La tempête Bernard est passée sur la région de l’Algarve le week-end du 21/22 octobre.
Des pluies abondantes, voire diluviennes se sont abattues sur le secteur ainsi que des vents pouvant aller jusqu’à 100 km/h.
Si je vous parle de cela ce n’est pas pour vous informer négativement des dégâts, mais au contraire venez avec moi regarder que dis-je admirer la réaction positive de la nature.
Cela faisait des mois que terre mère n’avait reçu pour supporter la brûlure des rayons du soleil (près de 50° cet été), qu’un léger crachin breton ; ou alors elle devait se contenter d’un peu d’humidité à l’aube.
On observait la souffrance de nombreuses plantes, certaines s’étaient mises en situation de dormance pour ne pas mourir. L’herbe avait perdu son jaune d’or, elle était grise, mais surtout elle avait disparu et laissait apparaître le craquellement de la terre.
Le lendemain de cette tempête, nous sommes partis pour une balade de plus de 10 kilomètres afin de nous détendre les jambes.
Et la nature déjà se réveillait, réagissait pour remercier ces averses un peu violentes mais bienfaitrices.
Et c’est bien de cela que je veux vous faire profiter, car tout au long de notre promenade nous nous sommes émerveillés.
Pas obligatoirement devant les bougainvilliers dont la fraîcheur avait souffert du vent et de la pluie, nombreuses de leurs fleurs jonchant le sol.



Par contre, nous sommes éblouis devant un lys de sang ou encore lys pinceau du nom latin de haemanthus coccineus. Originaire d’Afrique australe.

Juste à côté d’un bouquet de beauté sublime, des amaryllis belladonna, elles fleurissent en fin d’été, sont méconnues et elles aussi sont sud-africaines.


Nous quittons la bourgade d’Alportel et au niveau des dernières maisons dans une rue à la montée abrupte, c’est une belle de nuit qui retient notre attention. Encore une fleur aux origines lointaines, elle vient de l’autre côté de l’océan, sa terre est l’Amérique du Sud. Elle fut introduite en Europe au XVI ème siècle. Ses couleurs peuvent varier du rose au rouge, mais aussi du mauve ou jaune, celle que nous verrons est blanche.

Après la montée, nous redescendons, nous voulons regarder si les rivières ont retrouvé le clapotis de l’eau qui court ou saute entre les cailloux. Jusqu’à présent, elles faisaient peine à observer, car leurs lits ne présentaient qu’un serpent de galets bien sec. Même pas une once d’humidité ou même un peu de terre légèrement vaseuse.
Avant d’y arriver, nous longeons des vergers et nous profitons des fleurs de citronnier qui apparaissent avec parcimonie.

Enfin nous voici à la rivière et quelle joie pour cette nature à qui nous devons tout, de constater que l’eau est revenue redonnant bonne humeur aux oiseaux, libellules et bien d’autres insectes.

Mais que voit-on sur la rive opposée ? Chut ! Pas de bruit ! Nous avançons aussi légèrement que le chevreuil et oui nos yeux ne nous ont point trompés : une tortue !

On se demande bien où elles sont durant ces terribles sécheresses estivales.
Nous sommes enchantés et pas encore au bout de nos surprises, mais quelles sont donc ces petites fleurs qui illuminent le sol ?


Des mérendéra à feuilles filiformes qui sont de la famille des colchiques.

Un peu plus loin, une pousse de champignons et les sangliers dits javali en portugais sont passés avant nous et en ont déterré quelques-uns.


Après neuf kilomètres de promenade et d’émerveillement alors que nous sommes presque arrivés et que notre attention lève la garde, nous sommes stoppés par des gastéropodes qui déambulent sur un mur blanc.


À l’angle de cette demeure, un énorme massif de trompettes d’or nous éblouit, originaire d’Amérique du Sud, ces fleurs sont implantées en Europe au XIX ème siècle, largement cultivé pour l’ornement. Il est vrai que leur jaune égaye la rue, surtout qu’elles se mettent en harmonie avec un bougainvillier tout proche aux rouges éclatant.


Enfin content de notre sortie c’est avec une jubilation que nous arrivons à notre camp de base. Quand sous l’auvent de notre caravane nous découvrons un arthropode prédateur ou tout simplement une araignée, surnommée babouk sur l’île de la Réunion (Laetitia a comme ça quelques expressions de sa terre d’origine paternelle).

Elle veut forcer notre porte, pour trouver un coin un peu moins humide. Il parait que les demeures où se nichent des araignées sont des maisons du bonheur, cela ne convainc pas Laetitia de la laisser entrer. Elle va continuer à faire sa vie sous les tapis de notre avencado (comme on dit au Portugal), de cette manière nous nous assurons une part de bonheur.
Il n’y a qu’une chose à déclarer : merci dame nature ! Pendant cette sortie nous sommes passés d’étonnement en fascination, d’admiration en enchantement, comme quoi il n’y a pas toujours nécessité d’aller bien loin pour s’émerveiller.
Certes, dans nos régions plus nordiques à l’automne, les arbres s’ornent de couleurs vives et magnifiques. Mais nous apprécions ici au Portugal une arrivée du printemps, bientôt tout va fleurir, les papillons vont faire leur retour et les oiseaux nous nourrirons de merveilleux concerts.

Le coucher de soleil c’est ce que nous avons droit tous les soirs depuis notre caravane.
Si seulement nous pouvions sensibiliser quelques personnes. Avec tous les autres qui font comme nous, nous finirons par être nombreux. L’espoir est là !
Merci, bien amicalement
Pascal
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Magnifiques photos, surtout celle de votre soleil au couchant !
Changement climatique oblige, on voit bien un peu partout que dame Nature patiente et s’adapte plus ou moins aux tortures que notre CO² lui inflige.
Qu’elle râle un peu de temps en temps – par un ou deux coups de vent – doit nous rappeler à la respecter plus et mieux.
Vous en êtes les meilleurs ambassadeurs avec vos reportages émouvants et sensibles.
Merci !
Thierry
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