Mon dernier texte vous a laissé dans l’expectative.
Parmi vous, il y a des fidèles depuis de longs mois, voire plusieurs années, une sympathie, que dis-je une amitié s’est créée. Comment oublier vos messages ou même les kilomètres parfois effectués pour nous rencontrer. Donc je vous dois bien quelques explications.
Maintenant que je vais mieux, il m’est plus facile d’écrire et de raconter, avant cela, les émotions se bousculaient un peu trop.

Vous devez vous souvenir que nous sommes partis en vélo le 2 octobre pour un tour du Portugal, mais après dix kilomètres nous avons rebroussé chemin.

C’est à l’abord de la troisième côte que les complications arrivèrent, mes jambes m’ont abandonnées, plus rien ne fonctionnait correctement.
Le cœur s’est mis à battre dans tous les sens et je n’avais plus de respiration. J’ai eu le temps de mettre pied à terre, celui-ci à peine avait il touché le sol que je tombais dans les pommes comme l’on dit populairement. Là, c’était plutôt sur le macadam, Laetitia qui était derrière moi a pu apprécier le style ralenti utilisé dans mon inconscient pour ne point me blesser.
Le choc sur le revêtement m’a de suite ramené à la réalité. Une fois sorti de dessous le vélo aidé par Laetitia, je suis parti m’asseoir un peu plus loin à l’ombre afin de retrouver mes esprits.
Il était évident que je ne pouvais pas continuer le voyage dans ces conditions. À ce moment, nous étions comme je le précisais plus haut, à dix kilomètres de notre port d’attache où nous avons des connaissances, alors tout n’allais pas si mal.
Laetitia propose de rentrer seule à vélo pour revenir me chercher avec notre fourgon. Pour moi, il en est hors de question, j’ai encore la capacité de m’en retourner, je ne suis pas mourant.
Je prends mon temps et dans les quelques côtes je pousse le vélo.
Arrivée au campement, Laetitia raconte les événements à notre amie Paula, gérante des lieux, de suite, elle téléphone à la clinique la plus proche, mais le cardiologue ne consulte pas ce jour-là.
Elle nous conseille de nous rendre dans une clinique privée sur Faro, soit à vingt kilomètres.
Cependant, je ne suis pas pressé pour affronter les services hospitaliers qui me font angoisser, je préfère casser une petite croûte avec ma dulcinée. Si j’ai un soupçon sur la manière dont ils vont me manger, moi je ne sais pas ce que je vais manger entre leurs murs.

Le moment est advenu d’aller mesurer mon état de santé.
A 13 h 36 j’arrive aux urgences, l’infirmière qui me prend en charge parle français, cela me retire une appréhension. Elle effectue les premiers examens et s’inquiète de la vitesse des battements de mon cœur. Je sens qu’il pompe fort et cela ne provient pas de la peur de rentrer dans ces établissements qui sont nécessaires, mais qui me donne la sensation d’ouvrir la porte d’un monde carcéral. Heureusement pour moi je ne connais pas assez le monde carcéral et cette comparaison est peut-être malencontreuse. Mais j’exprime ce que je ressens au plus profond de moi.
Elle me conduit ensuite dans un box où je dois me coucher et de suite des infirmiers s’affairent autour de moi pour une multitude d’examens.
Je remarque une certaine fébrilité de la part du personnel qui malgré la barrière de la langue fait des efforts pour, soit émettre quelques mots de français soit tenter de se faire comprendre parfois en utilisant google traduction.
Tiens, pour une fois on ne va pas critiquer les écrans, mais on les saluerait plutôt, comme quoi, pratiquons toujours le sentier du juste milieu.
Enfin, après 4 heures d’examens avec des intervalles de tranquillité, les soignants ont besoin de m’expliquer la suite des évènements et il est plus facile pour eux, de parler en anglais. La solution ? ils vont chercher ma tendre et douce, rien que de la revoir, je me sens déjà mieux.
On nous conduit auprès du cardiologue qui lui aussi fait encore des investigations de ce cœur qui perd la tête sans aucune raison. Car, amoureux, je le suis depuis dix ans ou alors il a vraiment un temps de réaction très long !
Le médecin nous libère et donne son diagnostic : j’ai une arythmie.
Il va falloir que je reste sous surveillance. On me ramène aux urgences et j’ai le droit à une perfusion.

