Un capital émotion ?

 
  Episode 17

fin épisode 16

— Je participe en ta compagnie et avec joie à toutes ces procédures, mais me viens quand même une question : pourquoi celle qui était à tes côtés et qui était elle aussi respectueuse de son corps, attentive à son alimentation et loin de tout excès, décède à 45 ans d’un cancer ? Comment est-ce possible ? Je me sens presque obligé de te provoquer en te demandant : ne serait-ce pas une bêtise ce capital santé ?
À suivre…

Épisode 17

— La professeur qui l’a soignée m’a avoué : “ je suis parfois bien désemparée face à cette maladie.” D’ailleurs, les traits de son visage exprimaient avec force sa tristesse.

— J’ai déjà entendu de tels propos, avec le même traitement, certaines personnes guérissent et d’autres décèdent. Cela prouve bien que nous sommes tous différents et qu’il est important de trouver ce qui a provoqué le déséquilibre du corps physique. Je me suis beaucoup intéressée à Hippocrate, médecin et philosophe grec. Voici l’une de ses citations qui m’est toujours restée : « avant de guérir quelqu’un, demande-lui si il est prêt à abandonner les choses qui le rendent malade ». Nous retrouvons l’inconnu, le mystère.

— Mais bien sûr, celui-ci est tout autour de nous, cessons de vouloir trouver de l’intelligible même dans le capital santé, n’est-ce pas cela qu’exprime Hippocrate ? Nous sommes bien d’accord, l’univers n’est que vibration et dans ce maelstrom de vibration il y a la partition de l’émotion. Donc nous avons aussi un capital émotion qui est maltraité de manière plus importante que celui de la santé.

— Mais ne trouves-tu pas que cela devient très compliqué ?

— Pas du tout, c’est du bon sens. Tout au long de notre vie, la circulation des émotions dans notre corps est aussi intense que le périphérique de Paris avec comme sur cet anneau bitumé des bouchons. Ceux-ci créent des nœuds, les énergies ne circulent plus et c’est ainsi que la maladie arrive.

— Je comprends, tu parles des déceptions, du sentiment d’injustice, des coups de colère, du regret, de la jalousie, de la haine, de la rancœur, du mépris ou du rejet, de l’abandon, etc.

— Mais tout à fait, ma bien-aimée et cette liste noire que tu viens de nommer croise, voire parfois s’entremêle, avec une liste plus rose telle que la joie, l’enthousiasme, la persévérance, la récompense, le coup de foudre, etc. Toutes les personnes ressentent très bien les effets de ces émotions sur le physique. Si je vis des soucis ou si je suis dans une période où tout baigne dans ma vie, mes sensations physiques ne seront pas du tout les mêmes.

— Il est important de stipuler qu’il faut accueillir avec joie cette liste rose qui permet un rééquilibrage face à la liste noire, sinon je crois que nous serions bien plus malades. N’oublions jamais que la maladie est une manifestation physique d’un état d’esprit négatif.

— Par ta réflexion, tu reviens au capital santé lié au capital émotion et nous sommes bien dans le monde subtil d’où l’on peut faire le lien avec le monde des énergies.

— Tu es d’accord que c’est un jonglage entre le positif et le négatif et certain jour c’est le négatif qui l’emporte largement. Dans ce cas, que faire ?

— Se détendre, se promener dans la nature, même un parc en ville c’est déjà bien, effectuer un bain de forêt comme dirait les nippons ou encore méditer. Tout est énergie et toi seul peux démêler les fils de ta pelote.



— Tu bottes en touche ! Comment veux-tu que je me débrouille avec tout ce magma de colère, de rancœur, de soucis, de peines et de douleurs ?

— Ma chère, ta provocation crée en moi une émotion d’agacement. Je ne vais pas avoir d’autres solutions que de te quitter pour retrouver la nature dans une promenade ou me retirer pour méditer.

