Ce lieu à l’origine se nommait en patois:
“ La Clapās Vièlh”, qui veut dire le tas de pierre vieux.
Lors de sa découverte en 1883 par Edouard Martel ( celui qui accompagnait Louis Armand dans l’Aven), il lui donne le nom de Montpellier le vieux. En référence au vieux centre de pierres calcaires de cette ville que les habitants nomment “ La Clopās”.
Aujourd’hui plus noblement le site s’appelle :
La Cité des Pierres.


Le dédale de tours, pitons, arches, rues où nous allons randonner est le fruit de l’érosion. Appelée Dolomie, elles ont été déposées au fond de la mer il y a 200 millions d’années.
Ici des noms ont été donnés à un certain nombres de roches, mais c’est la fête à la paréidolie, au rêve…
Quelques pas et déjà l’imaginaire est à l’œuvre quand on lui indique le trou de la lune.

La tête d’ours : présent dans ces forêts du Causse Noir jusqu’au XVI ème siècle. De nos jours y vivent paisiblement chevreuils, sangliers, renards… plus rarement des mouflons. Le retour du loup gris ne fait pas l’unanimité. L’avenir de cette espèce dépend de l’intelligence et de la tolérance de l’homme.





Au loin, le Roques Altes et ses 867 mètres d’altitude.

La poterne ; porte percée dans la muraille d’une fortification ?
Non ! Le travail de l’eau dans un complexe chimique qui s’attaque au calcaire.
Voici 10 millions d’années que cela dure et ne s’arrête pas.

Le rempart; lors de l’élévation des Grands Causses d’énormes tension s’exercent, les couches calcaires résistent, se plient et finissent par céder.
Les eaux d’infiltration vont circuler en suivant des fissures. Cette action élargit les passages, aidé par le positionnement du site en bordures des gorges de la Dourbie, la pente y est abrupte.
Depuis le sommet et ses 836 mètres jusqu’au fond des gorges à 400 mètres, il y a seulement 1500 mètres de distance. Les eaux de ruissellement prennent de la force, de la vitesse et renforcent l’érosion.





La quille; monolithe isolé haut de 14 mètres.

La porte de Mycenes : arche haute de 12 mètres. Elle fut creusée par le passage d’une rivière nommée la Dourbie, qui aujourd’hui coule au fond des gorges.
La vitesse de creusement est estimée à 1 centimètre par siècle, les gorges de la Dourbie sont profondes de 400 mètres. Alors faites le calcul…

Après plus d’une heure de marche un espace zen est proposé. En cette période automnale, le silence est au rendez-vous, un bruissement de feuilles, le sifflement d’un oiseau, agrémentent les instants alors que le soleil nous illumine.


Le sphinx : loin de celui construit par les hommes en Egypte , celui-ci est l’œuvre de la nature.
A l’époque de la construction du Sphinx de Gyseh il y a 2500 ans les Égyptiens maîtrisaient l’écriture , les mathématiques. A la même époque ici les hommes sont au Néolithique soit l’âge de la pierre polie. N’oublions jamais cela !

Le crocodile; le dernier spécimen connu dans la région date de 200 millions à 140 millions d’années. Il avait une mâchoire longue et étroite et mesurait plus de trois mètres.


Arc de Triomphe : il y a 100 millions d’années, les Alpes et les Pyrénées s’installent sous cette énorme poussée, les Grands Causses s’élèvent doucement à plus de 1000 mètres, la mer disparaît.
A peine sortie de l’eau, ces reliefs subissent l’attaque des éléments.





Au milieu de ce monde de pierres et de sculptures, la fragilité de la flore se signale par son apparat d’automne, alors que se présente face à nous une forêt de colonnes et des falaises colorées.



Baume obscur; baume signifie grotte, au fond de celle-ci fut retrouvé un squelette d’ours des cavernes apparu il y a 250 000 ans et disparu il y a 10 000 ans. Cette grotte abritera des hommes jusqu’au 19 ème siècle. Monde moderne oblige, elle est aménagée d’éclairage indirect et un écran diffuse régulièrement un court métrage sur l’histoire de Montpellier le Vieux.


De roches particulières en colonnes érigées vers les cieux le spectacle est présent à chaque virage.







Pinocchio ? Ou Cyrano?

Cette roche se prend pour une amphore mais au moins elle ne se brisera pas comme ces consœurs fabriquées en terre.

Voici un lieu nommé la cathédrale, nous sommes dominés par d’immenses falaises. Mais ne serait-ce pas l’ensemble du site qui est une cathédrale de la nature?






Nous sommes content de nous y trouver en cette fin de saison touristique, nous avons croisé peu de monde et nous profitons d’un recueillement spirituel dans un lieu légendaire, gigantesque et féerique.

Pas étonnant qu’après quatre heures de marche nous nous retrouvions à la chapelle pour un temps de méditation culturelle.

Il y aurait encore tant de choses à raconter sur ce site alors parfois le silence est plus riche que tout blabla.
Nous écoutons ce que le cœur nous chante dans cette nature qui ne cessera jamais de nous couper le souffle, de nous émerveiller.
Nous en sommes addict et ne pouvons plus nous en passer.




