Île de pico, le vignoble des Açores.

Une fois n’est pas coutume et la particularité de ce lieu, classé au patrimoine de l’Unesco, nous impose une journée où nous oublions le sac à dos et l’effort de la rando.


Nous partons à la découverte d’un vignoble bien particulier qui pousse dans la lave.
Pour accéder à ce vignoble très parcellaire, nous longeons la côte où la roche de lave se présente sous différentes formes. La lave cordée particulièrement fluide lors de son refroidissement adopte des formes qui ne peuvent nous laisser qu’en admiration.

En ces lieux, la nature s’est permise des œuvres qu’elle seule est capable de réaliser.
En observant le découpage de la côte on peut s’imaginer la rencontre de la roche en fusion avec le froid de l’eau de l’océan.


Pour la construction des maisons, il est évident que c’est la pierre locale qui est utilisée, mais nous trouvons que cela donne un air tristounet surtout quand le ciel adopte un ton gris.


Heureusement que certains habitants mettent de la couleur pour égayer les lieux.


Voici un schéma qui peut vous aider à comprendre pourquoi cette zone est volcanique.

En rouge les 9 îles des Açores


L’archipel se trouve à la rencontre des plaques américaines, européennes et africaines et sépare deux îles Flores et Corvo du reste de l’archipel.
Nous sommes en plein cœur de la vie de la terre et nous profitons du spectacle que ces éruptions nous ont laissé.

Sans jamais oublier que si elle le désire, elle se réveille et renverse  comme un fétu de paille les créations de l’homme.
1800 secousses ont été ressentis sur l’île Sao Jorge en 2022, donc ici rien n’est figé ni gagné, mais un peu trop sûr de lui l’homme se croit inatteignable.
Ne serait-ce pas la raison de ces inondations, sécheresse etc… remettre l’humain prétentieux à sa place.
Pour rappeler quelqu’un à l’ordre, on lui met une sanction, la nature sanctionne un système de vie irrespectueux mais trop peu de gens comprennent et encore moins les dirigeants.

Mais revenons à notre objectif premier, la découverte d’un vignoble incroyable.
Un vigneron écrit ceci : dans la lave je trouve un petit morceau de terre, je creuse, et je plante le pied de vigne que va devoir effectuer un important travail pour s’enraciner.


Ces parcelles de vignes sont séparées par des murets de pierres de lave qui les abritent des vents.


Quand ils sont en demi-cercle, c’était surtout pour abriter les figuiers.


Il faut savoir que toutes ces pierres mises bout à bout, cela correspond à deux tours de l’équateur.
En contemplant ces pieds de vignes et ce labyrinthe de murets, tout individu devrait prendre conscience de la force de la vie. Les ceps de ces vignes sont peut être centenaire, pour vivre ils rampent sur le sol afin de  s’abriter des intempéries océaniques.


C’est exceptionnel à voir et l’on comprend pourquoi ce territoire est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un travail de plusieurs générations qui façonne un paysage de manière bien originale.


De petits sentiers s’insinuent entre les vignes, ici pas de machines tout le travail se fait à la main. Une fois coupé, le raisin est mis dans des paniers portés à dos d’homme ou traditionnellement sur la tête.


Il est bien évident que la production est faible, tout cela se répercute sur le prix de la bouteille que l’on accepte.


Nous allons à la cave coopérative pour une dégustation. Elle fonctionne avec 280 coopérateurs, aucun ne vit de sa production, ils ont tous une autre activité.


Nous dégustons trois vin blancs, car c’est essentiellement du vin blanc qui est produit, un vin rouge et un vin liquoreux.
Le liquoreux, pour nous, n’a aucun intérêt.
Les blancs sont bons, pas trop secs, ronds et fruités avec une note minérale
Mais je veux surtout vous parler du cépage des Açores le Verdelho.

C’est un vin blanc très typé, avec de la fraicheur un peu de salinité et de mineralité. Il a un parfum unique.

Les cinq bouteilles du haut notre dégustation.


Puis le rouge que nous dégustons, au nom de terre de lave, est un mélange de syrah et de merlot. C’est incroyable, c’est comme s’il avait été fumé, cela provient du sol et des restes des chaleurs de lave. Vin très particulier, mais très agréable à tel point que nous avons acheté une bouteille pour retrouver ce plaisir.




De retour dans la nature, mes yeux furent attirés par cette plante poussant dans les murets entre les vignes. Un nombril de vénus et regardez bien la photo dont je suis assez fier, vous y verrez deux petites têtes de fourmis.


Le plaisir épicurien c’est quelque chose de formidable, je pense que nous sommes aussi sur terre pour savoir en profiter. Je remercie mes sens d’avoir cette capacité de posséder la curiosité de déguster et d’apprécier. Cela est d’autant plus puissant quand c’est partagé.

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