Et oui ! La pluie nous a retrouvée. Mais nous sommes satisfaits nous avons entendu pendant la nuit le vent soufflé avec force dans le houppier des arbres qui nous entourent, mais notre tente ne fut pas ballottée.

De grosses averses sont annoncées, nous voulons terminer le sentier du tour de l’île sous le soleil.
Nous sommes à 10 km de la ville principale de l’île. Nous profitons d’une accalmie pour nous y rendre à pied, plutôt que de passer la journée sous la tente.
Encore une fois, il nous faut remanier nos plans, mais nous y penserons plus tard, dépêchons-nous !

Voici la côte moins lumineuse sans soleil.
Nous longeons un lieu dont je vous reparlerai car nous y reviendrons avec le soleil : le désert rouge de l’île.

En arrivant à Vila do Porto, 5500 habitants, voici comment cela se passe dans les ronds-points.

La pluie arrive, nous nous réfugions dans une cafétéria et c’est le déluge.
Nous décidons, à partir de demain et avec le retour du soleil, de prendre notre sentier à rebours soit 20 kilomètres. Installer notre bivouac, puis parcourir quelques sentiers régionaux menant à des baies et enfin prendre dimanche la route du retour pour quitter les Açores lundi matin.
Le restaurant fermé le jour de l’anniversaire de Laetitia est ouvert, nous nous régalons avec des lulas grelhadas.

Maintenant, il faut que je vous raconte une belle histoire, ce que je nomme les miracles de la vie.
Nous sommes lundi 27 au matin, Laetitia effectue des courses dans le supermarché de la ville, Vila do Porto.
Elle voit dans les rayons un monsieur nonchalant cherchant le produit qui lui convient.
Pendant que je l’attends à l’extérieur, en bon gardien des sacs à dos, je vois un monsieur sortir, très tranquille un peu rêveur, il attire mon attention et l’on se salue.
Un peu plus tard, nous descendons la ville et au niveau du fort nous dominons la marina, je repère ce monsieur se dirigeant vers les bateaux. J’en parle à Laetitia qui me raconte comment elle l’a aperçu. Nous le suivons du regard et il monte sur un voilier.
Trois jours se passent, ce matin le temps pluvieux nous pousse à revenir à Vila do Porto. Voici deux jours que nous transpirons et mouillons deux maillots à la journée. Avec l’air marin nous collons, cette nuit je n’ai pas arrêté de transpirer, car le vent qui amène la pluie est chaud, c’est la première fois sur les Açores.
Après notre succulent repas je propose à Laetitia d’aller à la marina peut-être trouverons nous des douches.

Effectivement, il y a des sanitaires, mais il faut une carte pour que sésame veuille bien s’ouvrir.
À ce moment ce monsieur que nous avons remarqué lundi nous double à vélo, on se reconnaît, il fait demi tour et Laetitia l’interpelle. Elle parle anglais jusqu’au moment où il dit : vous êtes français, je parle français.
Il nous informe que les douches sont pour les navigateurs qui ont accosté, il nous propose de nous laver sur son bateau ou alors d’aller à la capitainerie de la marina et de donner le nom de s ok n bateau. En échange de 3€ la douche, on nous donne de quoi ouvrir la porte.
Après demande, il nous dit qu’il est Hollandais. Quand j’entend le nombre de critiques de la part de français envers les habitants de ce plat pays. Tous les Néerlandais que j’ai croisé ou connu dans ma vie de paysan, car nombreux viennent s’installer en France en tant qu’agriculteur, ou alors dans notre vie de voyageur, nous avons toujours eu à faire à des gens charmants, courtois et parlant plusieurs langues.
Bref, j’ai 71 ans et je crois que c’est la meilleure douche de ma vie.
Et…quand on rouvre la porte des sanitaires, le soleil nous sourit, pas belle la vie ???
Je souris à la vie et la vie me sourit !!!😀😃😄
Nous profitons du soleil pour faire sécher nos affaires.

Cela devient une routine, puis nous allons encore un peu nous désaltérer avant de reprendre le chemin comment dire… des écoliers ? Des contrebandiers ? Des aventuriers ? En ce bord de mer plutot des flibustiers ou des pirates.* Ou tout simplement d’humain passionné par la vie.
Cette passion vous la retrouverez dans tous mes livres !
D’ailleurs, le 22 juin je suis en dédicaces à la librairie du Chat perché à Colmar, réservez cette date.
Mais la journée ne se finit pas dans un bar, car il est temps de reprendre ce mouvement naturel de l’homme qu’est la marche et nous partons à la recherche d’un petit coin pour notre nuit.
Après trois kilomètres nous trouvons facilement un lieu comment dire…idyllique ? Oui c’est cela.

Bonne nuit à demain !


*La marina est dominée par un fort qui servait de défense contre les pirates, les corsaires mais aussi les Français et les Anglais.

Une journée tranquille avec quelque 13 kilomètres.