Episode 24

En racontant cela, il a une idée derrière la tête, parmi l’assistance on va lui conseiller un prix, ce qui lui enlèverait une belle épine du pied.

Ernesto prend la parole : 

— Un jour, j’avais invité quelques amis dans une ferme auberge qui venait d’ouvrir. Un jeune couple débutait leurs activités et j’avais eu de bons échos sur la qualité de leur cuisine. Le repas terminé, nous ne pouvions que confirmer les éloges que j’avais entendus. Tout était délicieux, bien présenté et à volonté. Je m’adressais à eux pour régler la note et il me fallut peu de temps pour effectuer la division entre la somme totale et le nombre de convives. Le montant du repas était de 15 €, boisson comprise, apéritif offert, sourires et rires assurés. À ce moment, je leur ai dit que c’était impossible que je paye ce prix. Les voilà tous les deux effondrés, elle toute rouge, lui hésitant : mais qu’est-ce qui ne vous a pas plu ? Ce n’était pas bon ? Comme quoi il est très important de bien tourner ses phrases. Ce qui pour moi était évident, eux l’ont interprété, nous sommes trop chers. Ayant compris la confusion, je me suis excusé et je leur ai confié que c’était bien le contraire, que tout était excellent et que la qualité de ce repas valait bien plus que ce qu’ils demandaient. Du coup, ils n’étaient plus inquiets, mais elle exprima en toute simplicité : nous voulons être à la portée de toutes les bourses. J’ai alors appliqué la devise de mon père « de l’altruisme enveloppé dans la dignité »   et je leur ai donné 25 € par repas, en leur précisant que pour moi cela me semblait un prix juste. Ils souriaient aux anges en me remerciant et manifestant que c’était une belle récompense de leur travail. Alors Georgette, Gaston à vous de jouer ! Rendez heureux et rendez vous heureux !

— J’espérais avoir un conseil plus concret de votre part. Cette philosophie est intéressante, elle nous bouscule dans nos habitudes. 

— Je connais des maraîchers qui pratiquent un système de libre participation pour la vente de leurs légumes bio. Au début, les clients sont très perturbés et ne savent que faire, ils indiquent pour les guider un prix minimum et maximum et sur un panneau ils expliquent leurs différentes activités pendant les quatre saisons. C’est une manière pédagogique, ludique qui peut permettre aux consommateurs d’évaluer une valeur selon leur revenu. Aujourd’hui, ils ont des clients avec peu de moyens et d’autres avec de très bon revenus, chacun joue le jeu et laissent une somme avec laquelle ils se sentent en harmonie. Après un an, ils font un bilan financier tout à fait positif et humainement c’est une grande réussite. Tout le monde est heureux.

— Mais cela est impossible dans un quartier populaire où les gens sont tous dans la difficulté.

— Il y a toujours un équilibre à trouver, mais l’on est surpris que sur un tel système ceux qui donnent le prix juste, ce sont ceux qui ont déjà acquis une réflexion sur la vie, et pas obligatoirement des revenus mirobolants. Certes, tu ne vas pas appliquer cette méthode sur un marché. Enfin, pour vous aider, vous devez découvrir la somme qui va vous permettre de ne pas avoir le sentiment de rouler luis et vous concernant avoir le sentiment de ne pas trop payer pour l’état du matériel. C’est une harmonie, le montant est juste et tout le monde est heureux.

Quelques jours plus tard, Georgette et Gaston proposent à Luis une somme qui les comble tous.

Ils prennent encore quelque temps pour s’installer, puis s’en remontent vers leur région où les attendent familles et amis.

Quelques mois se sont écoulés, ils sont de retour au Portugal, ils ont adopté un autre mode de vie. Dans ce verger on peut croiser des poules, un peu plus loin, nous rencontrons Georgette dans son potager où poussent de nombreux légumes, le puits faisant son travail d’approvisionner en eau le jardin. On retrouve plus facilement Gaston à entretenir les fleurs et tailler des arbustes. Une marre pour purifier les eaux usées et un toilette sèche sans porte dont le siège n’est ni plus ni moins qu’un fauteuil. Gaston peut épiloguer longuement sur le plaisir de faire ses besoins en admirant la nature. D’ailleurs, dit-il, je ne fais que redonner à César ce qui appartient à César.

Mais ce jour, tout est différent, des guirlandes se balancent entre les arbres, Georgette et Gaston s’affairent dans leur cuisine, lieu important pour eux. D’autres amis préparent les tables.

