J’ai effectué avec mon épouse un certain nombre de voyages en fourgon,🚐 à vélo🚲 et à pied🚶. Ce n’est sûrement pas terminé car la vie reste une éternelle aventure ; mais je me pose une question :
Qu’est-ce que le voyage ?


Le dictionnaire nous dit :
« Fait de partir loin du lieu où l’on vit. »
Mais alors quand on vit en bohême et que l’on a plus de points d’attache comme nous, comment cela se concrétise ?
Nous sommes chez nous là où nous nous trouvons, alors sommes-nous encore des voyageurs ?
Nicolas Bouvier, écrivain, photographe et voyageur Suisse disait :
“ Le voyage n’est pas une affaire de kilomètres, mais une affaire d’état d’esprit.”
Et là, m’est venu une réflexion, de tous ces voyages le plus gratifiant, le plus dur et le plus beau ne serait-ce pas le voyage de la vie ?
Nicolas Bouvier disait aussi :
“ L’étranger commence sous notre balcon“
Ne serait-ce pas le cas dans notre voyage de vie ?
Mais avant de creuser plus loin, je veux revenir au voyage tel qu’on le conçoit.
Dans notre société un grand nombre de personnes veulent voyager et c’est normal car un adage nous dit :
“ Les voyages forment la jeunesse. “👶
Nombreux en déduisent à juste titre, si l’on veut rester jeune : voyageons. !🧑🦰
Ce dont je suis sûr, le voyage ouvre l’esprit, sauf pour celui qui cherche à tirer vanité d’un C.V. du voyage où il accroche une multitude de destinations ou de lieux qui font rêver.🏜️🌋
En observant le comportement humain, je constate que la valeur du voyage va dépendre de sa longueur, de son éloignement ou de sa difficulté.
Je pourrais résumer : le voyage est gratifiant et gratifié surtout si l’on part à l’autre bout du monde ou si l’on réalise quelque chose qui sort du commun.
Ce type de voyage extraordinaire m’intéresse aussi mais je me suis posé une question:
“ Est-ce que notre vie est devenue morne au point d’être obligé de se mettre des défis qui font briller des étoiles dans les yeux des autres ?”🤩
Est-ce que le voyage n’est pas devenu une affaire commerciale ?
Et si je veux vendre par la suite mon voyage sous forme de livre ou de film il faut que je m’engage dans quelque chose de loufoque.😈
Ces questions m’ont surtout envahi en présentant mes deux livres, l’un racontant notre voyage à vélo aux deux extrêmes de l’Europe soit 16 mois et 21000 kilomètres et l’autre narrant un trek effectué en Sierra Nevada Andalouse.


Pour nous l’effort fut bien plus important dans les montagnes culminant à plus de 3000 mètres, mais les gens restent époustouflés devant les chiffres du premier en nous disant : il vous en a fallu du courage.
Cela me rappelle un test organisé par un ami lors d’un séminaire où nous étions plus de 500.
Cet ami a une grande notoriété parmi les participants du congrès.
Il constate qu’une personne propose une conférence, elle est peu connue mais le thème est intéressant.
Il décide de faire une expérience et installe un panneau lapidaire
“ Ce soir Claude effectue une conférence salle… “ il n’indique aucun thème.
Le soir à 20 heures la salle de Claude est complète et la salle du jeune conférencier presque vide.
A ce moment Claude explique qu’il n’a rien à dire et qu’il à voulu faire un test, montrer le comportement humain. Il suffit d’avoir une notoriété pour que les gens remplissent la salle.
Alors que dans la salle voisine une personne inconnue qui a des choses intéressantes à développer, est boudée.😪
Sa conférence se termine sur ces mots : que cela vous fasse réfléchir et je vous invite à rejoindre la salle du jeune conférencier !
Ne préférons-nous pas admirer le voyageur de l’autre bout du monde comme le conférencier réputé plutôt que d’admirer notre voyage de vie ?
Notre vie est certainement le plus beau des voyages et sûrement le plus compliqué !
Est-ce que nous n’essayons pas de fuir la difficulté de notre propre voyage sur le chemin de notre existence, en tombant en admiration devant ceux qui font des voyages qui nous semblent invraisemblables?
Cela nous laisse rêveur et sûrement nous éloigne des problèmes de notre voyage de vie qui nous demande d’avoir du courage et de la persévérance afin de sortir avec héroïsme de nos zones de confort.
Mon livre “ Lever de soleil sur la vie “ raconte comment j’ai transformé des embûches en un parcours qui redonne espoir.
D’ailleurs, j’ai parcouru à vélo la route des grandes Alpes avec les cols les plus hauts entre autres le Galibier, l’Izoard, suivi de la route des grands cols pyrénéens et je peux dire que c’est plus tranquille que de vivre un divorce.
Il est, pour moi, plus facile de monter au cap Nord à vélo que de vivre le décès d’un être aimé.
Tout comme gravir des sommets à plus de 3000 mètres avec un lourd sac à dos est plus facile que de décider de changer de métier ou de s’éloigner de sa famille.