Entre-temps, ils sont quand même tous très étonnés d’entendre qu’avec mes 70 ans je ne prends aucun médicament, je n’ai aucun antécédent. Ils nous poseront la question plusieurs fois.
Le cardiologue vient me voir et demande qu’une aide-soignante qui parle très bien français effectue la traduction, car il veut avoir l’assurance que je comprends bien ses propositions.
Cette conscience professionnelle et la sympathie de tout le personnel sont très rassurantes.
J’ai la confirmation du premier diagnostic et il m’est suggéré deux types de soins pour résoudre le problème :
– Soit une perfusion assez longue avec un taux de réussite de 50 %,
– Soit, une anesthésie suivie d’un choc électrique, c’est-à-dire qu’ils arrêtent le cœur et le relance avec toutes les garanties de résultat positif. Après cette intervention, je reste en observation toute la nuit et demain matin je rentre chez moi.
Il est évident qu’avec Laetitia nous prenons le deuxième choix. Pas de perte de temps, le matériel est amené, l’anesthésiste arrive et je pars dans les bras de morphée. Quand je me réveille environ une demi-heure plus tard, il ne reste plus que l’infirmier.
Moi, je me sens en forme et très calme. On me propose de manger, mais je n’ai pas réellement faim et je préfère jeûner. Laetitia reste encore quelque temps à mes côtés, je n’ai pas très envie de me retrouver seul.
Enfin, la nuit est bien avancée et Laetitia s’en va. L’infirmier me fait savoir que je vais être transféré dans un service de surveillance. Il est 22 h 30 ce n’est pas pour rien si je vous précise cet horaire et vous allez découvrir que ce qui va se passer est épique, le reflet de ce monde où l’argent est roi et ce quelque soit le pays.

Je vois un jeune homme en costume cravate arriver. Celui-là, il n’est pas du monde médical, mais de l’administration (il travaille toute la nuit) et il discute longuement avec l’infirmier. Même si je ne saisis pas la langue, j’observe que l’infirmier ne rentre pas dans son problème et il lui fait comprendre qu’il doit se débrouiller avec le malade, moi en l’occurrence. Voici ce monsieur qui me demande si j’ai une assurance.
Bien sûr, mais en France et c’est là que la difficulté commence. J’entends certain d’entre vous s’exclamer, mais enfin Pascal tu n’as pas une carte de maladie internationale ? Nous ne sommes jamais malades et nous avons complètement oublié de la renouveler.
C’est ici que le pauvre employé rencontre des problèmes. Il écrit sur son portable et me montre que je dois payer 6300 €. Je n’ai rien sur moi, c’est Laetitia qui a tous les papiers.
À ce moment, d’un air très ferme et toujours en se servant de google traduction, il m’explique que je dois m’acquitter de la dette avant minuit.
Je vois bien que l’infirmier qui parle un brin français refuse de l’aider. Pendant une courte absence de l’administratif, il vient me dire « moi je suis infirmier qu’il se débrouille avec leurs histoires d’argent. «
Un peu trop gentil, ou plutôt pris de compassion pour cet employé qui se trouve dans l’embarras (il n’exécute que les règles des financiers du conseil d’administration), je téléphone à Laetitia et elle discute en anglais avec l’agent en question qui reste catégorique, il faut payer avant minuit.
Donc Laetitia revient pour solutionner ce problème. Mais ce n’est pas si simple avec les plafonds sécurisés des cartes bleues, il est impossible de débloquer plus de 3000 €. Laetitia a beau leur démontrer que nous avons de l’argent sur les comptes et que dès que la banque ouvre le virement sera effectué, rien n’y fait.
Donc je n’irais pas dans le service spécialisé de surveillance et je resterais aux urgences qui seront très calmes cette nuit-là.
J’apprendrais plus tard que dans le cas où mon cœur faisait une réaction au choc je pouvais faire un arrêt cardiaque dans ce service j’étais de suite pris en charge ce qui n’est pas possible aux urgences.
Moi j’étais tranquille, un infirmier bien sympa venait me voir régulièrement.
J’en conclus sommairement que pour les financiers ma vie ne vaut pas 3000 €.
Enfin, tout se passe bien pour moi et pour mon grand plaisir, Laetitia qui est restée dormir avec le fourgon sur Faro me rejoint le matin assez tôt, dès que nous fûmes allégés de la somme manquante.
J’ai eu droit à un petit déjeuner agréable, petit pain chaud, fromage, beurre, confiture et café.
L’infirmier du matin, un monsieur avec un certain humour, parle un petit peu français. Décidément, ces Portugais sont formidables. Il arrive même à s’excuser, car son français n’est pas correct. Je n’en reviens pas et je lui exprime que c’est plutôt à moi de m’excuser de ne pas comprendre plus de cinq mots de portugais.
Enfin, j’attends impatiemment la visite du cardiologue pour bénéficier du bon de sortie quand tout à coup un besoin urgent me taraude. Je demande à l’infirmier de pouvoir me rendre aux toilettes, il me répond que vu mon état général je n’ai pas le droit de me lever et il va chercher une chaise à trou.
Si j’étais serein jusqu’à maintenant, l’inquiétude me gagne, car je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas sortir d’une salle, traverser un couloir et ouvrir la porte des toilettes qui est juste en face. J’ai pu l’effectuer hier en fin de soirée: qu’a-t-il bien pu se passer ?