Ce jour, c’est la fête inauguratrice de ce lieu de lumière de la vie.

Ce lieu où Georgette propose des massages énergétiques et où Gaston inspire une certaine sagesse en jouant d’un instrument particulier aux sonorités zen.

Ils sont tous là, bien évidemment les enfants, mais aussi les Ardéchois Camille, Jean, Ernesto et Christine, les cyclistes Mari-Pili et Pierre, le trailer Joseph et sa compagne Letizia, les Açoréens Gabriella et Joao. Bien entendu, Margarita, Alonzo et Luis, le mécanicien, présent avec son chien.

L’assemblée réclame un discours, Georgette et Gaston n’ont pas anticipé une telle demande et ils n’ont rien de prêt. Gaston court dans la caravane, leur résidence principale. La « maisonmobile »  fait toujours partie de la famille pour les périodes d’escapade.

— Mes amis, je vais vous lire un texte qui résume ces quelques mois. Il a été écrit par Grand Corps Malade.

« Je crois que l’on a tous une bonne étoile

Sauf que des fois elle est bien planquée.

Certaines même plus que d’autres

Il faut aller les débusquer.

Parfois, cela prend du temps

Tu fais trois fois le tour du ciel.

Mais si tu cherches, c’est que tu avances.

À mon avis, c’est l’essentiel.

Je fais partie de ceux qui pensent

Qu’il n’y a pas de barrières infranchissables !

Il faut y croire un peu

y’a bien des fleurs qui poussent dans le sable. »

Les applaudissements fusent, puis la fête s’étire toute la soirée.

Des hommes boivent du vin, se racontent des histoires et devisent joyeusement sous la lune d’Athènes. Parmi eux des guerriers, un sage Socrate, qui reste sobre. Le poète Aristophane participe aux réjouissances. 

C’est le banquet de Platon.

Des hommes et parfois leurs femmes boivent de la cervoise, se racontent des histoires et devisent joyeusement sous la lune d’Armorique. Parmi eux des guerriers et un sage, Panoramix qui reste sobre. Le poète, Assurancetourix ne participe pas aux réjouissances.

C’est le banquet d’Astérix.

Des hommes et des femmes boivent du vin, de la bière, se racontent des histoires et devisent joyeusement sous la lune d’Algarve.

Parmi eux des amoureux de la nature et des partisans de la paix. Tous sont un peu poètes et sages et participent aux réjouissances.

Le temps passe, les femmes et les hommes se réunissent, l’égalité est arrivée à percer.

C’est le banquet de Georgette et Gaston.

La reine des fées celtiques Aine rappelle à Gaston que les choses avancent en prenant leur temps.

 La fête dure tard dans la nuit, l’amitié perdure de longues années. Et tous sèment de l’humanisation.

Remerciements : à deux personnes, qui encore une fois donnèrent bien de leur temps pour relire et m’accompagner dans les corrections : 

Ghislaine, une amie qui prend goût à ce type d’aventure, elle en est à sa cinquième participation.

Mon épouse qui me motive et qui persévère à mes côtés depuis les premières lignes écrites en 2021 pour mon livre Cheminer du rêve à la vie à vélo. Cette fois-ci, sa contribution est plus importante, on lui doit toutes les vignettes amusantes qui parcourent le texte.

Excuses : J’ai écrit ce texte rapidement, avec quelques relectures et l’aide des personnes citées plus haut. Mais je sais qu’il aurait mérité un peu plus de travail de ma part, afin d’améliorer le vocabulaire ou des tournures de phrases. Mais je tenais à ce qu’il sorte durant l’été.

 Lors d’un repas, je racontais notre histoire de pannes, une amie lance en riant, ça ferait presque un livre. Comme nous n’avions pas de véhicule, le lendemain je me dis pourquoi pas une romance courte et amusante. Encore mieux me dis-je, je vais écrire un feuilleton de la même manière qu’à l’époque de nos grands-parents qui attendaient le journal pour découvrir la suite de l’épisode.

Une fois que ma plume fut posée sur le papier, mes idées dépassèrent mon intention première et j’étais parti bien au-delà de la panne. Ne sachant d’ailleurs où j’allais et comment je retomberais sur mes pieds.

Je ne souhaite qu’une chose, que vous vous soyez amusés.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi dans ce voyage autour de soi.

fin

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