Episode 8
L’échange dans le couple que nous suivons se poursuit :
— Si effectivement savoir s’émerveiller, passer du temps à contempler la nature, c’est être arriéré et ne pas faire partie de cette société où tout doit toujours aller plus vite, nous le sommes. Rends-toi compte, mon petit fils, pour aller plus vite, écoute ses messages audios en accéléré. Pourquoi ? Gagner du temps me dit-il ! Quand je lui ai demandé pourquoi gagner ce temps, il est resté bouche bée.
— Donc tu penses, mon cher compagnon de la vie, que nous faisons partie des écologistes, des résistants pour créer un monde où l’être humain vit en harmonie avec dame nature ?
— Mais tout à fait et peu importe la couleur, ce qui compte, l’essentiel, c’est l’intention du cœur.
Voici qu’un homme les accoste courtoisement, ils doivent se connaître.
— Mes amis, je vous entends converser sur la protection de notre environnement et aussi la défense des écologistes. Mais voyez-vous, je fais partie de ces gens qui sont agacés par tous ces discours culpabilisants le citoyen.
— Mais pourquoi te sens-tu culpabilisé ?
— Par exemple, on nous ressasse sans répit le covoiturage, le covoiturage et si pour une raison impérative ou une autre, on se retrouve seul dans notre petite voiture, j’ai la sensation d’avoir commis l’un des crimes les plus graves.
— Mais ne crois-tu pas que c’est important d’être attentif à nos gestes ? Tu connais l’histoire du Colibri ?
— Alors là, laisse-moi tranquille avec cette histoire à dormir debout. C’est bien qu’une histoire, la vie c’est autre chose. Regarde le nombre de jets privés et de yachts qui sillonnent la planète. Les énormes transconteneurs qui traversent les océans pour nous ramener des objets bien souvent inutiles et fabriqués par des enfants. Ces impressionnants paquebots de croisière qui consomment en une quinzaine de jours l’équivalent d’une ville de 40 000 habitants. Alors moi, vois-tu ces donneurs de leçons de couleur verte qu’ils aillent s’adresser aux milliardaires et nous foutent la paix !
Sur ce, il tourne les talons et s’en va très agacé. Mon épouse, moins courroucée que moi m’explique.
— Je constate encore une fois que la communication est mal faite, il faut être à l’écoute et comprendre l’exaspération des gens, à partir de cette réflexion doit se construire une pédagogie. L’histoire du Colibri a un sens profond, mais pour être comprise elle ne se raconte pas comme le conte de la Belle au bois dormant.
— Ma chère, je retrouve ton altruisme, mais tu veux toujours prendre des gants pour parler. Parfois, cela fait du bien de mettre un coup de pied dans la fourmilière.
— Mais qu’y gagnes-tu ? Des gens très sympathiques qui te tournent le dos, car ils se sentent incompris. Ils vont se révolter et glisser vers des idées moins présentables et acceptables que l’on croyait oubliées. Des gens qui devraient tous adhérer à la philosophie de la protection de l’environnement. Ils n’en peuvent plus, car ils constatent une chose, on les saoule en leur demandant d’appliquer des règles de bons usages alors qu’ils voient ces milliardaires ou les rois de la politique se vautrer dans la luxure, les abus, la corruption et cela sans complexe.
— Mais que faire ?
— Rester convaincus de la justesse de notre philosophie de vie. Soyons le colibri plutôt que de raconter son histoire. Avançons en étant des exemples, le petit geste qui provoque l’effet boule de neige. Point de discours, mais des sourires, de la prévenance et de l’assurance.

— En t’écoutant je me demande, ne serions-nous pas à un tournant ? Il est temps de créer une société écologique partisane du respect de la terre mère comme l’exprimaient les Indiens d’Amérique.
— D’ailleurs sans en porter le nom et sans même savoir que ce mot existerait un jour, n’étaient-ils pas des écologistes avant-gardistes ? Voici une tirade du discours que lisait le chef Indien au gouverneur américain. Cela est criant de réalité :
« L’Homme blanc traite sa mère terre, et son frère le ciel comme des choses à acheter, piller, vendre… Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert. »
— Il était devin cet homme, les déserts s’agrandissent et que va-t-on faire de toutes ces mines à ciel ouvert, comme en Afrique, une fois que les ressources de métaux précieux seront épuisées ? En y regardant de plus prêt, les orientations politiques et économiques nous conduisent vers des terres stériles. Pourtant, les dirigeants qui se retrouvent à Davos continuent de nier l’évidence. Ils ont des rapports de scientifiques sur leur bureau tel que celui de la fondation pour la nature et pour l’homme.
— Je t’arrête mon mari, tu ne vas pas me fatiguer avec des chiffres et des textes incompréhensibles ou démoralisants.
— Non, mais il ne faut pas non plus jouer à l’autruche, tout est dit en quelques mots simples. « L’artificialisation des sols est la cause de la disparition de la biodiversité qui elle est nécessaire à notre existence physique et à notre épanouissement psychique. »
— Effectivement, la brièveté et la limpidité de ce texte nous invitent à agir et réagir !
— Je veux poursuivre ma réflexion, peut-être au risque de choquer le lecteur et de l’amener à cliquer pour quitter notre blog. Je vous dirais que je ne demande à personne de prendre comme pain béni tout ce que je raconte. Ce ne sont jamais que mes croyances qui elles même ne sont peut-être que provisoires. Je vous affirme qu’elles ne sont pas indéboulonnables, la vie n’est que changement, il y a environ 35 ans j’avais créé une association qui portait le nom de Variation. À l’époque nous avions déjà intégré dans nos vies que tout n’était que temporaire.
— Je sens que tu ne vas pas tourner autour du pot. J’espère que ton franc-parler de mâle ne va pas froisser trop de monde.
— Détrompe-toi, j’ai compris ta leçon, il faut titiller la curiosité, pour guider nos amis, collègues ou personnes de notre entourage en direction du désir de l’émerveillement, du besoin de la contemplation, de l’appétit de vivre dans le silence pour le savourer comme une gourmandise. Voilà ce qui va ouvrir l’esprit, ce qui va être source d’enrichissement.
— Chantons cela à double voix et la mienne soprano va adoucir les mœurs ! Ne sommes-nous pas nombreux à rêver à une autre société ? Certainement ! Beaucoup se sentent sûrement démunis sur le chemin à emprunter et je peux les comprendre. D’autres vont tenter de nous faire croire que c’est compliqué et qu’il va nous falloir effectuer des heures de stage à des prix astronomiques. Je ne suis pas obligatoirement opposé à une remise en cause de notre fonctionnement et à tenter de comprendre les rouages de la vie. Mais n’y aurait-il pas des actes simples qui nous permettent d’accéder à ce chemin du bonheur ?
— Toujours plus haut, toujours plus beau ! Voilà notre slogan.
À suivre…
Effectivement mais le goût de l’effort est important car la satisfaction est d’autant plus grande.
Merci pour le message !
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👍👍👏👏
chaque personne pense que de faire résistance est une contrainte ou un effort et les gens ( non convaincus) »détestent » à avoir à faire un effort !!!
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