Ce matin-là, on se leve sans faire de bruit car il fait encore nuit et pour nous pas question de déranger les papillons de nuit.
Petit déjeuner à la bougie sous la voûte étoilée, Laetitia voit même filer une étoile. Voilà une journée qui s’engage d’une manière séduisante.
Nous n’attendons pas que le maître de l’univers se lève pour démarrer et nous élancer sur les routes sinueuses des causses.
Nous longeons les gorges de la Dourbie, heureusement personne sur la route car nous avons le nez en l’air pour admirer les falaises que le soleil illumine.

Puis c’est un village perché sur une épine rocheuse qui nous surprend.
Tout est calme ce dimanche matin, l’air est encore frais quand nous partons pour notre randonnée qui va nous mener sur les corniches du Rajol depuis La Roque Sainte Marguerite.

Le sentier s’élève dans une forêt de pin et je vous avais parlé lors de notre randonnée à Roquefort des buissières.
Depuis longtemps, le buis a coloniser les causses et fait partie du paysage.
Mais qu’ont-ils ? ils sont tous secs.
Serait-ce la sécheresse ou une maladie ?

Pour l’instant, c’est une roche admirable qui attire notre regard.

Nous poursuivons en direction du hameau de Montméjean en passant par une source où un écrit sur une pierre raconte ceci :
» A la fontaine du hameau, les femmes puisaient la précieuse eau, cheminant avec la conque en cuivre brillante sur la tête posée sûrement. »

Ce hameau dominé par le château est en réhabilitation, grâce à une association. Les maisons restaurées sont admirables avec un zeste d’élégance, une pincée de féerie. C’est un cocon harmonieux, le rêve pour un écrivain de se blottir en cette montagne et de laisser l’inspiration agir.


Nous croisons un autochtone, je lui demande ce qui arrive au buis. Il me confirme ce dont je me doutais depuis notre promenade dans les canoles et que nous avions vu ce papillon.
C’est la chenille de la pyrale du buis qui fait mourir tous ces arbustes, par leur verdure persistante et leur fragrance, ils créeaient une personnalité à cette région où le calcaire reste le maître.

Notre sentier repart en direction de la corniche et voici un panorama dans lequel si tu regardes bien cher lecteur, il y a une confusion des époques.

Nous terminons notre montée bien contents, car le soleil darde ses rayons qui ne ménage pas notre transpiration.
Le spectacle de ces roches est incroyable et encore une fois dans notre vie de baroudeur nous ne pouvons rester que bouche bée et laisser exprimer une sensation intérieure qui nous fait vibrer mais nous laisse sans voix.



Mon cerveau ne cesse de voir des pareidolies.
Ce qui nous fascine le plus, c’est cette roche avec deux arches, l’on s’y sent bien et nous y ferons notre pause casse-croûte.

Poursuivant notre sentier, celui-ci nous invite à effectuer un aller-retour jusqu’à un lieu qui se nomme Roquesaltes.
De loin nous devinons des toits, dans notre for intérieur nous pensons encore voir des fermes en ruines.
Et là ce n’est pas une surprise, mais c’est un émerveillement qui nous prend d’assaut. Ce hameau entretenu ou reconstruit nous présente l’architecture locale d’une perfection et d’un charme certain.


Cet ensemble date de 1652, il pourrait nous en raconter des histoires. Nous admirons ces constructions emprunt d’un immense respect.

Avant d’aborder la descente nous contournons ce chaos de roches, les observant depuis la base leur volume m’impressionne. Je ne suis qu’une toute petite fourmie alors je m’éloigne ne voulant point ressembler à une crêpe.

Mais d’où viennent toutes ces couleurs sur la roche ?
Des impuretés colorent la roche au fil du temps. Les argiles piègent les oxydes de fer et donnent des teintes ocre clair, jaune ou rouge. Les oxydes de manganèse eux colorent le calcaire en noir sous forme de coulées.


Les roches ne sont pas tristes et uniformes il faut simplement prendre le temps. Chaque pierre à une histoire…bimillénaire !
L’agropastoralisme des causse façonnent depuis des siècles le paysage. Aujourd’hui il est inscrit en tant que paysage culturel vivant et évolutif au patrimoine mondial de l’humanité. Et les clochettes des troupeaux continuent de résonner sur les plateaux.

Ici suspendue à cette arche justement une clochette pour nous remémorer tout cela. Il nous est dit de lancer une pierre pour la faire sonner ; nous en lançâmes plusieurs qui partirent résonner en tombant au sol.
Les après-midi la chaleur est suffocante qu’une chose à faire farniente ou écrire…Peu importe cela n’arrête pas le papillon butineur.


La nuit arrive, la température ne décline guère, alors nous prenons matelas et couette pour une nuit à la belle étoile !
Ce n’est plus du confort, mais du luxe !

Et tu as eu l’oeil mais nous on ne sait plus trop où l’on est car on change souvent de département. l’Aveyron, le Gard, l’Hérault la Lozère. On réapprend la géographie de l’hexagone.
Amitiés
Pascal
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Bien chouette randonnée sur le Causse Noir, semble-t-il. On aperçoit le viaduc de Millau au fond de la photo, donc vous êtes bien en Aveyron. Merci !
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