Après cette extraordinaire journée d’hier, nous nous préparons à une journée extraordinaire.
Une voix intérieure me dit :
- tu es fatigué, voilà que tu te répètes et cela devient lassant ?
Je réponds :
- je ne pense pas et s’élever dans l’échelle de l’extraordinaire n’est pas désagréable, nous allons atteindre des sommets du colossal, de l’abracadabrantesque et pour nous il n’y a rien de plus plaisant.
En ce 2 septembre, c’est la journée mondiale de sensibilisation du vautour. La LPO est présente sur ce promontoire du « point Sublime » avec jumelles et longues-vues pour nous présenter ces rapaces qui furent massacrés et maintenant protégés.
Nous observerons bien entendu des vautours fauves, puis un aigle et un gypaète barbu.
Leurs ailes déployées, ils planent lentement, ils utilisent les vents pour monter dans les airs, ils nous font rêver. On comprend pourquoi l’homme fut tenté depuis des millénaires d’imiter les oiseaux.

Alliant l’admiration de ces volatiles à une information passionnante dans ce cadre mirifique, je me demande bien ce que l’on peut souhaiter de plus.
Après quelques heures dans un état de presque béatitude face au spectacle, nous rejoignons la maison des vautours dans la vallée de la Jonte.
Ici, c’est un enseignement pédagogique qui nous attend, en partant des raisons absurdes du massacre de ses rapaces très utiles, tout cela pour un certain nombre de croyances religieuses et de légendes, jusqu’à sa réintroduction.
Il nous est expliqué l’important travail, la détermination et la persévérance de ceux qui ont réintroduit les vautours.
Enfin, nous en apprenons encore sur ces animaux qui nous fascinent. Discrètement, je vous confie ceci : je présume bien que Laetitia en est amoureuse !

Elle pourrait sûrement en parler longuement, mais écoutez la vous raconter leur histoire que je trouve incroyable et qui nous prouve que dans la nature rien n’est laissé au hasard :
- « Les paysans du causse ont l’aurotisation de déposer sur une placette leurs bêtes mortes et c’est à ce moment que ces volatiles entrent en scène. C’est le début de la curée.
- Les premiers à intervenir sont les vautours fauves qui consomment les parties molles, en particulier les viscères.
- Puis c’est le vautour moine qui mange le cartilage, les tendons et la peau.
- Arrive alors le percnoptère avec son bec fin il nettoie les os, toutes les restes inaccessibles pour les autres.
- Enfin le gypaète barbu s’occupe du squelette. Il peut avaler des os de 30 centimètres, s’ils sont trop gros, ils les laissent tomber depuis son vol sur des rochers, une fois fracassé, il termine son repas.
- Et leurs yeux invraisemblables, ils discernent une carcasse à plus de 300 mètres d’altitude et perçoivent des mouvements extrêmement lents ou rapides imperceptibles pour l’homme. Je pourrais encore vous parler de leur kit de plumes ou de leurs systèmes digestif optimisé. «
Après cette visite et un casse-croûte mérité, nous nous baladons et en longeant le Tarn c’est le hameau de la Sablière qui interrompt notre avancée, c’est vrai que cela vaut le coup d’œil, même sous une légère bruine.

L’après-midi, le soleil est de retour et nous nous rendons au château de Caylus et son hameau. Un magnifique point de vue pas répertorié.

Au moyen-âge au gré des alliances, il a changé de propriétaire, vicomte, évêque, seigneur. Sous les ordres de Richelieu, le château subit les assauts des catholiques et il fut détruit.

Aujourd’hui, des amoureux du pays se sont engagés à la reconstruction du hameau.

Alors que Laetitia ne photographie plus, mais dessine, je m’intéresse à l’élégance de dame nature et un peu de sa vie discrète.




Le soir, c’est un époustouflant coucher de soleil que nous observons longuement, avec ses merveilleuses transformations de couleurs.



Le matin à nouveau, les jambes ne tiennent plus en place. Nous en profitons pour parcourir l’un de ces multiples sentiers balisés pour le trail.
Il nous fait traverser le village de Fontaneilles, puis direction le château de Peyrelade. Il est phénoménal, il occupait la sommité de la roche alors que le hameau était blotti à ses pieds. Enfin les serfs à la botte du seigneur.


Le château est fermé, les visites ne se font que l’après-midi, de toute façon nous sommes là pour nous mouvoir à une certaine vitesse.
La piste est large et bien agréable, nos foulées sont plaisantes et nous papotons un peu.
Le balisage est clair, à présent il faut tourner à gauche sur un sentier très étroit qui monte bien et se faufile dans une forêt de pins.
Nous arrêtons de courir pour adopter un pas rapide. Plus nous nous élevons plus la déclivité se raidit, le degré de la pente devient impitoyable. Mes mains peuvent presque toucher le sol qui est devant moi. La respiration est haletante, mais en jetant un œil sur ma montre je me force à garder une vitesse de trois kilomètres/heures. C’est un effort violent que je demande à mon corps et qu’il accepte de réaliser en répondant aux ordres de ma motivation.

Le sentier se calme et se poursuit sur une section plate. Nous dominons le château de Peyrelade.

Même si le sentier se transforme en piste, la montée ne s’arrête pas là. Encore un effort avant d’atteindre le “ Piédestal”.

C’est une tour érigée à la fin du XIXème siècle sur décision de trois prêtres pour abriter une vierge. Une dizaine d’ouvriers travaillèrent pendant deux ans. Les habitants du village participèrent bénévolement pour créer un chemin. Il fallut amener l’eau dans des barriques pour faire le mortier, un travail monumental et le “ Piédestal “ terminé, la statue de la vierge ne vint jamais. Escroquerie, mensonges, détournement nul ne connaît la réponse.
Cette fois-ci, c’est la descente et les jambes sont fort aises de pouvoir allonger la foulée. Un panonceau nous indique une cave troglodyte à trois kilomètres, nous allons effectuer ce détour.
À mi-pente d’une colline, nous parvenons à un regroupement de maisons typiques et magnifiques.

Lors des guerres de religion « le vin et le sang mélangé coulaient dans les calades (rues) ».
Au XIIIème siècle, les vignerons de la vallée, après tant d’insécurité, construisirent leurs villages de caves.

Ici au lieu-dit d’Entre-Deux-Monts, 23 caves semi-troglodytes sont installées en plein courant d’air. Elles sont conçues pour un maximum de fraîcheur toute l’année, ce qui permettait de bonifier le vin tout en le conservant.


Les caves étaient un lieu de retrouvailles, en famille ou entre amis pour des festivités.

Pour conclure ces deux journées, nous serons festifs avec modération en compagnie d’une mirabelle 1987. Merci, François !

Ce fut un plaisir o combien subliminal.
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Cela reste un grand plaisir certe qui demande du temps de partager nos aventures.
Merci !
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Partage bien orchestré du repas des vautours (à chacun son tour), partage de la mirabelle 1987 (avec modération), partage de vos aventures quotidiennes et là… on en redemande 🙂 !
Merci pour vos idées géniales, vos efforts et le temps passé à tout nous rapporter consciencieusement.
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