Instant de réflexion.



Un samedi de fin novembre, Loulé, petite ville proche de chez nous.

Le soleil est doux et bien agréable, c’est jour de marché. Nous déambulons entre les étales des marchands qui glorifient par de forte voix leurs produits.
Sous la halle, les poissonniers invectivent encore plus puissamment l’acheteur à venir acquérir le poisson frais.


L’ambiance est distrayante et l’on se laisse conduire par une douce liesse. Nos achats terminés, c’est une terrasse au soleil qui nous attire, une table est libre, étonnant, car ici elles sont très prisées. Il est évident qu’elle nous invite à nous arrêter en cet endroit et profiter de ce doux moment.
Nous nous installons et dans l’instant je ressens que c’est un réel privilège d’avoir ce temps, de pouvoir profiter, mais aussi d’avoir les finances, car dans la même fraction de seconde, ici au Portugal en France et tant d’autres pays, ils sont nombreux à ne pas pouvoir s’offrir ce petit plaisir.
Mais que boire ? La matinée s’étire, non pas à tire-d’aile, mais plutôt nonchalamment, et l’heure de l’apéritif ne sonne pas encore au clocher de l’église qui surveille les va-et-vient de cette foule.
Si Laetitia, mon bras de sagesse opte pour un thé, je me laisse tenter par un verre de vin blanc. Quoi de plus agréable que de se sentir envahir progressivement par une douce griserie


J’observe ces gens de tout âge installés, ils rient, parlent un peu fort dans l’exaltation de l’histoire qu’ils racontent. La détente, le sourire, la joie règnent et planent sur cette terrasse.
En face de nous, de l’autre côté de la rue qui en ce jour de marché est piétonne, il y a une petite place où des ouvriers installent le marché de Noël.
Les cloches sonnent onze heures, j’apprécie et me délecte de ce doux breuvage qui échauffe mon sang et me conduit à la rêverie, je vois des anges qui s’échappent du clocher et dansent la paix au-dessus de nos têtes.


Une joie paisible m’envahit avec une grande quiétude. Ces instants font partie des petits plaisirs de la vie qui accumulés, mis bout à bout, participent à une existence heureuse.😍
Je regarde à nouveau cette foule attablée et je me dis que si l’un d’entre nous avait un malaise, nombreux sont ceux qui de suite viendraient à son secours. Tout le monde est souriant et se parle avec courtoisie.

Les anges s’éloignent et des idées plus sombres me parviennent.
Si tout à coup nous nous mettions tous à échanger sur les problèmes cruciaux de notre société.
Que ce soit sur les guerres du proche orient, l’Ukraine ou encore l’affaire de Paul Watson ou de l’étudiante iranienne. Que l’on débatte sur ce qui se passe en France ou aux États-Unis, sur le social ou l’écologie. Comment réagirait cette foule qui se respecte et qui pourrait-être solidaire ?
  Il ne faudrait sûrement pas longtemps pour que l’ambiance se transforme.
Le son des voix calme et paisible s’élèverait, se transformerait en désaccord qui glisserait sur de l’agressivité peut-être bien de la colère assortie d’insanités, voire même que certains en viendraient aux mains.

😡🤬
Mais pourquoi l’Homme qui peut-être décontracté, pacifique et même solidaire, peut d’un seul coup est capable de se transformer en un monument de haine assorti de violence ?
Qu’est-ce que cela nous apporte ?
Pourquoi ces femmes, ces hommes qui se parlent avec tendresse, qui regardent leurs enfants ou petits enfants avec affection et qui n’ont qu’une seule idée en tête, vivre heureux en harmonie avec ceux qui les entourent, peuvent tout à coup défendre des positions qui peuvent les guider à prendre des armes ?
Comment ces mêmes personnages que j’observe et qui avec douceur et amour caressent la main du conjoint ou font sauter sur leurs genoux un enfant pourraient tout à coup se transformer en des individus violents ?
Comment un être humain qui est censé avoir une intelligence hors du commun en comparaison de tous les êtres vivants de cette planète peut-il devenir une créature de haine, de mépris ?🐈‍⬛🐘🦧
Sommes-nous conscients que ses prises de position sont inutiles et ne servent que les magnats de notre monde !
Ne sommes-nous pas tous constitués de la même manière ? Avec des cellules qui fonctionnent toutes pareilles et les scientifiques de la physique quantique disent qu’elles sont toutes issues de la même source de vie.
Pourquoi l’humain qui vit sur un paradis le transforme dans les pires abominations alors que dans le fond de notre cœur existe le respect, la tolérance ?
Tout le monde est d’avis que nous sommes tous différents, je devrais par mon intelligence accepter que l’autre qui me ressemble puisse être aussi un contraste.
Est-ce que la sagesse de notre vie ne serait pas d’escalader le sentier de la tolérance ?
Est-ce que les premiers pas de cette conscience, de cette intelligence ne devraient pas me conduire avant toute chose au respect de mon environnement, de la terre mère ?
Est-ce que ma première démarche pour retrouver la sérénité et l’amour ne serait-ce pas de me reconnecter à la nature ? De m’y baigner ? D’y folâtrer et de m’émerveiller ?


Le sens de l’émerveillement est un gage de bonheur. S’émerveiller c’est développer un état intérieur favorable pour voir la beauté du monde.
En retrouvant la nature on découvre que nous sommes des êtres de paix.
Et si dans ma vie j’en croise certain porté par l’agression, gangrenée par la haine et la colère je m’en réfère à la sagesse de l’eau.
Elle ne se dispute jamais avec les obstacles, elle les contourne simplement.
Je me lève pour reprendre le chemin du retour et éviter les autres pour ne pas me cogner contre eux, ne pas me faire mal et leur faire du mal.
Il est simple d’éviter celui avec qui le ton monte, chacun mène son chemin qui nous conduit tous vers l’inévitable où nous sommes à nouveau tous d’accord, car réduit à la même chose : la mort.
Mon cœur n’est pas triste de cette réflexion, mais celle-ci me nourrit et je suis heureux de ces instants. Je reprends la main de ma compagne de vie pour poursuivre mon chemin avec gratitude.

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