Le solstice d’hiver





Le solstice d’hiver vient de passer, les jours pour quelques minutes rallongent. Ce cycle dans le mouvement perpétuel de la terre, du soleil est important, car après l’ombre parfois inquiétante de la longueur des nuits, voici doucement le retour de la lumière.
Pour les peuples primitifs le soleil était le feu de la nature, l’auteur de la vie. A cette époque, chaque Être ressentait le besoin de sa présence, de sa clarté et de sa chaleur. Rien n’était plus effrayant pour eux que son absence, cela signifiait tous les dangers. Avec le lever du soleil la lumière revenait, apportant la sécurité.


Ces Hommes n’ont aucune certitude que le soleil une fois disparu allait revenir et il leur faut avoir confiance, avoir la foi en son retour.

Puis dans les sociétés pastorales et rurales les humains avaient une dépendance importante aux cycles des saisons. Ce sont elles qui rythment leur vie, mais aussi l’abondance des récoltes ou la famine.
Aujourd’hui, nous avons coupé nos liens avec ces cycles et nous sommes dans une société de surplus, d’avidité alors que d’autres peuples souffrent et manquent.
Nombreux sont ceux qui sont pris d’une frénésie d’achat de cadeaux et oublient le sens de ces symboles honorés par les anciennes civilisations.
Ce commerce est animé par une amnésie collective.

Qui pense encore que ces objets, vêtements ou aliments consommés dans ce délire des fêtes, existent grâce aux matières premières que nous donne notre terre. Sans le pétrole, le fer, les métaux précieux, le coton ou les céréales… , point de ces mirifiques cadeaux.


Qui prend un instant pour la remercier de l’abondance ( plus pour très longtemps ) de toutes ces merveilles ? Alors qu’en retour elle est si peu respectée, aimée.
L’importance de la nature et les effets sur notre corps physique et notre moral sont oubliés.
Logiquement cette saison hivernale est celle où nous devrions nous reposer, réduire nos activités et prendre du temps pour nous.
Dans la société rien n’est organisé dans ce sens. Au contraire on ne sait plus ce qu’est un solstice ou une équinoxe, mais la masse est prise dans une folie de black friday, de consommation, de veillée tardive, de gavage d’estomac.


Alors il reste des passionnés de la nature, qui amoureux de cette terre mère l’implore, la vénère et lors de ce solstice d’hiver vont se retirer, s’isoler pour retrouver l’harmonie.
Quoi de mieux que de rechercher la simplicité en contemplant le coucher de soleil, en appréciant avec respect la parure de cette nature.


Mon regard se porte sur ces montagnes. La luminosité du crépuscule sur ces crêtes et vallons est une invitation à l’évasion. La montagne est un aimant qui se transforme en amante avec laquelle les ébats sont toujours récompensés.



Alors juste tous les deux, autour d’un feu et d’une boisson du Dieu Bacchus , nous fêtons Yule et nous implorons l’orbe de feu de revenir demain et d’illuminer l’année qui vient.