Les sept vallées suspendues

Je vous emmène sur le sentier des sept vallées suspendues ou « Itinerario dos sete vales suspensos “ sur la côte de l’Algarve. Un peu de Portugais pour vous mettre dans l’ambiance. 

Ici, il y a du soleil plus de 300 jours par an, nous y sommes allés le mauvais jour, mais cela donne des perspectives différentes et des couleurs particulières comme celle de l’océan à l’horizon.

Encore un lieu époustouflant où la nature nous démontre sa beauté au travers de sa force.

Mais l’humain méprisant, bête ou ignare le transforme en toilette* de plein air ou en décharge, car le nombre de canettes en alu jonchant le sol est incalculable. Bien installées, elles auraient été tout aussi efficaces que le balisage du sentier. Moi cela me révolte, me désole et me donne envie de vivre seul au fond des bois avec le sanglier, le cerf ou le lapin.

Quand je suis face à ces arches, mes yeux brillent comme ceux de l’enfant sous le sapin de Noël, je me demande comment mes concitoyens peuvent se comporter ainsi.

Ou alors il y a un problème que personne n’ose soulever, peut-être sommes-nous trop nombreux sur la planète. Chacun a bien le droit de voyager, de découvrir des endroits magnifiques et la terre n’arrive plus à tout absorber. Et si je pense à tous les habitants du continent africain, asiatique et sud-américain qui n’ont pas les moyens de voyager ; j’ai un frisson et une idée que je n’apprécie point qui me parvient « heureusement ».

Pour l’instant, je vous emmène sur ce sentier de 12 kilomètres qui suit la côte sculptée avec des arches, des gouffres, des formations rocheuses et des plages de sable dorées paradisiaques.

Le randonneur doit être capable de se laisser bercer par la vie de l’océan qui avec son ressac offre un concert complété par les mouettes, les goélands et les cormorans. 

S’imprégner de la magie de l’érosion !

Impossible de ne pas évoquer la grotte de Bénagil qui n’est accessible que par la mer. Un ballet important de bateaux conduit les touristes sur la plage qui est dominée par un trou béant. Ce ballet est une aberration environnementale surtout par les temps qui courent, mais une économie essentielle pour le Portugal. Certes, je ne l’ai vu que depuis la partie terrestre, mais c’est étonnant. 

Je crois que petit à petit l’on va être obligé d’interdire de nombreux sites extraordinaires si nous voulons continuer à vivre sur cette planète, cela a déjà commencé.

Au Kazakhstan, le secteur du lac Kolsey, c’est un parc national de 160 000 hectares dont seulement 13 % restent accessibles au public, cela a permis le retour de la panthère des neiges.

 Égoïstement, je pourrai dire que je m’en moque, j’ai 70 ans, mais si je réfléchis j’ai été satisfait de l’héritage de la nature de mes ancêtres. Et nous, que laissons-nous ? C’est la question que je me pose chaque fois que je vois ma petite fille de deux ans. Que laissons-nous comme monde ? Et nous sommes tous responsables ? Interrogeons-nous sur nos actions ?

Après ce coup de gueule, que sont les vallées suspendues ?

Les vallées suspendues sont des lieux ou pendant l’hiver des chemins d’eau se forment sur des structures qui ressemblent à des vallées. Ceux-ci sont situés au-dessus du niveau de la mer, d’où leur nom : suspendues.

L’eau provient des fortes pluies de l’hiver qui provoquent des petits cours d’eau. Dans le passé lointain, car ici c’est un travail de millions d’années, ces vallées étaient associées à l’embouchure d’une rivière.

Après la randonnée, nous avons poussé notre visite jusqu’à Carvoeiro pour nous promener dans le gouffre sec.

Des galeries où la mer devait arriver violemment avec des bruits abominables affolant les premières civilisations et leur faisant croire à la vie de monstre invisible.

Aujourd’hui, c’est plus calme et l’homme y a mis sa main pour nous faciliter la découverte. C’est fabuleux, mais je n’ai qu’un cri et à ce moment je repense à Jean Ferrat et sa voix langoureuse dans sa chanson « Je ne suis qu’un cri » que dit-il : 

« Pardonnez si je vous dérange, je voudrais être un autre bruit

Être le cri de la mésange, n’être qu’un simple gazouillis,

Tomber comme le flocon de neige, être le doux bruit de la pluie

Moi je suis un cri qu’on abrège, je suis la détresse infinie

Je ne suis qu’un cri.

*Ma chère épouse, Laetitia, est comme tout le monde parfois un besoin de pipi la tenaille. Son papier pour essuyer les gouttes de pipi, elle le replace dans un sachet qui se glisse discrètement dans le sac à dos et aucun signe de notre passage. C’est simple !

2 commentaires sur « Les sept vallées suspendues »

  1. Et oui je crois qu’il n’y aura pas d’autres solutions. Alors ça va ruer dans les brancards attentes à la liberté !
    Comme quoi tout de suite trouver le bonheur et la beauté autour de soi est sûrement la solution.
    Amitié
    Pascal

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  2. Spectaculaires photos, comme d’habitude et beaucoup de questions capitales et déchirantes entre amoureux de la Nature et comportements inacceptables de certains imbéciles.
    Tu poses bien les termes du problème du surtourisme Pascal, car s’en est un.
    Comment concilier activité économique locale et protection des sites fragiles ?
    En limitant les accès ? en les rendant inaccessibles au commun des visiteurs ?
    Pas si simple, mais on va droit au contingentement et au péage dans plein d’espaces naturels.
    Merci pour ces considérations !
    Thierry

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