Avant d’arriver sur les sentiers étroits qui dominent le Tarn, nous traversons le hameau de la Bourgarie et parfois même ce qui n’est pas rénové peut-être mignon.

Nous savons que nous allons allier plusieurs de nos passions :
- Une randonnée physique et technique avec un dénivelé important.
- L’observation de la faune, de la flore.
- Nous émerveiller.
- Repousser nos limites face au vide.
Voilà une journée qui s’annonce belle.
Au premier virage, nous sommes en surplomb de la vallée, c’est juste grandiose.

Les noms de ces lieux sont en osmose avec ce que nous ressentons, nous traversons le cirque « du bout du monde » (que dire de plus) et sa source protégée dans une cafourette adossée à la falaise.

Ah! ces falaises, plus on y passe de temps et plus elles nous … époustouflent ? Nous pétrifient ?

Je ne sais plus comment dire.
Peut-être qu’elles nous envoûtent surtout lorsque l’on sait que leurs anfractuosités, leurs surplombs cachent de majestueux faucons.
Mais à leurs bases, c’est aussi une flore, qui minuscule se fait remarquer par sa joliesse, sa délicatesse, sa fraîcheur, telles ces marguerites de la Saint-Michel.

De suite, nous sommes happés par la puissance de cette roche qui se dresse, colossale, comme un menhir avec en décoration une boule de glace contre laquelle se repose un grain de café.
La nature est bien la plus forte quand on voit où pousse la végétation.

Après une descente bien raide, nous atteignons le « Pas de l’arc ».

Une arche que franchit notre chemin et qui domine le Tarn, celui-ci coule paisiblement trois cents mètres plus bas.

Face à nous, une falaise s’érige imposante et que devine-t-on dans un surplomb ? Une équipe de vautour fauve qui attend que la température s’élève pour tournoyer dans les airs.


En longeant ces falaises qui sillonnent dans une forêt où se mêle le pin, le chêne, le buis, le geai prévient de notre arrivée et le pic noir s’envole dans son cri bien particulier ; quelques mésanges se chamaillent dans un arbre, c’est l’orphéon de la nature.
Nos arrêts vont être fréquents pour diriger nos jumelles en direction de ces promontoires.

Nous poursuivons notre avancée et nous découvrons ce mur avec une voûte qui fût construite à l’entrée d’une grotte, cela servait d’habitat. De quelle époque ? Rien de précisé.


À la sortie, c’est un lézard vert qui me surprend, il me regarde quelques secondes pour partir se cacher.

Au sommet de ces murailles naturelles, l’œil qui s’est adapté à scruter, observer, découvre des petits points qui se dressent et oui encore des vautours fauves.


Nous aimerions bien apercevoir un vautour moine avec son bec puissant bleuâtre à sa base et sa calotte crânienne plus claire qui peut passer pour une tonsure d’où son nom ; mais ils sont bien moins nombreux.
Au loin nous devinons une roche qui se détache c’est Le Cinglegros. Selon les infos que nous avons glanées pour atteindre son promontoire, il y a des échelles, des passages vertigineux avec des mains courantes. Nous avons décidé de jouer avec le vide.

Photographiées depuis le bas, ces falaises, avec leurs plis et replis de couleurs, sont absolument phénoménales. Il n’est pas facile de s’imaginer ces millions d’années avec la mer présente ici, son retrait puis des effondrements, c’est une portion de la vie de notre planète qui se présente à notre regard, nous y portons un immense respect.

Nous voici dans la partie « effort violent », nous devons remonter en peu de temps pour trouver le départ des passages vertigineux du Cinglegros. Le sentier se dresse tout droit et ce sont des racines qui le stabilisent et servent de marche. C’est au moment où la cuisse pousse que l’on ressent comme une brûlure dans les muscles qui n’est pas souffrance, mais bien être.

Nous sommes déçus alors que nous atteignons le départ pour l’observatoire du roc, l’accès est maintenant interdit. Mais cela ne doit pas être simple de maintenir la sécurité de ces échelles et mains courantes dans cette roche.

Le sentier se termine et face à la roche du Cinglegros nous devons aussi grimper une paroi. Ce sont des échelons qui vont nous permettre de nous hisser jusqu’à deux échelles.

Pas facile la sortie de la première échelle pour reprendre la deuxième d’où l’on aperçoit tout en bas la route qui longe le Tarn.


Tout à coup, dans ce monde de roche, une anémone pulsatile, nous apporte finesse et fragilité.

Mais que fais-tu là petite anémone ?
Tu es tombée sur la tête, tu grandis habituellement au printemps. Ta délicatesse nous charme et c’est une communion complète que nous vivons avec mère nature, la roche, les oiseaux, les arbres poussant dans les falaises et toi la fleur qui illumine le tout. Ne serait-ce pas cela l’osmose ?
En relevant la tête que voyons-nous en contrebas perché sur un arbre ? un vautour, Laetitia en première observatrice reconnaît de suite que c’est un vautour moine. Son bec et la couleur de sa tête sont facilement identifiable. Notre vœu est exhaussé nous pouvons en admirer un !

Cette fois-ci nous pouvons partir tranquille.
Nous terminons cette balade avec un dernier regard pour cet imbroglio de roches, roc et falaises.

Ici, c’est aussi le monde des bergers, une statue contemporaine leur rend hommage.

Pour quitter cette région, nous passons des arches naturelles.

En conclusion, merci la Terre, l’Univers pour toutes ces beautés.
Ce pays des gorges, des causses, des plateaux aux steppes faisant voyager l’imaginaire et la rencontre d’Orda et son aigle qui nous dit :
» Suit ton instinct, il connait le chemin ».
C’est un monde à part, à la fois secret, troublant et attachant. Un monde aux horizons lointains, de hameaux et de fermes fondues dans le décor.
Nous avons la sensation que sa découverte ne peut jamais se terminer.
La randonnée est le meilleur moyen de déplacement pour savourer sa splendeur et son mystère.
Salut Thierry,
Les sentiers sont très bien balisés et nous avons en plus une carte IGN. Donc assez facile.
Pour ce dernier sentier il est même spécifié sur un panneau qu’il est vertigineux et que le promeneur ne doit présumer du vertige.
Une très belle région ou malgré la fin de saison les commerçants restent très sympathiques.
Amicalement
Pascal
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Ou comment finir en beauté cette magnifique série de reportages sur les gorges du Tarn et de la Jonte. Cette fois-ci vous jouez avec nos nerfs, et testez notre sens du vertige avec vos photos impressionnantes de falaises !
Et comme il en fallait un peu plus, vous nous en dévoilez les secrets les mieux cachés avec ces vautours approchés et ces arches immenses.
Une question: aviez-vous des sentiers bien balisés ? ou avez-vous découvert ces chemins au jugé ou à la carte, comme dans la Sierra Nevada ?
Merci en tout cas pour ces découvertes et le temps passé à les mettre en ligne.
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