La Mouche




En été, leur chant ou leur musique est entêtante, leur chatouillis quand elles se posent sur nous, peut nous mettre à fleur de peau.
Elles agacent à vouloir rentrer dans l’oreille ou le nez et pourtant comme pour le cheval elles ne cherchent qu’à nous nettoyer et en même temps se nourrir.
Les aborigènes les laissent autour de leurs yeux, rentrer dans leur nez ou pénétrer dans leurs oreilles, tout ce qui nous rend fous.  Mais eux, ils savent qu’elles sont utiles car elles nettoient tout ces lieux intimes, difficiles à récurer quand on a peu d’eau, pour eux la mouche est bienfaitrice.

Pour nous, elles inspirent le dégoût car on nous apprend, pas très intelligemment, qu’elles sont sales.
Donc pour les plus écolos la tapette va fonctionner quand d’autres, désirant plus d’efficacité, vont utiliser les produits chimiques aérosols qu’ils ingèrent en même temps que la mouche va tomber et agoniser dans un exécrable et sonore bzzz.
Moi aussi elle m’agace quand elle m’empêche de faire la sieste. Mais curieux, je me suis penché sur cet insecte mal aimé.


Tout d’abord, je découvre que ses grands yeux qui prennent une large place au devant de sa tête sont constitués chacun de plusieurs milliers ( environ 4000 )  de récepteurs sensibles à la lumière. Ce qui lui permet d’avoir  une vision à 360°, elle voit les couleurs y compris les ultras violets. En revanche elle voit flou, je comprends mieux pourquoi elle arrive à se coincer entre mon œil et le verre de ma lunette.
Elle perçoit 200 images par seconde alors que nous en sommes à 24. Elle voit le monde au ralenti et nos gestes les plus rapides lui paraissent lents.  Pas étonnant qu’elle échappe facilement à nos mouvements !
Oui mais quand même, elles sont sales car se posent sur des matières en décomposition et transportent toutes sortes de bactéries !
Je découvre que nos tabous ne sont pas justifiés, déjà il y a un grand nombre de mouches, peut-être que celle dont il faudra le plus se méfier, c’est la mouche bleu de viande ou la mouche verte, ma compagne du jour se nomme la mouche domestique.


Savez-vous que dans le monde, il y en a 80 000 espèces et rien qu’en France nous pouvons en croiser environ 5000 sortes différentes.
Je sais une chose, c’est que dans la nature, rien n’est inutile même si nous humain, le plus élevé dans l’intelligence paraît-il, nous nous demandons bien à quoi peut servir un certain nombre d’insectes qui nous agacent, tel la mouche ou d’autres qui risquent de nous piquer ou encore nous font une peur bleue malgré leur petitesse face aux mammifères que nous représentons.
Je me suis amusé à l’observer alors qu’elle tenait à partager mon dessert. J’ai dû m’avouer que cet animal est original et à même une certaine beauté avec des reflets bleutés et des ailes d’une finesse incroyable et d’une efficacité imparable.


Alors je fais des recherches pour démêler le vrai du faux entre des bavardages sans fondement, des rumeurs ou encore du :  oui mais on m’a dit que…
Avez-vous, avant d’abattre la tapette sur l’animal et de l’écraser comme une …, pris du temps pour la détailler ?
Vous verrez qu’elle ne cesse de se nettoyer et elle est attachée à sa propreté autant qu’un chat. Ce que confirment les chercheurs spécialisés dans ce domaine.
Ces pattes contiennent des poils sensoriels qui lui permettent de percevoir le monde qui l’entoure, odeur, température…
De ce fait, la moindre saleté, poussière ou grain de pollen perturbe sa perception d’où cette nécessité de se nettoyer.
Comme tout insecte elle peut transporter des bactéries mais la aussi calmons-nous, toutes les bactéries ne sont pas un risque pour notre santé.
Frédéric Francis, professeur en entomologie à l’université de Liège, nous informe qu’il est nécessaire de remettre les pendules à l’heure face à cet insecte qui a un cerveau performant.
Si les mouches n’étaient pas là, il y aurait de forte chance que l’on vive dans un monde rempli de détritus et de matière en décomposition.
Nous ne nous rendons pas compte de leur travail et de leur utilité. La mouche est le nettoyeur de l’extrême en plus elle est indispensable à la pollinisation et elle est un maillon essentiel à la chaîne alimentaire puisqu’elle constitue le repas de bon nombre d’animaux très variés, du poisson à l’araignée en passant par les passereaux et peut-être d’Etre mysterieux ?


Une rupture de cette chaîne alimentaire crée de suite un déséquilibre, n’oublions pas que nous en sommes le dernier maillon et certainement le plus fragile. J’en entend certain me tourner le dos avec des noms d’oiseaux en disant : arrête avec tes histoires, une mouche c’est dégueulasse et ce n’est pas elle qui va empêcher de remplir les rayons des grandes surfaces.
Ceci me prouve l’ignorance du bipède qui se croit plus fort et plus malin, mais sans insectes pollinisateurs et nettoyeurs, nourrissant l’oiseau qui avec ses pattes ou déjections ensemence la nature, l’humain très malin risque bien de se retrouver en disette.
Mais en voici une en ma maisonnette
Désirant faire sa toilette,
Avant cela elle volette
De mon dessert observe les miettes
Pour madame point de diète
Nettoyer, s’alimenter, pas de reste
Rapidement elle fait place net
La vie lui laisse dans un large geste.



La nature est passionnante, nous ignorons tant de choses et bien souvent les quelques connaissances sont basées sur des légendes, du qu’en dira-t-on. Quittons nos costumes d’a priori, alimentons notre curiosité afin d’enrichir l’admiration face à une vie harmonieuse où rien n’est laissé au hasard et enfin intelligents, nous les humains, nous cesseront gesticulation ou cris apeurés pour adopter la contemplation.

De l’insecte à la fleur, du cétacé au mammifère, pour se muer en respect car nous ne sommes que des nouveau-nés dans l’herbe fraîche de Gaïa ou seul, le respect doit nous animer.