Après trois jours de festival au Vigan, il nous tarde de parcourir les routes des causses.
En cette fin d’après-midi, nous nous rendons au chaos de Nîmes le Vieux. Comme nous, vous devez vous demander pour quoi un tel nom ?
Et bien, le gars qui a découvert ce lieu en 1908 ne sait pas trop casser les méninges et son inspiration ne fut pas fulgurante, ébaubie par la beauté de ce qu’il voyait. Certains auraient eu les jambes coupées en apercevant la grandeur de la zone, lui ce fut son imagination qui s’évapora.
Début du XX ème siècle, le pasteur Paul Arnal repère à une altitude de 1100 mètres et sur une étendue d’environ quatre kilomètres des centaines de roches dolomitiques qui se dressent trouées, taillées, sculptées.

On comprend que sa sidération fut immense et son esprit ne faisant qu’un tour, il nomma ce lieu le chaos de Nîmes par analogie au chaos de Montpellier découvert 25 ans plutôt à quelques kilomètres d’ici.
Ce dernier site dont je vous parle est payant et par principe nous refusons d’y aller, peut-être que nous passons à côté d’une merveille, mais nous trouvons qu’il n’y a rien de plus beau que de respecter son éthique.
La nature appartient à chaque habitant de la planète et nous ne pouvons accepter la marchandisation de celle-ci. Elle travaille depuis des millénaires et ces œuvres d’art sont un cadeau qu’elle nous offre. Certains vont me rétorquer que des aménagements sont réalisés. Avant nous besoin d’aménager la nature ?
Maintenant si ce sont des aménagements pour des handicapés ou pour la sécurité cela ne doit-il pas faire partie du service public ?
Mais l’idée du service public n’est-elle pas complètement oubliée ?
Donc nous voici au chaos de Nîmes le vieux, nous effectuons une première balade de quatre kilomètres au départ de l’Hom.

Ce causse nous fait perdre le sens de notre orientation, nous avons l’impression de nous retrouver dans les steppes de Mongolie, bientôt nous allons voir apparaître une yourte et des cavaliers avec sur l’épaule leur aigle chasseur.
Une histoire du monde paysan nous ramène les pieds sur terre, c’est un ancien « ferradou » qui servait à enfermer le bœuf pour lui ferrer le sabot plus facilement. Dommage qu’il ne soit pas mieux entretenu.

Nous rentrons dans un univers bien particulier où sur ce plateau jauni, se dressent des roches aux formes bizarres, usées, rongées par le temps et survolées par les vautours.

Le vent en cette soirée occupe tout l’espace et ces rafales incessantes ne laissent point de place au calme dont nous pourrions rêver en un tel lieu.
Il est difficile de s’imaginer que ces roches se sont formées au fond des mers. Elles ont des millions d’années alors pour les observer, les apprécier, nous écoutons le chant du vent qui tourbillonne en les enlaçant.

Il est évident qu’au milieu de ces monolithes nous voyons apparaître des formes et il faut peu de chose pour que notre inspiration les mettent en mouvement.
Dans ce monde de la force, de l’immensité du grandiose, nous ne pouvons rester indifférent à ces couleurs grises, mauves, orange voir rouge ou presque blanche tacheté de noir. Les lichens doucement au fil des ans recouvrent la pierre et lui donnent une parure égayante.





Le lichen fulgensia fulgens est un lichen indicateur d’un milieu peu perturbé.
La graine d’un nerprun des alpes s’infiltrant dans une anfractuosité est arrivée à donner naissance à cette pousse. Jusqu’où pourra-t-il grandir ?

Le regard de Laetitia dans cette observation est attiré par un reflet brillant. On s’approche, nos yeux sortent de leur orbite pour mieux voir, mais qu’est-ce ?

Si certains ont la réponse, ils peuvent nous la communiquer.
Nous pensons à des œufs d’un insecte et d’ailleurs en voici un à proximité aux formes préhistoriques, serait-ce lui ?

Peu importe, l’essentiel est de s’émerveiller devant cette nature qui nous ébahit, nous éblouit et nous fascine. Nous sommes envahis d’un respect incommensurable.
Nous poursuivons notre aventure dans ce milieu si particulier où les couleurs du ciel accentuent le côté mystérieux du site.

Le hameau de Veygalier est blotti dans ces roches, il respire en harmonie avec elle et tout son environnement. D’ici, nous partons pour un kilomètre de sentier serpentant dans un chapitre de la vie de la terre.

Je vais terminer par une roche qui m’a amusé, regardez la bien si vous connaissez la BD des Dalton moi j’y vois le profil de Ma Dalton.

Je vous laisse encore quelques roches à apprécier.






Au revoir et à demain !