Étape 2 Trek sur le causse de Méjean.

Nous profitons d’un lever de soleil lumineux pour notre réveil.

Mais avons-nous changé de pays durant la nuit?

Ces pyramides de pierre ressemblent aux chörtens de la région himalayenne. 

Cette herbacée vivace de couleur jaune ou or s’appelle stipe pennée.

Non, nous sommes bien sur le causse de Méjean avec ces Stipes pennées qui flottent au gré du vent tel les cheveux d’anges…

Voici le hameau de Villaret, nous adorons ces bâtiments en pierre, rénovés avec goût où ces grandes baies vitrées ne dénotent pas. Elles permettent l’entrée de la lumière à l’inverse des petites ouvertures qui protégeaient du froid.

C’est incroyable, ais-je vraiment rêvé hier ? Voici la yourte de Orda, mais il est déjà parti à la chasse.

Qu’elle est belle la cafourette du four à pain, mais voici mes mirages qui me reprennent Orda sort en riant comme un bossu.

 » J’arrêterai de rêver le jour où la réalité sera à la hauteur de mon imagination »

Citation d’un inconnu

Il m’explique l’importance de sa présence, il épaule l’association TAKH, son but est de reconstituer une population naturelle de chevaux Przewalski. Pour ensuite  réintroduire des individus dans leur aire de répartition historique : la Mongolie.

L’association s’occupe de toute la biodiversité du causse riche en faune et flore.

Orda d’un air désolé termine en nous disant qu’à l’échelle mondiale la disparition des espèces animales et végétales n’a jamais été aussi élevée.

Nous prenons nos jumelles pour observer un troupeau de 26 chevaux de Przewalski, les parcours qui ont été conçus pour eux sont de plusieurs hectares avec des clôtures renforcées.

L’idée étant qu’ils retrouvent leur état sauvage. 

Je me retourne et Orda a disparu comme je l’ai vu arrivé. Serait-ce encore mes illusions qui me jouent des tours ?

Enfin ce qu’il vient de me raconter est confirmé par les panneaux apposés aux murs d’un bâtiment.

Nous effectuons notre ravitaillement en eau. Ici l’eau est rare, le causse étant brûlé par le soleil et asséché par le vent.

L’eau potable n’est arrivée qu’en 1960, c’est un réseau de plus de 200 kilomètres de tuyaux qui achemine l’eau depuis le Mont Aigoual dans les différents hameaux. Avant cette date les gens vivaient avec des citernes et les lavognes ou bien il récupérait l’eau de pluie et de fonte des neiges.

Nous repartons, une bourrasque de vent nous déstabilise et Orda est là sur son cheval nous invitant à la suivre pour découvrir des coins perdus de ce causse de Méjean.

Et comme un poète, il décline :

« Ce causse est comme une île en plein ciel, fouettée par le vent, isolée des autres causses par les canyons de la Jonte et du Tarn. » 

Il nous montre l’un de ses endroits préférés et le temps de prendre une photo, pfff, avec sa magie il a disparu.

Nous poursuivons notre chemin et d’un bon pas après quinze kilomètres nous retrouvons le chaos de Nîmes, je vous en ai déjà parlé.

Le hameau du Veygalier est blotti dans ces roches.

Nous nous arrêterons à la ferme auberge du Veygalier pour nous restaurer devant une sympathique assiette de charcuterie.

Le plus pénible est de repartir alors que le soleil illumine cette steppe, heureusement un léger vent nous rafraîchit.

Nous respectons les paroles d’une chanson scout qui dit : Va d’un bon pas ne faiblit pas ta route est ta meilleur ami mon gars.

A tel point que nous longeons déjà le sommet du causse Méjean  » Mont Gargo, altitude 1247 mètres « .

Le sommet juste au-dessus de Laetitia

Nous nous contentons de l’admirer et longeons sa base.

Avec la chaleur, les kilomètres nous pèsent dans les jambes, nous espérions revoir Orda mais peut-être sommes-nous trop loin de son camp ? Encore que les limites existent-elles pour lui ?

Nous effectuons une pause à l’ombre dans l’admiration de ces roches. 

Si durant la journée nous n’avons pas beaucoup monté, c’est une fois que les jambes sont lourdes que nous grimpons les rampes les plus sévères.

Des abreuvoirs à mouton vont nous permettre de nous rafraîchir un peu.

Une dernière côte et un panorama incroyable se proposent à nos yeux, c’est ici que nous arrêtons notre journée.

À nouveau 33 kilomètres pour 474 de D+.

La randonnée, le bivouac, c’est aussi quand dans la nuit le besoin d’un pipi vous tarabuste, après maintes hésitations, on se lève parfois mécontent, les yeux plein de sommeil et là le ciel avec ses myriades d’étoiles, une lune qui se lève à l’horizon et pour parfaire le tableau une étoile filante glisse dans cette nuit parfaite, c’est le cadeau du marchand de sable.

C’est l’émerveillement et bien souvent le sommeil qui s’envole.

A demain…

Petite précision : hier en marchant dans cette steppe caussenarde, j’ai eu l’idée de l’apparition dans mon texte de Orda. Ce matin quand nous sommes arrivés dans le premier hameau il y avait une yourte utilisée par l’association TAKH avec le drapeau Mongol.

Coïncidence époustouflante !

2 commentaires sur « Étape 2 Trek sur le causse de Méjean. »

  1. Certes le paysage du Causse Méjean est d’une beauté à couper le souffle, mais à coup sûr votre belle et longue balade de 33 km vous a permis de partager vos émotions et émerveillements.
    J’aime beaucoup le contraste violent entre cette végétation fauve et le bleu électrique du ciel.
    Bravo !

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