Nous quittons l’île de Faial pour l’île de Flores.
Avant toute chose, nous décidons de rejoindre l’aéroport à pied pour passer par le rocher de Castelo Branco.

Nous marchons rapidement sur une route goudronnée. Nous croisons un bar ce qui nous permet de boire un café. La caféine agit, le pas s’emballe attention de ne pas faire d’excès. Enfin, au vue de la rapidité des véhicules les dépassements de vitesses doivent être chose courante, alors pas de relâchement allons-y.
Le rocher approche et nous descendons sur un sentier balisé comme PR. Cependant, il a dû être oublié du planning de débroussaillage, car c’est dans la brousse que nous sommes.

Et comme il a plu cette nuit, nous sommes mouillés du haut des cuisses au bout des chaussures. Celles-ci en gore tex ne peuvent-être efficaces, l’eau ruisselle des jambes et les coquines de gouttes s’infiltrent par le haut du godillot pour doucement humidifier la chaussette et terminer sa course aux doigts de pied.

Enfin, à l’autre bout de l’orteil, le cuir chevelu ressent que le soleil darde ses premiers rayons dans une ambiance lourde et humide et d’autres gouttelettes font leur apparition depuis le haut du front et dégoulinent sur le visage.
Voilà le randonneur mouillé de la tête aux pieds. Mais il en faut plus pour le mettre de mauvaise humeur, surtout dans un tel panorama. Quand au loin il aperçoit Valadouro, la ville où il avait établi son campement, il en oublie les pieds humides et les ruissellements dans son dos.

Voici ce rocher, dôme de lave d’une hauteur de 150 m, sa composition de roche trachyte rend sa couleur blanchâtre. Cette île est accrochée par un isthme à la grande île, c’est un lieu où se réfugient de nombreux oiseaux pour nidifier.


Après 16 kilomètres nous arrivons à l’aéroport et le petit sommet du Pico nous lance un dernier clin d’œil en se glissant au travers de la brume.

Cinquante minutes d’avion et nous arrivons sur l’île de Flores.

La porte de l’extrême ouest du continent européen s’ouvre à nous. Flores l’île aux fleurs, Flores l’émerveillement ou Flores la mysterieuse ?
Grande surprise !


En attendant un peu d’histoire !
Nous voici à l’extrême ouest du continent européen.
En 1452 le premier navigateur Diogo de Teive l’aurait baptisé île de Sao Tomas, mais vu l’abondance de fleurs particulièrement jaune qui recouvrait l’île, elle fut nommée Flores soit : l’île des fleurs.
Et dès nos premiers pas, nous avons confirmation de la justesse de cette dénomination.
Que ce soit dans les parcs





ou en art de rue.

Par contre, notre vie de voyageur est à nouveau bousculée.
Tout d’abord par une météo exécrable pour les deux prochains jours.
Enfin nous voulions effectuer la traversée de l’île qui se parcourt en trois étapes. Le sentier de la deuxième étape est fermé et interdit.
Nous pensions dès ce soir débuter cette randonnée pendant une heure ou deux.
Un peu déboussolé et pour nous remettre rien de tel qu’une bière.

Nous passons par le port afin de réserver nos billets de bateaux pour rejoindre en fin de semaine l’île de Corvo qui se trouve juste à un jet de pierre.
Et là, nouvelle embûche, au port il n’y a aucun guichet et les réservations se font par internet. Peu de bateaux effectuent la navette et ils sont tous complets. Il faut savoir que ce sont des petits bateaux qui n’amènent que des piétons.
Pour l’instant nous nous contentons d’observer cette île enveloppée d’une ouate qui lui donne des airs mystérieux, mais pas vraiment rieuse et encore moins enchanteresse.

Cela chamboule tout notre programme.
Nous décidons de nous installer au camping de Santa Cruz de Flores et ce soir devant une bonne table nous allons réfléchir à différentes solutions.

Les plats se succèdent et nous nous régalons. Crevettes grillées, steak de thon et polvo pour madame.



Quant au dessert, ce fut un moment épique dans ce restaurant familial à l’ambiance conviviale où le repas se partage entre portugais, anglais et français.
Laetitia demande ce qu’il y a comme dessert, la patronne répond :
– Attendez je regarde.
Elle ouvre un frigo que l’on peut nommer de familiale. Regarde et pour elle point besoin de mégaphone, car sa voix correspond à sa corpulence. Le client qui se trouve le plus proche d’elle à ce moment-là, je suppose que quelques jours vont lui être nécessaire pour retrouver une audition correcte.
Ce sont de vrais desserts de la casa, une tarte à l’orange pour Laetitia et une crème de cappuccino pour moi. Ne cherchez pas la présentation, tout est dans la dégustation et je promet et jure que ce fut délicieux.

Demain nous devons définir la suite de notre voyage, nous décidons que dès 9 heures nous serons à l’office du tourisme pour répondre à un certain nombre de nos questions.
L’île de Corvo est toujours prisonnière d’un énorme nuage, et la lune nous dit bonsoir.

