En fin de soirée et pour quelques jours, nous quittons la douceur de l’Algarve pour partir en direction de l’Espagne.
Vers 22 heures, nous nous trouvons un petit endroit pour passer une nuit calme.
Mais… Une douce musique nous extrait des bras de Morphée, c’est déjà le réveil matin. Il est 5h30, il fait 3° dehors et 7° dans notre fourgon.
Vite, je mets le chauffage et je retourne me blottir auprès de Laetitia en attendant que la température soit acceptable, une quinzaine de degrés. Qu’en dites-vous ?
🫣 Mais quelle idée de se lever si tôt ? Dehors, en plus du froid, il fait noir comme dans un four.
Il n’y a que ceux qui se lèvent de bonne heure qui peuvent profiter du lieu où nous nous rendons.
Nous contournons la ville de Grenade et au fur et à mesure que la route s’élève, la température extérieure dégringole.
Enfin, voici celui avec qui nous avons rendez-vous « le Pico Veleta « deuxième sommet de la Sierra Nevada.

Altitude 2500, la route se termine, surprise il n’y a absolument pas de neige et nous sommes le 9 décembre.
Nous apprendrons plus tard par un Espagnol que ce n’est pas du tout normal et même inquiétant. En cette saison, la route devrait être enneigée en-dessous de 2000 mètres et l’accès à ce parking, où nous venons de nous garer, très compliqué dû à un important manteau neigeux.
On oublie pour quelque temps short et tee-shirt et l’on retrouve pantalon et trois couches de pull polaire, sans oublier les gants et le bonnet. Si la neige est absente, le froid en dessous de zéro est bien présent.🥶
Nous voici partis, le soleil n’est pas encore levé et nous sommes déjà sur les sentiers. Le froid est cru. Il ne faut pas longtemps pour que nos doigts s’engourdissent malgré les gants.

Le soleil commence à illuminer les montagnes voisines rien que de le voir on se sent mieux, mais il va encore falloir attendre pour qu’il nous éclaire.

Un léger vent se lève et le froid s’accentue, il vient mordre la seule partie qu’il peut atteindre, les joues.
Mais peu importe la tête, en harmonie avec le cœur, n’a qu’un objectif, le sommet, là, devant nous.

On se rapproche doucement et voici les premières plaques de neige, enfin c’est plutôt de la glace et il faut être attentif.


Ouf ! Le soleil se présente et la température s’élève un peu, enfin très peu, car elle reste négative.

Par contre, le paysage devient extraordinaire et nous venons juste de passer les 3000 mètres d’altitude.


Cette luminosité est incroyable et nous nous en gargarisons.

Une masse nuageuse nous empêche de voir la Méditerranée.


Le sommet paraît proche, mais il y a encore 200 mètres de dénivelé et surtout à partir d’ici nous allons marcher sur de la neige gelée. Pour y arriver ce n’est pas bien compliqué, il suffit d’adopter un pas lent en harmonie avec le souffle qui à cette altitude peine un peu.

Le pied montagnard et la joie dans le cœur nous permettent de réussir l’ascension du Pico Veleta.


Satisfaction personnelle, car c’est l’accomplissement d’un rêve que de retrouver ces montagnes en hiver, que nous avions parcouru lors d’un été précédent.

Pour une fois, le dérèglement climatique nous arrange bien, car il rend l’accès au sommet plus facile. Le froid est là, nous n’allons pas nous plaindre, nous le savions et cela ne fait pas de mal.
Une trouée se crée dans la masse nuageuse et apparaît la mer méditerranée et au loin la côte Africaine. Merci pour ce cadeau.

Le vent ne désirant pas gâcher notre joie s’est apaisé et nous restons un moment au sommet, seul dans ce monde enveloppé du grand silence de la montagne. Contemplation, émerveillement, souvenirs, le Mulhacen, l’Alcazaba, ses sentiers vertigineux ! Un feu pour faire cuire des pâtes, car le réchaud est oublié, notre fuite devant un orage, partis sans tente pour bivouaquer à la belle étoile, la pluie arrive que faire ? Et comment résister à la soif qui tenaille. Tout cela je le raconte dans mon livre Tête à tête avec la Sierra Nevada.
Mais c’est incroyable, voici qu’un passereau se pose juste à côté de nous. Qu’elle force as-tu pour vivre à cette altitude petit oiseau ?

Non, nous n’avons pas de vision, nous n’avons pas fumé et c’est bien la mère Noël qui apparaît.😳

Montagne merveilleuse tu m’envoutes, le temps s’efface en observant tes crêtes et sommets.

Arrive le point final, il faut redescendre avec prudence.

La faim se fait sentir un petit coin face au soleil, un panorama exceptionnel, tout est réuni pour une pause.


Le temps d’avaler quelques ingrédients qui nous redonne des forces et le vent vient nous avertir que c’est la fin de la trêve. Il souffle du Nord, glacial, et nous agresse. Il nous faut sortir tout ce que nous avons pour nous protéger. Il arrive de face, brûle mes yeux, gèle les poumons de Laetitia, c’est aussi cela la montagne et nous l’aimons avec toutes ces turpitudes.


Voilà c’est la fin de notre randonnée au revoir merveilleux sommet et à une autre fois.

Salut la montagne et merci pour cette splendide journée, 14 kilomètres de marche, un dénivelé de 847 en positif et négatif et un sommet à 3400 mètres. Une magnifique journée ensoleillée avec un froid sec.
Cette immersion dans l’hiver devait nous manquer, nous avons pris notre bain de froid et nous en sommes rassasiés.
Demain, nous apprécierons encore mieux les douceurs de l’Algarve.
Si vous voulez nous retrouver dans la Sierra Nevada, mon livre édité chez Unayok vous invite à de belles escapades.
Offrez-vous nos aventures dans cet incroyable massif.

https://boutique-unayok-editions.fr/accueil/51-tete-a-tete-avec-la-sierra-nevada-andalouse.html
En conclusion de cette journée : Nous sommes les plus heureux au monde 🤩
