Episode 5
— Donc si je résume tes thèses nous sommes dans un horrible monde où l’espoir est aussi invisible que le chas d’une aiguille ?
— Le passage est compliqué, sans espoir ? Sûrement pas !
Laisse-moi terminer de te dépeindre ce tableau noir. Pour bien guérir d’une plaie, il faut la nettoyer correctement même si parfois c’est douloureux. Présentement pour mieux relever la tête, comprendre et apprécier le lever du soleil, il nous faut savoir regarder le plus sombre du tableau.
— Cela signifierait que tu veux conclure avec l’adage suivant « après moi le déluge « .
— Il n’est pas question de cela, il faut avoir l’intelligence de faire le bilan de la situation dans laquelle on est pour comprendre les femmes, les hommes, les jeunes et les enfants. Ne pas porter tout de suite de critiques violentes, de jugements négatifs, méprisants expédiant sans billets de retour au tréfonds du premier abîme ces êtres humains.
Ceux qui font des annonces devraient tourner la langue sept fois dans la bouche avant d’émettre, certes, une vérité en croyant qu’elle va faire réagir le monde.
Comment veux-tu toucher la corde sensible de quelqu’un quand tu lui dis : danger le réchauffement climatique est de +2°, les glaciers vont disparaître et cela va encore progresser.
Il habite dans la Brie ou la Beauce, les glaciers cela fait bien longtemps qu’il n’en a pas vu. Il va te répondre : cela fait six mois que nous sommes en automne, on se demande où est le soleil, +2° c’est super je vais enfin pouvoir utiliser la piscine et madame se vêtir de jupette et corsage affriolant.
Comment veux-tu sensibiliser un couple en leur disant : attention un réchauffement ou un dérèglement est équivalent à une pénurie d’eau.
Ils te rient au nez en s’exclamant, mais pour qui ? Voici des mois que l’on regarde la pluie tomber derrière les fenêtres de l’immeuble et nous n’avons plus le courage d’allumer la télévision qui ne présente que des inondations et des coulées de boue avec des drames à la clef.
Comment veux-tu inquiéter des familles entières en proclamant, danger les insectes disparaissent, ce sont des pollinisateurs nécessaires à la vie de la planète.
— Ils vont te répondre, mais tant mieux enfin sur la pelouse nous allons pouvoir nous allonger et bronzer en paix. Lors de notre dernier barbecue, nous étions envahis d’une nuée de mouches attirées par les saucisses et brochettes et deux gamins se sont fait piquer par d’horribles insectes au dard, plus perforant, que le sabre d’un samouraï japonais.
Comment veux-tu empêcher les gens de se rendre en avion dans des capitales aux illustres monuments tels qu’Athènes, Florence ou Stockholm en invoquant la terrible pollution ?
— Ils vont te montrer qu’un billet d’avion est moins onéreux qu’un billet de train te permettant de voyager de Mulhouse à Strasbourg et ce n’est pas la traditionnelle chanson :
« Catherine est une fille gentille, gentille
Comme on en voit et verra toujours
De Mulhouse à Strasbourg… »
Qui va changer quelque chose.
Comment veux-tu faire réagir le peuple en leur disant attention, la banquise de l’arctique est en train de fondre.
— Certaines dames sont invitées par de beaux messieurs pour une extraordinaire croisière qui passe par le pôle nord et va sillonner entre les icebergs. Avec une promesse, l’électronique nous assure de ne pas connaître le sort du Titanic.
Comment sensibiliser les gens et leur faire comprendre que l’augmentation vertigineuse de la population oblige les humains à envahir les terres des animaux ? Et qu’il sera temps de respecter des règles de bienséances entre eux et nous plutôt que de vouloir les exterminer. Il est largement démontré l’intérêt de garder un équilibre de la flore et de la faune si nous voulons, nous préserver une vie harmonieuse de santé.
— Arrête, arrête, je suis obligé de hurler tellement ces vérités sont criantes et me font douter de la justesse de notre choix de vie. Mais ne prend-on pas le problème à l’envers ? Et nous ignorons l’histoire.
— Déjà, j’entends des cris : l’histoire on s’en fout, on vit ici et maintenant avec des portables, des véhicules qui sonnent de partout, des avions rapides, dehors ceux qui veulent nous enquiquiner avec des humains qui ont vécu avec des peaux de bêtes.
— Tu relèves effectivement la première difficulté. Vouloir convaincre des gens méritant qui, chaque jour agissent, se battent pour que leurs enfants aient une scolarité décente. Ils besognent péniblement afin de garder leur travail et avec un peu de chance augmenter leur salaire pour payer et protéger la maison acquise si difficilement.
Vouloir sensibiliser des gens qui tous les jours passent des heures dans des transports en commun pour rejoindre un travail ou un beau matin dans un sourire narquois on leur dit : ce n’était pas la peine de venir aujourd’hui vous avez bien reçu votre lettre de licenciement.
Ce sont des dizaines, des centaines de personnes qui quotidiennement se battent pour ne pas tomber malades. Ils savent que si la santé s’envole, il n’y a plus de médecins de proximité, il va falloir se rendre aux urgences et attendre peut être la journée pour voir un médecin.
Je m’arrête dans ce menu qui n’a rien à voir avec celui d’un hôtel étoilé dont se repaissent nos dirigeants politiques et ceux des multinationales qui ne croient même pas que la misère existe, là à deux pas, dans leur pays.
Alors oui moi même je me dis comment faire pour sensibiliser les gens, pour les amener à réfléchir ne serait-ce que quelques secondes sur les canettes ou paquets de cigarettes qui jonchent trottoirs ou bords de route.
— Moi je suis écologiste et la définition n’est pas compliquée, je suis un amoureux, un passionné de la nature. Enfant puis adolescent, mon père et ma mère m’ont fait apprécier la violette au printemps, la cigogne qui caquette dans son nid, le merle qui siffle, le chevreuil qui gambade ou le sanglier qui se vautre dans sa bauge. Ils m’ont expliqué une chose qui est rentrée dans ma tête de gamin rêveur. Nous devons un respect envers la faune et la flore, car c’est nous qui sommes sur leur terrain, c’est grâce à elle que nous mangeons, respirons et pouvons agir en prévention sur la santé. Ma mère est décédée à l’âge de 97 ans et prenait comme médicament un demi-aspegic par jour.
Alors pourquoi avons-nous oublié les bases de la vie ?
Les hommes de la préhistoire jusqu’au début de l’industrialisation furent tous de grands écologistes. Sans partis politiques, sans manifestations, car ils savaient tout simplement que sans la nature ils ne vivaient pas.
Si comprendre comment est arrivée cette rupture de l’homme et de la nature, je vous invite à regarder un reportage sur ARTE, “ Le génie humain / Une brève histoire de l’automobile.
Je pense que la plupart des Hommes en dehors des industriels sont passés de la vie à la campagne avec le cheval ou les bœufs à l’invasion de l’automobile sans s’en rendre compte.
A suivre…
Effectivement la société est très fracturée et cela à été vite. Mais gardons espoir cela peut se retourner très vite en direction des manipulateurs.
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Encore une fois tout ceci est tellement vrai !!! comment dire à des personnes que les grives ( ou autres ….) disparaissent très rapidement alors qu’ils ne savent même pas ce qu’est une grive ! et oui en discutant avec les gens on se rend compte de ce fossé avec la nature en parfois UNE seule génération !!!
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