Après quelques journées de grisaille et de pluie, ce matin le ciel est clair et dès son apparition, le soleil nous caresse de sa douce chaleur.
Simultanément, une idée nous parvient… alors que le clocher de Alportel sonne, après une nuit de repos, les 7 coups de l’heure afin de réveiller les citoyens, chez nous le parfum du café envahit la maison.
Et le café vanille, vous connaissez ?

C’est ma belle des îles qui en a ramené de son voyage de l’autre côté du monde.
Au café que nous avons choisi, exprès pas trop intense, nous rajoutons une cuillère de café vanille et ça y est dans la tête nous revient la chanson. (Voir mon écrit hymne à l’amour)
Alors à ce moment où nous nous délectons pour que notre journée soit belle et lumineuse… une idée nous atteint dans la synchronicité.
Et si nous effectuions une randonnée de plusieurs heures dans la serra de Caldeirao.
Pour cela inutile d’utiliser un véhicule à moteur, nous souhaitons le même parcours, il nous suffit de partir de notre camp familial « l’Ecopark « .
Nous attendons le boulanger, quelques coups de klaxons, le voici, bom dia, pao de chorizo por favor, et ainsi de suite, Laetitia garnie le sac à dos.
Cette fois-ci, nous sommes prêts, chaussures de rando, bâtons et c’est parti.
Un coucou à Patricia croisée dans une allée du parc et nous traversons les rues du village pour nous retrouver au milieu de chênes-liège majestueux.

Chaque fois que nous passons en ce lieu, une magie s’effectue en nous. Est-ce dû à leur âge centenaire ? A la force que l’arbre daigne nous partager ?
D’ailleurs à les écouter, il nous souhaite une belle route.
Un bom dia a un monsieur âgé qui sort de son jardin, il sera le seul bonjour de la journée que nous émettrons, car nous ne rencontrerons plus personnes.
Mais qu’est-ce là par terre ?

Des broderies naturelles effectuées par dame araignée et auxquelles l’humidité du matin donne des aspects particuliers qui enjolivent l’humus.

Nous passons une rivière et après une montée, c’est le ciste qui nous entoure. Il va falloir attendre quelques mois pour sentir le parfum puissant de ces fleurs. Pour l’instant, restent sur quelques branches des parties de fleurs séchées qui font penser aux étoiles d’anis mis dans le vin chaud.

Mais enfin ma chère vous êtes sérieuse, vous n’en avez pas emmené ? D’un air embarrassé Laetitia dû avouer que dans la thermos, que nenni pas de tisane ni de café, mais ce vin ouvrant la valse des festivités de la nativité.
Nous avançons entre des haies de medronho.
Quand Pascal remarque une pierre blanche dont la forme et l’aspect l’appel pour lui expliquer la longue vie qu’elle a déjà sur terre.

Un peu plus loin, en voici une autre aux stries bien particulières.
« Non, madame au sourire moqueur, je ne suis pas un simple caillou. Je suis tellement vieux que même moi je ne me souviens plus de toute mon histoire, vous pensez des millions d’années, qui se remémoreraient de tout ?

Je fut surement extrait par la force d’un volcan, puis recouvert par des océans, projeté sur des sommets enneigés et modelés par le glacier, je suis érodé par l’eau du torrent et avec le temps je me retrouve compressé pour devenir un rocher imposant. Un tremblement de terre fait éclater le monumental roc et le temps, la pluie et le vent ont fait de moi ce cailloux qui borde ton paisible chemin pèlerin. Merci de me remarquer, de me trouver beau, car nombreux m’ignorent ou alors me donne un coup de pied, mais le pire c’est celui qui avec mépris me jette au loin. Voilà une vie qui n’est pas prête d’être finie à la différence de toi simple mortel qui se sent vainqueur et oublie que bientôt mes amis recouvriront ton corps raidi. »
Que dire d’une telle leçon ?
Nous repartons et entre caroubier, eucalyptus et medronho nous ne disons mot. C’est la messe avec la nature que Laetitia va nommer la « tranquilitude « .
Une union entre tranquillité et solitude, c’est ce que nous vivons et les paroles émises ne peuvent que se faire dans un murmure afin de ne point déranger les êtres mythiques, lutins, gnomes…
Les medronhos sont en fleurs alors que quelques fruits persistent à rester accrochés aux branches.

