Nous prenons la direction du Sud et alors que nous nous approchons des Pyrénées, nous décidons de ne pas franchir ces montagnes rapidement en nous exclamant derrière les vitres de notre véhicule face à la beauté des paysages.
Après avoir traversé Saint-Gaudens, nous longeons la Garonne et franchissons la frontière pour arriver en Espagne. À la hauteur du village de Bossòst, nous montons le col du Portillon.
Dans chaque virage de ce col, les Espagnols rendent hommage à l’un de leurs champions cyclistes. Au sommet du col à 1320 mètres d’altitude, nous retrouvons la frontière franco-espagnole.
Depuis ce col, nous empruntons sur quatre kilomètres une piste pas trop bonne qui nous mène au milieu d’une sombre forêt de sapins à une altitude de 1600 mètres.
Mais qu’allons-nous faire ?
Tout simplement enfiler nos chaussures de randonnée et partir sur les crêtes à plus de 2000 mètres dans l’espoir de croiser le regard du maître des Pyrénées, le Pic d’Aneto.
Pas le temps de s’échauffer, la montagne exprime son exigence :
« Soyez persévérant si vous voulez savourer mes panoramas ».
La montée est raide, en vingt minutes, nous grimpons de cent cinquante mètres pour parvenir au col de Barèges.

La pente s’adoucit et nous sommes accueillis par un concert de clarines. Merci, les vaches !

La montagne ne nous trompe point et la vue est de suite grandiose.
Par contre, que présagent ces nuages menaçants ?

Seront-ils assez complaisants pour nous permettre de parcourir la crête sans être mouillés ?
Nous verrons bien, pour l’instant nous repartons et la suite du parcours n’est pas plus conciliante que le début. Mais nous savons très bien que l’on n’accède pas à plus de 2000 mètres sans efforts.

Enchantés, nous nous engageons dans la pente avec des petits pas qui rythment notre souffle. Nous apprécions la gente équine qui s’interroge sur notre présence aussi matinale.

Un coin du ciel reste noir, un autre nous donne de l’espoir pour fêter notre passage au 2000 mètres.

Nous parvenons au pic d’Aubas 2071 mètres, à partir d’ici nous suivons la frontière, régulièrement des bornes nous le rappelle.

Pour accéder au pic d’Arrès à 2161 mètres, l’effort est important.
Vous vous doutez bien, que ne se présente pas face à nous une montée allant crescendo pour nous permettre d’atteindre le sommet le plus élevé de notre parcours.

Après chaque pic, il est évident que nous redescendons pour mieux aborder la nouvelle éminence.
Tout cela pour nous offrir une satisfaction personnelle encore et toujours plus grande.
Dans cette avancée, nous sommes accompagnés d’un vent d’est violent et froid. Mais cela nous soulage, car il repousse les vilains nuages et le soleil commence par de timides apparitions pour s’installer petit à petit et nous réchauffer.

Les vautours tournoyant dans les cieux nous scotchent au sol afin de les contempler et les apprécier avec passion.

Dans le rythme du montagnard, où chaque pas est posé placidement cela permet le franchissement du pic de Campsaure 2141 mètres puis celui de Pouylané 2219.
Régulièrement, nous sommes comme pétrifiés par ces panoramas qui nous subjuguent.


Enfin, nous parvenons au point culminant de notre rando le cap Poilaner 2266 mètres. Le cairn du sommet est décoré de manière particulière, l’on dirait que le vautour gypaète barbu a mal fait son boulot.

Le pic d’Aneto ne daigne point se montrer, les nuages refusent de le découvrir.
Nous nous installons face à lui pour notre casse-croûte dans l’espoir que le vent chasse cette ouate. Nous aurons quelques frémissements d’optimisme, mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il consentira à se démasquer.

C’est bien deux langues glaciaires qui se dévoilent petit à petit, bientôt c’est tout le glacier de la Maladeta que nous pouvons observer.
Quatrième plus grand glacier des Pyrénées avec 31,3 hectares, les experts annoncent sa disparition pour la fin de la décennie. Les glaciers des Pyrénées sont gravement malades, ils sont les sentinelles du changement climatique.

Nous pensons sans une certaine émotion que cette montagne nous apparaît pour la dernière fois sous cet aspect.
Nous sommes réconfortés, non pas par la nouvelle de la fonte des glaciers, mais par des charcuteries aveyronnaises.
Pour récupérer notre chemin nous coupons tout schuss, car nous n’avons pas perdu notre latin que nous méconnaissons, mais notre sentier.

Notre retour s’effectue à flanc de montagne, nous restons admiratifs devant ces chevaux qui vivent libres en ces espaces.

Un dernier regard avec une symphonie de clarine et nous retrouvons le col de Barèges, encore dix minutes de descente et après 17 kilomètres et 1084 mètres de D+ pour 1087 de D –, nous voici de retour à notre véhicule.
🥾Lien vers le topo de la randonnée 🥾
Mais notre journée n’est pas tout à fait terminée, car ici on trouve des…

Maintenant, c’est le grand départ migratoire en direction du Portugal. Quelques jours, pour se poser, réfléchir, me concernant sûrement écrire quant à Laetitia, dessiner et attendez-vous à un nouveau voyage.🤫
Les chaussures ont joué un rôle important lors de ces randonnées, bientôt je vais vous en parler !
Le ciel était impressionnant comme les montées, même si il n’y avait que 1000 de D+.
Il nous était difficile de ne pas traverser les Pyrénées sans bouger!.
Bien amicalement
Pascal
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Des grands sportifs comme vous n’auront pas eu la moindre appréhension d’attaquer plus de 1000 m de dénivelé sous un ciel plombé (impressionnantes photos de nuages, à damner tout météorologue 🙂).
En tout cas, ce fut une très belle rando. Peut-être ressentiez-vous le besoin de vous dégourdir les jambes après les gorges du Tarn ?
Amitiés
Thierry
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