Il est également plus simple de se lancer un défi physique que d’affronter certaines difficultés de la vie, le licenciement, la maladie, le mépris etc.

Alors pourquoi tant de passion pour les grands voyages alors que nous sommes tous des voyageurs de l’extrême dans notre propre vie ?
Dans ce voyage bien souvent il n’y a personne pour nous guider ni de panneau indicateur nous conseillant une direction.⬇️⬅️↖️↗️
Le grand voyageur revient avec une notoriété, une fierté, une reconnaissance.
Mais les parents qui élèvent leurs enfants, celui qui passe sa vie dans un travail harassant, celui qui traverse les écueils en gardant le sourire et reste serviable, tous terminent leur voyage de vie sans aucune reconnaissance.
Combien ont le dos voûté de fatigue, la tête baissée et le cœur emprunt de tristesse ?❤️🩹
Bien souvent ce voyageur s’ignore et ne prend pas conscience qu’il effectue le plus extraordinaire des voyages, le voyage de la vie.
Jours après jours, année après année, il en passe des lignes d’arrivée, malgré tous les pièges.
Pourquoi ce voyageur croit-il que ce que font les autres est plus beau, plus grand ?
Pourquoi l’être humain ne prend-il pas conscience qu’il parcourt un sentier de montagne incroyable avec des dénivelés de fou, des sommets aux paysages grandioses, qu’il conquiert des passages vertigineux et escarpés.🧗
Il arrive à vaincre des expériences plus incroyables que des épisodes de froid glacial, d’orage violent, de vent ébouriffant pour terminer parfois seul mais victorieux de lui-même.✌️
Pas d’applaudissements, pas de drapeau à planter au sommet et pourtant la victoire est pour celui qui sait observer.
Tout au long de ma vie qui comporte déjà 70 années combien de fois ai-je entendu: avec ce qu’elle ou il a vécu, comment fait-il pour garder le sourire et avoir tant de gratitude ?
Serait-ce la victoire de l’effort sur les événements de la vie, la victoire sur soi-même qui donne la force de toujours poursuivre et garder espoir ?
Ne serait-ce pas le plus beau de tous les voyages ?
Dans ce voyage, l’Homme atteint une vallée paradisiaque : celle de la satisfaction personnelle d’avoir transformé les embuches en pont.🌁
A ce moment, il prend conscience que son chemin est bordé de fleurs opulentes,💐 de papillons chatoyants🦋, d’oiseaux au chant mélodieux,🦚🦜 d’arbres majestueux 🌳🌲qui partagent leur puissance de vie.



Avec le sourire il a la sensation d’avoir appris, de n’être plus le même, le voyage se poursuit en joie opulente, en lever de soleil et nous transforme en sédentaire heureux.

Il n’est plus besoin de courir le monde, de transcender l’insécurité ou le froid car l’on reconnaît ses capacités, le voyageur est nourri d’une pleine satisfaction qui épanoui et lui délivre un bien être débordant.
Ce voyageur de la vie gagne le rayonnement d’une joie de vivre et devient un exemple pour d’autres.