Étape 4 Trek sur le causse de Méjean.


Cette nuit avec la fraîcheur de la forêt et le contre coup des grosses chaleurs de la journée, nous avons eu froid.
Peu importe, notre réveil en bivouac s’effectue toujours à l’aube et nous tentons le plus souvent de trouver un emplacement faisant face à l’orient.
La luminosité s’intensifie à l’horizon et les stipes pennées se découpent, bercées par une brise légère.


Voilà maintenant plusieurs jours que nous marchons sur le causse et nous traversons des hameaux de trois ou quatre maisons.

La densité de la population sur ces plateaux est très faible, à peine 1,5 habitant par kilomètre carré. Alors quand au sortir d’une forêt nous apparaît un nombre assez important de maisons avec une église au centre, ce qui nous permet d’utiliser le mot village, nous sommes très surpris.


Nous traversons Mas-St-Chely, s’il n’y a pas de commerces nous sommes étonnés de découvrir un hôtel.
Le paysage a complètement changé, très vallonné avec des forêts plus nombreuses.

Nous admirons encore et toujours les carlines ou cardabelles aux feuilles d’acanthe, elles ont jalonné notre itinéraire.

Cette plante est adaptée aux pelouses pâturées et s’est dotée de feuilles piquantes qu’elle cramponne au sol, pour décourager, hier les gros herbivores, aujourd’hui les moutons. Sa fleur était jadis consommée d’où son autre nom artichaut du berger.


Tout cela nous amène dans le hameau de Caussignac, comme il borde une route fréquentée qui va de Meyrueis à Ste Enimie, on y trouve un restaurant qui fait aussi épicerie.
Voilà deux jours que je rêve d’une bière fraîche, aux douces bulles qui viennent frapper le palais. Alors ce n’est pas le fait qu’il soit 10 heures pour que je m’en prive et avec croissant, c’est bombance ! Laetitia plus sérieuse prend une bière sans alcool.

Bières de la brasserie de la Jonte


C’est que nous ne sommes pas encore arrivés, il nous reste environ deux heures de marche sans les arrêts.
Ceux-ci vont être nombreux pour admirer les constructions typiques. Que ce soit pour la traversée d Anilhac, Montignac ou Rouveret.

Ici au-dessus de 1000 mètres d’altitude l’habitat est rare maintenant que nous sommes descendus et naviguons entre 800 et 900 mètres il est plus fréquent de rencontrer quelques maisons ou bâtiments. Dans ce terrain vallonné il est facile d’abriter les constructions des vents violents.


Le causse c’est l’architecture du calcaire, qui nous fascine par un charme, une esthétique qui nous donne la sensation de nid douillet.


Ces toits de lauze pèsent un poids incroyable.

La lauze est une plaque de calcaire de 2 à 5 cm d’épaisseur pour 30 à 40 de long. Le poids au M2 dépasse les 250 kg.


Pas de charpente pour supporter tout cela, il n’y a pas assez de bois sur le causse.

Un four à pain.


La stabilité de l’ensemble de la construction repose sur le calage et la superposition de voûtes. L’assemblage voûtes, murs, toit donne une grande unité de forme et de couleurs aux maisons, hangar, four à pain…


Nous terminons à l’ombre d’une buissière et sommes bien contents car à partir de 11 heures nous avons la sensation que le soleil nous mord la peau.

C’est la raison pour laquelle Laetitia à un polo à manche aujourd’hui


Dans deux kilomètres nous sommes arrivés. Nous nous demandons si nous aurions encore supporté une après-midi à marcher sous la violence ardente des rayons du soleil.

12h30, le tour du causse de Méjean est bouclé.
Pour aujourd’hui 15 kilomètres, 183 mètres d’ascension et 305 de descente.

Le hameau de Rouveret.


Rando magnifique aux paysages variés. Rendu difficile par la chaleur qui allait en augmentant chaque jour.

Nous avons beaucoup transpiré, nous nous sommes rafraîchies comme l’on pouvait au robinet que l’on croisait, parfois dans les abreuvoirs des troupeaux.

Le plus difficile dans ce trek ce n’était pas le terrain mais la chaleur et la gestion de l’eau. Il n’était pas question de se laver, l’eau trop rare était en priorité pour notre organisme. Alors arrivé au fourgon ce fut bien agréable et la douche froide c’était encore mieux, car cela à permis de redescendre la température du corps.


Comme dans la tradition cela termine autour d’un repas amélioré. Nous avons bu des litres d’eau, maintenant nous passons au vin, pas du Tarn ils nous ont déçu alors nous retrouvons nos amours un Guardia Rios du Portugal.


Au total pour cette boucle autour du CAUSSE MÉJEAN nous avons parcouru :

En 3 jours et demi

109 kilomètres

2148 de D+ et 2161 de D-

2 commentaires sur « Étape 4 Trek sur le causse de Méjean. »

  1. Et nous aussi, trinquons à votre santé !
    Car il en faut une bonne pour nous régaler de vos grands périples au fin fond de la Norvège, du Maroc – bien meurtri ces jours-ci -, ou jusqu’aux plus hauts sommets pelés de la Sierra Nevada.
    Sans omettre vos treks, trails et autres défis qui mettent vos organismes à l’épreuve et vous apportent les immenses satisfactions de… l’avoir fait !
    Ce tour du Causse Méjean, tout comme ces découvertes des Gorges du Tarn et de la Jonte comptent parmi vos plus belles pages avec des photos et observations épatantes, parole de fan 😎 !
    Merci !

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