Randonnée entre Tarn et Causse

Ce matin, nous quittons le village de Blajoux niché sur les bords du Tarn.

Nous avons décidé de randonner et de nous élever au-dessus de ces entailles ciselées dans les causses. En prenant de la hauteur le paysage s’ouvre et l’on distingue l’horizon différemment.

En levant la tête et en voyant ces falaises, cela nous donne une idée du coefficient de la pente que nous allons gravir. D’autre part, le coin de ciel bleu qui apparaît nous offre l’espoir d’une journée agréable, car pour l’instant les nuages sont menaçants.



L’itinéraire à décidé de nous faire monter depuis le point le plus bas de la région, car nous redescendons au niveau du Tarn et nous le franchissons.



Puis très rapidement, le pourcentage s’accentue, le sentier devient très caillouteux et vertigineux avec de légers zigzags, il s’insinue entre les falaises.

Quant au ciel, il reprend son bleu azur.



Nous voici au niveau de roches qui se dressent sur le flanc de cette montagne, sur la carte elles sont nommées les moines, Laetitia y voit les trois mousquetaires.



Au pied de ces roches, une courte pause pour admirer le panorama et nous repartons avec vaillance pour la dernière partie de cette montée.



Nous atteignons le plateau du causse Méjean et en deux kilomètres nous venons de nous élever de 400 mètres.

Ces montées sévères nous apportent toujours une sensation d’exaltation et c’est une impression d’immense bien être quand la pente se calme.

Le sentier nous ouvre une voûte sur la simplicité de la nature, de la vie, c’est sûrement ce qu’il y a de plus agréable.



Ces hameaux typiques, entretenus, rénovés avec goût, nous réjouissent et dans cette impétuosité d’énergie nous pourrions tout photographier alors que nos exclamations sur la beauté du lieu ont du mal à se contenir.



La végétation montre sa force et dès que l’entretien est négligé, elle reprend ses droits.


Après avoir profité du sentier sommital, nous abordons la descente qui s’insinue dans une forêt de pins, lorsque dans une clairière c’est un ballet, une chorégraphie que nous offre une grande variété de papillons.



Il se pose rapidement sur une fleur et nous jonglons pour les emprisonner dans l’appareil et vous partagez leur délicatesse et leur splendeur.



Cette fois-ci, nous nous rapprochons du Tarn et apparaît le château du hameau de Castelbouc.



Nous descendons dans les ruelles où à chaque pas, nous sommes envoûtés par la douceur qui émane de la dureté de la pierre. C’est contradictoire et c’est cela qui la rend envoûtante.



C’est sûrement ce sentiment qui permit à des habitants de créer cette sculpture pleine de joie,

ou cette exposition humoristique avec ces arrosoirs en retraite qui ont dû avoir de grosses journées de labeur.



Il m’est impossible de passer indifférent devant ces monuments aux morts et plus particulièrement celui-ci pour trois raisons :

La première : l’idée que ces hommes qui vivaient heureux avec leur famille ne demandaient qu’une chose : travailler la terre qui les nourrissait et les voilà partis pour mourir en des lieux inconnus pour eux.

La deuxième c’est que l’un d’entre eux est mort dans les Vosges tout près du village où j’avais ma ferme. Cela nous donne un émoi.

La troisième c’est qu’il y a quarante ans avec mon copain Michel j’étais venu randonner sur les causses et nous étions passés à Castelbouc.

Les maisons n’étaient pas aussi bien rénovées et l’ensemble était plutôt à l’abandon.

Au milieu de ces habitats, ce monument aux morts était identique et il m’avait marqué. Depuis j’ai toujours un regard sur ces monuments qui s’érigent au centre de nos villages et une pensée pour ces hommes qui sont partis avec la conviction et la joie de servir la patrie pour mourir dans ces boucheries du front de cette guerre de 14/18.

Ne vivons pas comme ci cela ne pouvait plus jamais arriver et ayons systématiquement un regard sur ces édifices afin que ces hommes ne tombent pas dans l’oubli ou l’indifférence.



Voilà, notre randonnée se termine sur ces mots avec un grand merci à cette nature pour l’émerveillement quelle nous offre.

2 commentaires sur « Randonnée entre Tarn et Causse »

  1. Je comprends vos propos Pascal et Laetitia. Je les partage.
    Se perdre dans les campagnes les plus reculées de France, loin du front, terres souvent ingrates où la vie est encore difficile en 2023, et lire sur le monument aux morts, près de l’église ou la mairie du village, la liste des pauvres types qui ont donné leur vie pour défendre la patrie est une expérience toujours émouvante.
    Tant de destins brisés, d’espoirs cassés, de familles déchirées, de veuves et d’orphelins qui ne demandaient rien d’autres que revoir ce fiancé, ce fils, ce mari, ce père.
    Et à peine parle-t-on de ceux qui sont rentrés blessés, défigurés, détruits par les horreurs des batailles ?
    Puissent-ils au moins espérer que leur sacrifice n’a pas été vain… hommage à nos chers aïeux !
    Merci à vous deux de nous rappeler le sacrifice de ces jeunes gens.
    Certains historiens modernes estiment que la France ne s’est toujours pas remise – encore aujourd’hui ! – de cette folie meurtrière et traumatique.
    A méditer pour nos prochaines randonnées.

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