Deux jours autour de Vaqueiros en Algarve
Ce dimanche 7 avril nous empruntons les routes de montagnes pour rejoindre Vaqueiros, petit village de l’arrière pays, où se déroule la fête du pain.
Arrivés sur place il y a déjà du monde, et autour des fours à pain, les boulangers s’activent pour sortir des petits pains au javali ( sanglier en portugais), à l’ail et à l’huile d’olive ou encore au fromage et aux saucisses.

Il va s’en dire qu’ils vont nous régaler. Une vraie fête de village de campagne où tous les habitants se retrouvent avec joie pour discuter, rire et boire un coup.
Nous aimons dans ces lieux nous attabler pour le repas de midi avec les autochtones, difficile de comprendre ce qu’ils disent et plus le repas s’écoule, plus les carafes de vin se vident et plus les voix s’élèvent. Le mieux c’est de regarder les gens, les expressions, c’est un vrai spectacle. Après un repas bon et copieux, nous allons chercher une part de brigadeiro (gâteau au chocolat), pour certain la part ferait trois desserts, que nous arrosons de medronho (alcool d’arbousier) et cela passe tout seul.
Le tour de la fête effectué, trop de bruit, trop de monde, alors nous partons pour une randonnée autour du village (le PR7). La campagne est illuminée de couleurs variées c’est réenergétisant.




Le ciste domine toutes les fleurs tant par sa hauteur, il peut atteindre les trois mètres que par son imposant parfum, seule la fleur d’oranger le concurrence.

A notre grande surprise, ce sont deux rivières à traverser où n’existe aucun guet et il n’y pas à tergiverser, on y va tout de go avec les chaussures.


Le soleil brille haut dans le ciel et il fait chaud tout va sécher très vite. Pour la rivière suivante les plots sont là et il n’y a plus qu’à faire de l’équilibre.

Voilà 14 kilomètres couverts en 3 heures, il suffit de se trouver un petit coin sur la rive du lac et nous passons une bonne nuit avec comme berceuses le chant des grenouilles.
🌈Le lendemain nous empruntons un tronçon de la via-Algarviana pour rejoindre le bourg de Cachopo. Cela nous rappelle des souvenirs puisque l’année dernière j’ai parcouru en trail les 300 kilomètres de ce chemin de grande randonnée. Bientôt le livre racontant ce périple sort en E-book. ☺️
C’est un majestueux caroubier qui nous donne le départ pour nous souhaiter une bonne journée.

Tout au long de notre chemin les fleurs aux couleurs de jaune, de mauve, de blanc ou de rouge pour le pavot nous font une ovation.


C’est un honneur qui crée en nous une sensation d’enchantement presque de béatitude que de marcher dans un tel environnement. Le vent d’ouest nous ramène des nuages qui ne vont pas tarder à cacher le soleil et laisser leur trop plein d’eau se déverser en une belle averse.

Rapidement nous sommes trempés, heureusement il ne fait pas trop froid.
Nous trouvons un petit abri en compagnie d’un paysan portugais d’un âge certain. Le temps de tailler une bavette avec Laetitia et la pluie cesse, le soleil revient. Nous passons quelques rivières et quel plaisir cette année de voir qu’en ce mois d’avril, de l’eau s’écoule d’un peu partout.

Non ne me dites pas : il y a trop d’eau, avec le déficit énorme des dernières années et ce que l’humain consomme il n’y a jamais assez d’eau. De plus, en ce printemps il faut savoir que toutes ces fleurs, tout cette herbe bien verte et ces arbres qui fleurissent ont besoin d’énormément d’eau pour répondre à leurs besoins.


Nous oublions volontairement le gaspillage humain avec les piscines et les golfs pour ne pas gâcher notre journée.
Nous arrivons à Cachopo, nous sommes secs. A la première terrasse nous adoptons la boisson nationale portugaise que nous préférons à celle qui vient d’outre atlantique, le Sumol est très sucré et chimique, mais le coup de fouet qu’il nous procure est nécessaire, car nous ne sommes pas arrivés.

Nous venons de parcourir 15 kilomètres et il nous faut refaire le même parcours pour retrouver notre maison sur roues. Nous prenons notre casse-croute au soleil et voici que le ciel devient noir, le vent très frais se lève alors nous rejoignons la terrasse abritée du deuxième bar du village pour nous offrir un café en attendant que la colère des cieux se calme.

Le chemin de retour va se faire en harmonie dans le silence de la nature au son de la huppe, du chant des pies ibériques qui se chamaillent, du rossignol et dès que nous approchons les secteurs humides c’est le croassement de la grenouille qui prend le dessus.
Lors du passage d’une rivière nous observons une couleuvre vipérine dans l’eau.

Pour terminer cette resplendissante randonnée, nous admirons la force et le courage de ces fleurs pour pousser au milieu de la piste sur cette terre hostile.


Le soleil est notre compagnon pour l’après-midi, nous terminons cette journée avec 30 kilomètres en 6 heures de marche pour 800m de dénivelé.
Voilà des moments simples qui donnent une satisfaction de soi et comble notre corps et notre âme de joie.