Ayant déposé mon bilan et me sentant soulagé du côté du bas ventre, c’est mon estomac qui se comble de préoccupation et mon cœur qui a besoin de calme se retrouve affecté par le stress.
L’infirmier vient m’annoncer que vu mon état je vais demeurer encore la journée et la nuit à l’hôpital et peut-être que je pourrai sortir demain. Rien que le mot peut-être me fait bondir.
Cette fois-ci, la moutarde me monte au nez, je rengorge ma colère et il est hors de question que je reste, je signerais une décharge.
Laetitia revient, elle s’était absentée quelque temps pour se sustenter, je lui raconte ce qui sait passer et je lui dis ma décision.
J’ai confirmation à ce moment que l’harmonie existe entre nous, elle soutient de suite mon verdict.
J’ai encore droit à quelques examens effectués par de charmantes et sympathiques infirmières et voici le cardiologue qui arrive.
Il me demande comment je me sens, ma réponse est sans équivoque, très bien ! Et je sous-entends que j’irais mieux quand je serais dehors.
Il m’explique qu’il espérait que mon cœur reprenne un peu plus de puissance et qu’il souhaiterait que je reste jusqu’à demain, mais si je veux sortir il est OK avec ma décision.
J’imagine, chers amies ou amis blogueur et peut-être blagueur que je n’ai pas besoin de vous en raconter plus, 12 h 55 j’étais en dehors de l’hôpital, car je sais que j’ai plus de chance de guérir dans la douceur de notre caravane auprès de Laetitia et des quelques amis que nous avons à l’Ecopark.
En plus, j’ai ma petite idée derrière la tête, mais cela c’est pour demain, en voici assez pour aujourd’hui je suis en convalescence.
Enfin, je crois qu’accomplir une danse des doigts sur un clavier n’accélère pas les battements du cœur alors voici une semaine que je vous fais languir pourquoi pas encore une journée…
À demain !
Salut Thierry,
Grand merci pour ton message de soutien, cela fait toujours très plaisir et redonne du moral.
Alors je crois que j’avais eu quelques alertes que je ne voulais pas voir.
Je pense que tu dois te souvenir de la montée de Mt Aigoual à vélo.
C’est vrai que ce qui m’interpelle c’est que le cœur est un muscle que j’entretiens et tu verras dans mon écrit de demain.
Mais je suis convaincu que le psychologique à un rôle important.
Bon de toute façon je respecte ma convalescence, une petite marche de 5 km tranquille chaque jour. Et je pense que bientôt tout cela sera un souvenirs dont nous rigolerons.
Bien amicalement
Pascal
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Pas de problème à deux on est super fort💪🫶
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Merci pour ton message, dommage que l’entête soit quelqu’un, donc je ‘e sais pas qui tu es🤔
Oui c’est vrai que l’hôpital ce n’est pas ce qu’il y a de plus sympa.
Mais je pense qu’aux urgences je suis le seul qui était en aussi bonne forme et qui est sorti le lendemain de son admission.
Alors je ne vais pas me plaindre.
C’est vraiment ce que tu dis profiter de tous les petits moments de bonheur.
Merci, bien amicalement
Pascal
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Quelle histoire, je n’en reviens pas !
Même pas de signes avant-coureurs avant la perte de connaissance sur le vélo ?
C’est flippant tout de même, car tu mènes une vie saine, presque toujours à l’extérieur, fuyant les miasmes et les idées noires, te voilà alité pour une sévère arythmie du cœur.
Vous avez galéré avec l’administration, mais il semble que le corps médical ait compris que le vosgien que tu es n’est pas encore prêt à mettre pied à terre.
Et c’est tant mieux ! Bon courage à tous les deux, mais reposez-vous tout de même.
Amitiés, Thierry
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Bon courage à vous deux.
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Wouah tu en n’ a vécu des choses par très agréables🤨. Prends bien soin de toi et profite de la vie et des petits moments de bonheur à 2…grande abraço e beijinhos
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