Nombreux merles se sauvent à notre arrivée lançant un chant particulier, soit ils ont peur soit souhaitent alerter toute la faune que des intrus pénètrent dans leur domaine.
Cette fois-ci, le chemin monte et l’on enlève une couche de vêtements ce qui nous permet d’admirer ce paysage simple et bucolique.

À chaque pas, la nature qui, avec les dernières pluies, se réveille et reprend vie nous stoppe pour nous émerveiller.
Les jeunes feuilles très vertes et brillantes du caroubier nous requinquent pour aborder une raide montée.

Elle sera entrecoupée d’arrêts non pas pour reprendre notre souffle, mais pour s’extasier devant les reflets du soleil sur ces fruits du laurier-tin.

Puis ce sont des inules fétides sèches qui implorent notre admiration, décidément arriverons-nous au mirador ?


Je crois que cela ne va pas être possible, car c’est un medronho aux fleurs roses qui nous aimante pour observer les minuscules gouttes d’eau de la rosée sur ces fleurs ensoleillées.


Enfin, nous y sommes le mirador do alto da Ameixeira.

Une courte halte et encore deux kilomètres avant le casse-croûte.

Nous y voici le point culminant de notre voyage 525 mètres, le moinhos da Menta, reste quelques murs du moulin surveillé par une tour de garde dont l’objectif de son résident en été est de guetter la moindre fumée.

Pour notre repas, mais où s’installer ? Face à la trouée entre deux vallons qui nous offre une vue sur la ria Formosa ? Ou peut-être ce chêne-liège couché qui nous propose un siège regardant les montagnes du Bispo et plus loin le village de Quenrença ?
C’est ce dernier qui fera l’affaire.

Le casse-croûte est prêt à être dégusté, petit pain au chorizo et queijo ou encore au jambon et pour le dessert cela sera des petits pains à la crème d’œufs, spécialités portugaises, dont nous nous régalons.
Laetitia souriante servira le vin chaud !

Serions-nous aux portes de l’hiver ou du printemps ? Alors que famille et amis là-bas dans le pays lointain du grand-est ont les pieds froids dans la neige et les perces-neige ne sont pas prêtes de poindre, pour l’instant c’est leurs mains gelées qui dans les poches tentent de se réchauffer. Et nous sommes entourés de marguerites qui annoncent une floraison abondante prochaine.

La descente raide réveille les muscles, mais à l’approche de grandes flaques d’eau, des flop, flop, flop nous surprennent, ce sont des petites grenouilles effrayées par les vibrations de nos pas qui vite vont se cacher.
En voici une plus téméraire qui reste visible. Merci grenouille !

Mignon champignon, tu es bien trop petit pour me servir de parapluie, car voici le ciel qui se pare de gris.

Dans le fond du vallon, les eucalyptus s’ornent de leurs fleurs blanches,

Enfin la fonte Ferrea et au bar après avoir traversé le pont

c’est un café pour le plaisir du palais. Pour terminer cette belle randonnée de vingt kilomètres, les champignons bordent le sentier.

Satisfaits, nous arrivons l’esprit aéré, pour déguster une bière bien méritée.
Les idées fraîches, l’écrivain récupère une plume non pas de pie ibérique croisée, ni d’oie comme aux temps anciens, mais avec une pointe en bille qui permet aux mots de rouler sur le papier.
En attendant ce prochain écrit, prenez votre temps et retrouvez mes trois livres.
Cheminer du rêve à la Vie à vélo
Tête à tête avec la Sierra Nevada andalouse
🎁Idée cadeau 🎁
Comme se n’est pas signé qui cela peut-il bien être 🤔
On s’en doute un peu, Vosgien de la plaine !😉
Venez il y a de la place et qu’est-ce qu’il fait bon !🤗
Pascal
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Et oui c’est l’écho identique de nos amis Alsaciens ou Vosgiens mais ou est passé le soleil ?
Nous nous disons que notre choix n’est pas si mauvais !🤩
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Un peu de chaleur d’Algarve bien appréciable ici dans le Rhône, tellement humide depuis 6 semaines…
Merci de nous rappeler que les beaux jours reviendront dans quelques semaines, avec les mêmes couleurs que celles qui vous émerveillent déjà 😎 !
Amitiés,
Thierry
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Un grand merci des Vosges pour ce chaleureux partage qui nous donne bien envie de vous rejoindre, bises
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