agriculteur sédentaire.
Très amusant de lire cela, avec Laetitia nous avons fait l’inverse d’agriculteurs sédentaires nous voici nomade !
Ces pierres de grès ou de granit arborent des sculptures ou des gravures anthropomorphes plus ou moins bien préservées.
Dans ce coin perdu, le fourgon se faufile sur une petite route juste assez large pour lui, nous suivons les gorges du Dourdou. Arrivés au niveau de la rivière, où des collines très boisées prennent leurs envols, est niché un village du nom de Brusque.

Quelques pas dans les ruelles, des constructions nous surprennent et nous repartons tout aussi tranquillement pour reprendre de la hauteur et atteindre une crête.

En quelques enjambées, nous voici au sommet de Merdelou à 1110 mètres.
Notre regard plonge dans la vallée d’où nous venons, de ces imposants massifs boisés nous ne serions pas étonné de voir voler quelques Romains qui aurait eu la funeste idée de rencontrer Obélix !

Pourtant ce sont plutôt des sapins morts que nous apercevons. Le sapin est attaqué par les scolytes, cela est rentré dans la normalité alors que ça ne l’est pas. Le plus étonnant, c’est de voir de nombreux feuillus, tels le chêne vert, le châtaignier, etc. porter un feuillage d’automne.
La sécheresse sévit !
Je porte un amour pour les arbres, car sans eux que serions-nous ? Je vous conseille la lecture : La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben.
Aucun bruit, aucune clameur ne nous parvient. Ce silence est envoutant, nous repartons et c’est une vénérable carline qui retient notre attention.

Nous nous trouvons un spot en hauteur bien agréable où le lendemain j’admire quelques fleurs que certains nommeront d’anodines, car elles ne sont pas rares et pourtant si belles.

Nous aimons flâner et rêvasser en ces matinées où nous sommes seuls au monde.

L’après-midi, nous nous dirigeons vers le rougier de Camarès.
Délimité au Nord par la vallée du Tarn à l’Est par les Causses, ce rougier est le plus vaste de France, pour ceux qui aiment les chiffres, il couvre 57 000 hectares, en tant qu’ancien paysan pour moi cela à plus de signification que 57 km2.
Le rougier est une formation géologique singulière qui date de l’ère primaire, il y a 250 à 300 millions d’années.
Le fer très présent dans les roches sédimentaires s’est oxydé et a donné cette couleur rouge si particulière à la terre.

Ce sol est très sensible à l’érosion.
Un sentier bien balisé permet d’apprécier ce travail de millions d’années et de rester fasciné par ces couleurs rouges et lie de vin, ces ravines, ces courbes et bosses.


Ce qui surprend le plus c’est l’union du bleu du ciel, du rouge sang de la terre et d’un peu de verdure qui rompt l’harmonie ciel/terre.

Malgré l’information écrite de la fragilité du lieu, des gens marchent partout, s’amusent à écrire au sol avec des petits cailloux leurs noms ou leurs amours.
Aucun égard envers cette œuvre de la nature qui devrait mettre l’être humain dans un état d’extase.

Lao Tseu disait :
« La nature fait les choses sans se presser et pourtant tout est accompli. »
C’est dans cet état d’esprit que nous marchons avec respect au milieu de ce trésor de beauté et nous nous éloignons pour rejoindre le village de Gissac. Nous traversons des prairies aux herbes sèches, c’est ici que sont élevées les brebis de Lacaune et leur lait va nous offrir un fromage de légende : le roquefort.
Dans la bourgade encore une fois des marches, une porte

et en rêvant, je me transporte au château de la belle au bois dormant…

Pour remercier notre Terre mère comme diraient les Indiens d’Amérique du Sud rien de mieux qu’un…

Ces rougiers étaient impressionnants, nous ne connaissions pas du tout.
Amicalement
Pascal
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Jolie photo de conclusion !
Merci beaucoup pour cette découverte d’un rougier dont je ne connaissais pas le nom avant de vous lire. C’est sauvage et envoûtant.
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