Petit bonheur deviendra grand !


Voici un article qui crée un interlude dans mes épisodes, mais vous verrez qu’il ne s’éloigne guère de la philosophie de ces derniers.


Après une belle journée de pluie presque tropicale ici en Algarve, le soleil est de retour avec une luminosité extraordinaire qui réjouit chaque pore de ma peau. Sachant que nous en avons près de deux millions, vous imaginez la fête que cela provoque.

Alors sans bruit, je quitte le lieu de notre résidence et furtivement, prenant toutes les précautions pour n’être point vue, je me glisse de chemins en sentiers pour parvenir à une forêt de chênes liège et vert.

Le sol est couvert de feuilles, là où l’arbre n’empêche pas le soleil de caresser la terre, une herbe pousse ornée de fleurs jaunes ou blanches. Par endroit, les buissons de cistes sont bien épais, mais ils ne m’empêchent point de me faufiler.

Mes yeux scrutent et une fois qu’ils s’habituent à la flore, aux feuilles arborant différentes couleurs et souvent trompeuses, ils découvrent le Graal, un or jaune bien particulier : la chanterelle !

Ne chanterait-elle pas des ondes uniquement audibles pour moi :  » cherche, cherche, un peu à droite, plutôt à gauche regarde je me cache, mais pour t’aider je laisse apparaître le jaune de mon chapeau lobé évasé ».



Il suffit que je me baisse, je gratte feuilles et terre et après une légère rupture avec la terre mère la chanterelle est là dans ma main. Il me reste à l’admirer et à ressentir la joie, le bonheur que cela me donne.

La recherche se poursuit et la généreuse terre m’offre en compagnie des chênes, une abondance de ce champignon au nom d’origine vernaculaire. Mais l’essentiel c’est son parfum et la jouissance de mes papilles imaginant la poêlée avec de l’ail et du beurre.

Chaque chanterelle découverte me nourrit de joie. Elle se cache au pied d’un jeune chêne-liège ou alors dans une herbe d’un vert tendre, elle laisse poindre le bout de sa trompette.

Après environ deux heures de marches lentes, d’observation à tourner et à repasser presque aux mêmes endroits, j’aperçois le coquin de champignon qui joue à cache-cache.



La récolte se termine alors que le ciel s’obscurcit, c’est déjà le crépuscule !

Le cœur est joyeux pour un retour heureux et oui certains pleurent sur un monde inquiétant,  moi je vois l’instant présent ce n’est que du bonheur. La forme du chapeau, selon l’étymologie du grec ancien Kantharos, signifie coupe à boire.

Moi je bois dans cette coupe de la nature, la joie et le bonheur, l’émerveillement et la contemplation de la vie !

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