Quand l’aventure nous colle à la peau, mais pas toujours dans le sens que l’on souhaite.
Samedi soir nous quittons notre lieu d’attache : l’Ecopark à Alportel.

Après une heure de route, on s’arrête pour dormir tranquillement et ce dimanche matin nous repartons dès 6h30.
Laetitia est au volant, je poursuis un peu ma nuit. Tout va bien, nous nous réjouissons, car dans le centre du Portugal nous sommes attendus par des amis.
Nous sommes sur une voie rapide quand tout à coup le véhicule broute, Laetitia se rabat sur la voie d’urgence, elle me regarde et s’exclame je n’ai plus d’embrayage!
Je crois à la plaisanterie, car nous avons fait changé l’embrayage avant de partir aux Açores.
On n’y comprend rien, mais surement il n’y a rien à comprendre ; si ce n’est que la pédale d’embrayage descend dans le vide et les vitesses ne passent plus.
Il ne nous reste plus qu’à contacter notre assurance.

Tout se passe très bien après un temps d’attente un dépanneur arrive, il pompe sur la pédale et là nous croyons au miracle, car ne voilà-t-il pas que l’embrayage fonctionne !
L’espace de quelques secondes, nous avons la banane et l’on se voit déjà à table avec les copains à midi.🥂🍾🥨
L’espérance s’effondra plus vite que le soufflé au fromage pour lequel on ne respecte pas la recette.
Après un nouvel essai, la pédale ne répond plus. Le dépanneur suppose une petite fuite d’huile.
Le problème : nous sommes dimanche donc les garages sont fermés et ils le seront aussi demain, car c’est un jour férié au Portugal.
Pas de réparation possible avant mardi 11 juin.
Notre fourgon va monter sur la dépanneuse et le taxi doit nous amener dans un “ turismo rural” comme il est dit au Portugal.


On se voit déjà dans une chambre d’hôtes chez des agriculteurs et connaissant la convivialité portugaise nous sommes certain de passer un bon moment.
Le taxi nous dit que le lieu se trouve à 26 kilomètres. Cela nous paraît quand même bizarre, car nous sommes à l’entrée de la ville de Beja, 33 000 habitants, il y a bien un hôtel qui pourrait nous accueillir.
Enfin nous restons sur notre idée de nous retrouver dans une ferme, nous voici partis d’un côté et séparés de notre maison sur roue qui part sur le dos d’un camion dans un sens opposé.
Quand le taxi rentre dans une très belle allée pavée, la chauffeur hésite se demandant où elle arrive. Nous pénétrons dans un immense complexe hôtelier de luxe.

On quitte notre taxi et on pénètre dans le hall de l’hôtel où nous dénotons avec nos cabas et petits sacs à dos. Nous avons vite embarqué rapidement quelques affaires avant de nous séparer de notre habitat.
C’est à ce moment que l’on nous informe que nous ne sommes pas au bon hôtel, car dans ce complexe de “ tourisme rural”, il y a trois structures différentes. Dont une réservée aux familles avec enfants.
Celui où l’assurance nous a réservé une chambre, est à sept kilomètres. Nous y rendre à pied avec notre chargement hétéroclite risque d’être pénible même pour des marcheurs confirmés comme nous.
On nous demande d’attendre et c’est le directeur du lieu qui va nous amener en véhicule à l’autre hôtel.
Laetitia lui pose quelques questions : ils sont propriétaires de 1700 hectares de vignes, d’oliviers, d’amandiers, de fruitiers etc. et de beaucoup de chevaux.
Notre idéal du tourisme agricole pour lequel j’ai œuvré pendant plusieurs années en France s’effondre.
Nous voici dans la bonne structure et effectivement notre assurance nous a réservé une chambre pour deux nuits, il nous faut juste attendre qu’elle soit prête et cela ne sera qu’en début d’après-midi.


Même si les hôtels aux Açores que nous avons pratiqué étaient de même qualité, l’ambiance y était plus détendue. Là c’est très guindé.
Mais ce qui me rend un peu dingue dans cette histoire c’est que nous étions à un kilomètre d’une ville où il y a certainement des hôtels. Nous nous retrouvons en pleine campagne de l’Alentejo, complètement isolés dans une structure de luxe. Pour nous c’est une prison dorée à plus de 200€ la nuit. Ou sur le parking les automobiles Tesla prolifèrent escortées de Mercedes, BMW, Jaguar ou Ferrari.
Que faisons-nous là ? Où se trouvent nos bivouacs sauvages en pleine nature ?

Est-ce que nos assurances sont obligées de passer des contrats avec de telles structures ? Car en définitive c’est nous qui payons.
La course en taxi est plus onéreuse et je ne reviens pas sur le prix de la chambre avec le petit déjeuner mais quand même !
Est-ce qu’être heureux c’est vivre dans un luxe, d’avoir du personnel à son service ? Et d’un autre côté consommer de l’eau sans respect, jeter ses mégots au sol comme nous avons vu, etc. ?
Ou ressentir la pluie, le vent, le soleil sur sa peau. Être attentif au chant des oiseaux ou à ne pas écraser une petite fleur ?
Enfin nous sommes heureux de notre casse-croûte dans notre chambre et nous rions en pensant aux gueules coincées avec des faux semblants qui sont à table.

Ce lundi matin nous partons marcher dans la campagne et cela nous fait du bien de traverser deux minis villages portugais et de dire Bom Dia à des gens qui nous ressemblent, car dans ces hôtels, on ne se parle pas, on se toise.

Voilà une nouvelle expérience que nous prenons avec le sourire, certain nous parle de galère, non une galère c’est un accident grave, c’est une maladie.
La seule larme à l’oeil que nous avons, ce sont les copains qui nous attendaient avec une choucroute et un vin blanc d’Alsace.😢
De toute façon demain mardi, fourgon réparé ou pas, nous quittons ce lieu qui n’est pas le nôtre. Pour où? Nous verrons bien.
A demain…

c’est sur que la ,vous êtes passés du coq à l’âne 😜😜trop drôle …. C’était juste histoire de se rappeler que dormir dans une chambre à 200€c’est un gâchis.
vous en aurez connu des aventures ! Rien de grave en soit c’est le principal !
il y aura de quoi remplir des pages
bisous
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