Tour de Brotsch / Schneeberg




Enfin une nuit sans pluie et sans orage, mais emprisonné dans les épicéas, nous avons une importante humidité.

Nous regrettons le manque d’ouverture pour apprécier le lever du soleil afin de l’admirer , il nous faut descendre quelques centaines de mètres.


Le matin, c’est incroyable comme nous trouvons le sac léger à l’inverse du soir où il pèse et tire sur les épaules. Nous ne ressentons pas encore le besoin de le retirer pour nous soulager, mais devant cette vue fantastique il est impossible de ne pas s’arrêter et tomber en contemplation.

Nous sommes au sommet de la roche de Brotsch et nous dominons les vallées enfermées dans un coton d’ouate. C’est l’émerveillement !

  La roche aussi prend des formes incroyables, nous sommes au pays des songes et nous planons dans un monde enchanté.


Le soleil se miroite entre les arbres, une roche chevelue nous donne la direction de la cuve de pierre, autre lieu de légende.

Une roche chevelue


Aurait-elle été construite pour être un réservoir d’eau pour les habitants proches ?
Serait-ce un abbé qui aurait commandé cette cuve et une fois le travail terminé se rend compte qu’il est impossible de la déplacer ?
Mais, ma légende préférée la voici : un moine de l’abbaye de Marmoutier aurait été pris en charmante compagnie. Sa pénitence fut de tailler le monolithe en forme de cuve. Cela l’amena à penser à autres choses que compter fleurette et ce, pour de longues années.


Le brume se glisse dans les fûts des sapins et notre chemin n’en devient que plus féérique.


Nous approchons de la mi-parcours, au loin on distingue le rocher de Dabo. Lui aussi avec de riches histoires que vous retrouverez sur ce blog : Lire article sur Dabo


Croyant ou pas, il est impossible de ne pas saluer le pape St Léon IX né le 21 juin 1002 à Dabo.

D’ailleurs les gens que l’on croisent nous interpellent. :  Vois allez à Dabo ? Passez le bonjour à Léon !


Depuis notre départ il fait très chaud dans les sous-bois, nous manquons d’air et nos vêtements sont trempés de sueur. Nous avons du mal à les faire sécher, car les nuits sont humides. Mais le randonneur s’habitue à tout et son organisme solide, lui permet de mettre, le matin, ses vêtements humides de la veille que son corps va sécher avant de les tremper à nouveau.
Voici une pierre originale, nommée pierre à glisser ou Rutschfelsen.


Le légende raconte que le Rutschfelsen serait une pierre de fertilité et que les femmes qui viennent y glisser pieds joints augmentent leur chance d’enfanter. L’aspect usé du rocher laisse à supposer qu’un nombre important de femmes y ont tenté l’expérience…
Enfin j’en croise une qui veut le faire à l’envers désirant l’effet inverse…

Depuis notre départ on croise enfin des fontaines je ne vous explique pas notre joie de nous rafraîchir.


Résonne dans l’ombre de la forêt les bruits du monde moderne, la raison en est que le sentier surplombe la bourgade de Wangenbourg-Engenthal et nous apercevons son château.


Un carrefour, une large piste sur plusieurs kilomètres qui s’élève de plus en plus, puis le balisage nous guide en direction d’un petit sentier qui s’insinue entre d’immenses sapins et cette fois-ci la côte est sévère , elle devient très raide.


C’est que nous accédons au point culminant de notre trek, le Schnebeerg et ses 961 mètres.
En cette soirée le ciel est clair et la vue s’ouvre à nous.


Forêt et roches de ce sommet sont particuliers, pierre à cupules ou au forme bizarre, arbres torturé aux racines tentaculaires et c’est dans cette ambiance que nous installons notre bivouac.


Nous espérons lors de la soirée apercevoir ou entendre le roi de la forêt :  le cerf. Mais peut-être n’étions-nous pas assez dignes pour cette rencontre magique ?
Une fois la nuit tombée c’est une autre rencontre à laquelle nous avons à faire, une tempête. Toute la nuit, des rafales de vent accompagnées d’importantes averses nous amènent à avoir un sommeil perturbé.
La luminosité du jour pointe, il faut se lever et penser à reprendre le chemin.

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