La compétitivité

Episode 4


— Je vais t’épargner et y aller progressivement. Vois-tu Noël est déjà loin, voire oublié, les soucis de la vie et les inquiétudes de l’avenir ont repris le dessus. Seuls les enfants gardent le cœur en fête. Le soir avant de s’endormir, dans leurs yeux scintillent le sapin ou les jouets tant désirés.

— Moi dans mon cœur, toute l’année scintillent des guirlandes avec des chants joyeux, sauf quand m’arrive des moments comme ceux que je viens de vivre, alors la tout déraille…

— Je sais bien et dans ces moments je connais ton impulsivité et à toi tout seul tu vas me refaire  la révolution de1789, la Commune et mai 68 !

— Mais que veux-tu me dire qui puisse me faire tant réagir ?

— Je te disais que Noël est déjà oublié. N’as-tu pas remarqué que pour une majorité de familles l’année est marquée par quelques pauses ? Tel que cette fameuse trêve des confiseurs, puis peut-être la période de Pâques, car les gens sont satisfaits de retrouver le printemps et enfin des vacances d’été tant attendues. Passé ces moments, la morosité, la tristesse, la nostalgie l’angoisse et le ras-le-bol jusqu’à la dépression deviennent les compagnons de route d’un grand nombre de personnes.

— Là, tu ne m’apprends rien et c’est bien l’une des raisons de notre choix de vie, la simplicité. Et grâce à elle, sans effort nous ouvrons le portail sur une vallée cachée qui se trouve en nous où la joie de vivre est constante.

 

— Ce que tu dis est exact, mais il faut quand même s’interroger, pourquoi une agressivité sort du bois contre les écologistes ? Une haine montante contre tout défenseur de l’environnement, contre l’équilibre de la biodiversité, contre le bon sens qui est de protéger, entretenir ce qui nous permet de vivre.

— Et quand tu dis vivre, cela va bien au-delà de se nourrir. Mais c’est aussi l’équilibre de la santé, de l’air que nous respirons, de la qualité de l’eau et de la recherche sur de nouvelles molécules de plantes qui peuvent nous guérir.

— Les médias et dirigeants avec leurs mots instrumentent les esprits et ils ont su créer un bouc émissaire de tous les maux, Les Écologistes !

Pour celle ou celui qui travaillent dans une entreprise où la pression est plus puissante que le pilon du haut fourneau, où chacune et chacun tente d’éviter la déprime qui est plus dangereuse que l’arrivée du loup dans nos montagnes. Les grandes philosophies de l’amour de la nature sont insaisissables et certainement incompréhensibles pour eux.

Pour ce couple qui fait des efforts afin d’offrir à leurs enfants tout ce dont ils ont besoin pour être heureux.

Pour tous ceux qui vont passer des heures dans des transports où les nerfs sont mis à rude épreuve.

Pour ceux dont les reproches dans l’entreprise pleuvent et la culpabilité se répand plus rapidement que tout virus de grippe.

La compétitivité affame les salariés, les voilà qu’ils s’entredéchirent comme des lions, pour acquérir argent, avoir, pouvoir, ceux qui n’y parviennent pas sont des incompétents.
— Je frissonne à ta description, mais il y a quand même des individus qui tentent de vivre autrement et ils mettent en place des pratiques différentes, plus humaines, avec un amour pour la nature.

— Mon chéri tes belles idées continueront toujours à enflammer en moi les braises de l’amour. Mais je dois avoir une part en moi de masculinité bien développée qui m’appelle à être factuelle. Comment veux-tu que ces êtres humains aient encore un peu d’espérance, ils s’escriment et quand ils relèvent la tête, que voient-ils ? Je te le donne en mille avec ton esprit de rêveur.

— Mais enfin, laisse-moi admirer la violette du printemps, la mésange bleue qui volette dans la glycine et la biche qui se promène avec son faon.

— Et oui ! Mais combien sont privés de cette beauté ? Et si j’avais une machine moderne, je te propulse dans les mégapoles de Bangkok, Taiwan ou Los Angeles.

— Si tu veux me conduire en direction d’une dépression, c’est raté, car la fleur du coucou de son jaune me rend attentif et j’entends du haut du chêne son homonyme appeler le hibou, à ce moment la sarabande de joie est en moi.

— Dans ce cas, tu es protégé pour la suite, crois-tu que le souci de tes compatriotes se porte sur les petites fleurs que tu admires ou ces sons « étranges » que l’on ouïe dans la forêt. Je compatis à leur peine quand ils observent le service public s’effondrer alors qu’il fut le fleuron de nombreux pays.

*Les hôpitaux ne sont plus en mesure de soigner et je ne parle pas de guérir.

*Les écoles avant de parler de l’état de délabrement des bâtiments et du manque de moyen, il y a un problème éducatif.

*Les maisons de retraite sauf pour ceux ayant des coffres-forts dans les paradis fiscaux deviennent des mouroirs où il faut éviter de se rendre malgré le dévouement du personnel.

*Il va bientôt falloir un tracteur pour emprunter certaines routes.

*Les conditions de travail inquiètent et font peur à la jeunesse qui préfère rester au chaud chez les parents et pointer au chômage. Ont-ils tort ? Je ne le pense pas. Quand on fait le calcul du nombre de suicides, de dépressions et de la quantité d’antidépresseur ou de drogue absorbée par les moins de 25 ans pour résister. Ce n’est plus du courage qu’il faut, mais de la folie.

Tu veux faire réfléchir les gens alors qu’ils sont pris dans un vortex infernal aussi puissant qu’un cyclone.

— Je comprends bien ce que tu dis, mais chaque être humain est doté de dons et de forces qui permet de relever la tête du guidon.

— Ha oui ! Ceux qui veulent vivre en autarcie, qui rêvent à un autre monde et qui veulent placer leurs enfants dans des écoles alternatives ! Ceux que l’on traite d’irréalistes, voire d’écolos bobo. Mais tout est bien organisé mon mari adoré pour que ces gens soient considérés comme des hurluberlus, des ennemis du modernisme, de dangereux obsédés pour les enfants.

La mainmise des médias par les milliardaires a permis de détourner leurs thèses et celles-ci au lieu de sensibiliser font trembler les peuples qui craignent un retour en arrière de plus de 100 ans et de devoir s’éclairer à la bougie…

À suivre…

2 commentaires sur « La compétitivité »

  1. Bonjour, j’avoue que tout ceci est à nouveau tellement juste !!

    Nous voyageons en vélo avec ma compagne pendant plusieurs mois chaque année (retraite) et VRAIMENT je comprends bien votre « constat »

    Bonne continuation !

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