Episode 10
Fin episode 9
— Je suis pressée de savoir sur quoi tu te bases pour affirmer que le monde qui est autour de toi est agréable à vivre ? Car dès que j’arrive au marché mon panier de ménagère se remplit des histoires de torture, viol, assassinat, guerre, etc., mon cerveau s’affole et l’angoisse bloque mon organisme.
À suivre…
Episode 10
— Je vais renforcer mon argument. Pourrais-je dire ? J’enfonce le clou ! J’affirme haut et fort, ce monde est beau et voici des exemples probants !
Je ne vais pas encore vous conter fleurette ! Vous racontez des histoires d’oiseaux qui chantent des hymnes d’amour, des roses qui expriment la passion, non, je vais vous parler de la vie quotidienne avec la rencontre d’hommes représentant l’autorité.
Paysan pendant vingt ans, j’ai eu à faire à ce que certains considèrent les plus pénibles administrations, que ce soit les impôts, l’inspection du travail, le service des fraudes ou services vétérinaires, et même aux gendarmes.
Ma conclusion est brève, je n’ai rencontré que des gens charmants et compréhensifs !
Ma compagne qui m’accompagne depuis plus de 11 ans sourit.
— Mais que t’arrive-t-il ?
— J’aperçois derrière leur écran les lecteurs et leurs visages dubitatifs, perplexes, l’œil interrogatif et la bouche faisant la moue, je m’en amuse. Ils ne sont point sourds et régulièrement ils entendent ces personnes du monde agricole hurler contre les fonctionnaires inutiles et paresseux. Le seul but de ces gens, barrer la route à ces courageux chefs d’exploitation ou profession libérale… qui eux travaillent !
— Je ne crains point d’affirmer qu’une grande majorité de mes collègues en plus des noms d’oiseaux adressés à ces fonctionnaires souhaitent au nom d’une liberté illusoire leur suppression, voire leur disparition.
— Je me souviens d’avoir il y a peu de temps rencontré un paysan du Jura qui m’expliquait ceci : ce sont les normes et les règles qui permettent d’avoir du fromage de comté ou morbier de très bonne qualité. En plus, cela donne aux éleveurs de la région une rémunération à la valeur de leur travail.
— Après ce détour qui à mes yeux était nécessaire, j’en reviens à ma relation avec ces femmes et ces hommes tant dénigrés. Pourquoi ai-je pu vivre des relations paisibles ? Un seul comportement guidait ma vie : rester humain. Premièrement, je ne voyais pas arriver, des trouble-fêtes, mais des femmes, des hommes qui ont un travail à effectuer. Ce n’est pas à moi de juger la valeur de celui-ci. Deuxièmement, dans ces relations, je suis resté franc, respectueux et honnête, il en a découlé une accointance convenable, satisfaisante et certaine fois à ma grande surprise, leur tolérance m’a désarçonné.
— Comment en es-tu arrivé là ? Toi qui dès ton adolescence es un écorché vif, participe à moult grèves et manifestations traitant de noms d’oiseaux que ma noble bouche ne peut exprimer tous ceux qui proposent des lois que tu nommes peut-être à juste raison, scélérates. Parfois, tu as même fait craindre à tes proches des actes malveillants.
— Je n’ai qu’un mot : l’intelligence !
— Et bien, tu es bref et tu ne mouches pas du pied !
— J’ai passé de nombreuses années à me regarder au travers des filtres que l’on m’avait inculqués lors de ma scolarité, je les définis comme ceci : je ne suis rien et je ne vaux pas grand-chose. J’ai réussi des examens, on m’a proposé des responsabilités sans que je les recherche. Cela m’a permis de réaliser qu’il y a une différence entre une culture que l’on tartine plus facilement que le beurre pour impressionner l’entourage et l’intelligence qui permet de comprendre les expériences de la vie et de s’en sortir plus fort et avec le sourire.
— Mais enfin je connais ton parcours tu ne vas quand même pas commencer par faire comme ceux que tu dénigres. Te gloser et te brosser dans le sens du poil. Ta casaque de cheveux blancs est bien assez charmante.
— Oui sans me faire valoir je persiste sur le fait que c’est l’intelligence. Et je le dois un peu à Voltaire, écrivain philosophe du XVIII ème siècle qui disait : « La politique est un moyen pour des gens sans principes de régner sur des gens sans mémoires. » J’ai refusé que l’on règne sur moi et voulu démontrer que ma mémoire n’était pas un petit pois ! Alors je n’ai qu’une solution, curiosité et intelligence. L’intelligence de mon cerveau dont je cultive chaque jour les quelque 100 milliards de neurones qui constituent un réseau câblé très précis. Un jour, j’ai compris que toute cette rage, cette colère, cette révolte contre les gens du pouvoir ou leur subordonné ne mènent qu’à une seule chose : me rendre malade. Eux, ils s’en moquent de l’individu que je suis, ils m’ignorent et me méprisent. Alors que faire ?
— Je me le demande, car je ne vois pas bien le lien avec un monde agréable à vivre. Je connais la situation de la planète, cela me donne des frissons de crainte d’un avenir sombre. Là ou se porte mon regard, je ne vois que pollution et noirceur, je résumerais cela en quelques mots, maltraitance humaine, exploitation outrancière et irrespectueuse de la terre pour transporter, transformer, consommer et jeter. Ce n’est pas l’IA qui va changer quelque chose. Même avec l’amour que je te porte, je doute de ta manière de contrer cette catastrophe humaine.
— Et bien si ma chère, j’ignore ces personnages qui nous endorment dans des discours aux langages de bois. Certains de mes collègues ou voisins me rabâchent, mais enfin il faut quand même se tenir informé. Pourquoi ? Me suis-je demandé ? Que je sois informé ou que je n’y sois pas, est-ce que le monde va changer ? J’ai remarqué que non, ils prennent quand même toutes leurs décisions antisociales, antihumaines, antienvironnementales. Ignorant ces agressions, mon système émotionnel me laisse tranquille. Je suis plus détendu, plus heureux et c’est tout mon entourage qui en bénéficie.
— Certes, je ne peux que confirmer, et cela est bien plus intéressant que toutes prises de position virulentes qui bien souvent n’ont pas plus d’efficacité qu’un coup d’épée dans l’eau.
— Je vais mieux et tout va mieux autour de moi. À partir de là, je peux même apercevoir une lueur d’espoir dans ce ciel plus sombre que celui de l’apocalypse. C’est là que j’ai saisi la citation de Gandhi, philosophe : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. « .
Cette citation m’a longtemps agacée et je considérais ceux qui la prônent comme des donneurs de leçons. Mais ce jour, je dois reconnaître sa justesse.
— Permets-moi de récapituler, car je me sens un peu dérouté dans ton labyrinthe de vie. Tu fus presque un anarchiste, souvent tu incendiais ceux qui n’étaient pas de ton avis, tu as eu de saines relations avec la fonction publique à l’inverse des autres qui ont des problèmes. Et maintenant, tu me parles de te changer pour permettre une amélioration du monde alors qu’il y a peu tu m’affirmais mordicus que seules la lutte et la révolution étaient l’issue en citant entre autres les victoires sociales de 1936 ou 1968.
— J’ai connu des années de lutte et de colère avec des avancées sociales, mais aujourd’hui je constate que la situation régresse, que la démocratie s’envole et c’est le 49/3 qui nous gouverne. J’ai connaissance des différents rapports sur la situation catastrophique de la planète*, d’autre part nous vivons une montée au pouvoir des climatosceptiques, il y a de quoi être très très découragé.
—J’ai compris en m’observant et en observant mes camarades que toutes ces montées en adrénaline dans nos corps intéressent les énergumènes du pouvoir. Comment cela se concrétise dans les villes, villages et campagnes ?
— Facile à répondre, des conflits, des disputes, de la haine violente, des amitiés déchirées voire des familles qui explosent autour d’un débat politique. Avec le temps, cela tourne à la violence verbale et parfois même physique.
— Vois-tu, toi même tu arrives à définir le résultat du comportement de ces loustics. Le peuple se déchire et doucement en totale innocence, il glisse dans la haine, la violence. Depuis leur perchoir, ils n’ont plus qu’à faire voter en toute démocratie des lois répressives qui réduisent nos libertés et accentuent encore la haine. Du coup si je ne peux plus faire ceci ou cela c’est la responsabilité de l’autre, tiens on y revient des écologistes par exemple.
— Ne serait-ce pas ce que l’on nomme depuis des lustres diviser pour mieux régner ?
— Tout à fait, je note avec sérénité que tes neurones et synapses fonctionnent à merveille.
— L’état des lieux n’est toujours pas très encourageant, car où va nous mener ce comportement, cette violence gratuite ? Bataille rangée entre le peuple ou carrément guerre civile et là encore on sait très bien qui en sort gagnant.
— N’oublie pas, je regarde autour de moi la nature est belle et me donne de la joie, les relations avec mes amis sont cordiales et me donnent de l’espoir, mon comportement paisible avec les fonctionnaires m’offre des solutions. Mes actes insignifiants pour la nature répondent à mon éthique et me comblent. Je suis un humain apaisé et je vis la beauté ! Pas belle la vie ?
À suivre
*https://youtu.be/bCWyyBez2p4?si=66u8Zp5YsBUvp8m0
Je suis bien d’accord. Merci pour le message.
Belle soirée !
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bonjour, pas mal la distance !!!!
Il suffit pour être efficace de ne « cautionner » par nos achats que des produits ou services dont on est convaincus du bon sens !
bonne journée !
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