— Allons ne soit pas susceptible, car cela aussi va te faire du mal. Je te connais et tu comprends très bien ce que je veux exprimer. Comment va faire une personne prise dans ses soucis quotidiens ? Tels que le travail, avec son voisin, des finances compliquées, des distorsions dans son couple ou une personne malade dans la famille, va-t-elle encore trouver du temps pour les activités que tu nommes ?

— Tu appuies sur ce que nous pourrions nommer un problème de société. Nous l’avons déjà légèrement abordé c’est : le temps. Prendre du temps pour soi devient un réel casse-tête et pourtant c’est une chose essentielle afin d’aider son corps physique à amortir tous ces chocs émotionnels.

— Pour une fois, je ne suis pas en accord avec ce que tu dis, car moi je constate de plus en plus de monde dans les salles de sport, au départ des trails ou encore aux cours de yoga par exemple. Je ne croise pas pour autant plus de personnes portant la plus belle des parures : le sourire !

— Effectivement, les pratiques de ces personnes sont déjà très bien, mais parfois les nœuds, les blocages sont puissants et très profonds. C’est certainement ce qui est arrivé à ma compagne partie de l’autre côté du chemin.

— Je vais m’éloigner de notre sujet, mais je suis toujours surprise de constater comment tu parles avec facilité de cette épreuve.

— Je ne vais pas partir sur ce sujet, car avec mes expériences et ce que j’en ai tiré je deviens loquace. Si c’est très douloureux dans l’instant, il faut prendre du recul, comprendre que la mort est le but de notre vie et qu’il n’y a pas de logique d’âge. Alors j’ai appris à considérer ces moments comme faisant partie de l’apprentissage de la vie. Aujourd’hui avec le recul, avec la mémoire des 17 années communes vécues avec celle qui est partie, je peux confirmer qu’effectivement elle devait avoir de gros nœuds tout au fond de son cœur qui la faisait souffrir. C’était sûrement la raison d’une sensibilité qui la faisait souvent pleurer. Nous avons oublié de nous en soucier, prisonniers des soucis du moment, nous avons placé cela sur le dos de différents évènements. Non, son cœur pleurait vraiment et cela s’est manifesté physiquement.

—  Notre organisme est donc super doué, il sait que ces émotions nous font souffrir, il les cache au plus profond de notre être dans un endroit méconnu de nous, il les enferme dans un coffre qu’il bloque avec chaînes et cadenas. Il ignore par contre que la force de ces émotions, doucement au fil des ans de vie, arrive à suinter à travers les parois et les voici qui petit à petit remontent à la surface.

— Et c’est bien là que nous sommes parfois surpris d’avoir une réaction violente face à tel ou tel comportement de l’un de nos enfants ou de celle ou celui qui l’on vit. En nous excusant, nous prétendons que c’est la goutte qui fait déborder le vase. On ne sait plus que c’est une vieille blessure que nous n’avons pas soignée. Cette émotion négative poursuit son travail de sape et voici qu’apparaît une douleur ou un problème digestif. Soigner et gérer ses émotions contribue à la bonne santé et rééquilibre notre système dans son ensemble.

— Je comprends que nous avons besoin d’aide et je constate que fréquemment les gens ont du mal à l’accepter. Comme c’est du ressort de la psychologie, souvent cette réponse claque comme le fouet du cocher : je ne suis pas folle ou fou. Pourtant personne ne réfute l’aide d’un médecin, d’un chirurgien puis d’une rééducation après une fracture.

— Concernant la finesse de la vie, nous restons agrippés au rationnel et refusons la subtilité des énergies. Je me suis amusé à observer au scanner ma vie de plus d’un demi-siècle et malgré de nombreux passages compliqués, équivalents à du 9a ou 9b en escalade, je me suis rendu compte que j’ai eu beaucoup de chance. Puis-je tout attribuer uniquement à la chance, me suis-je demandé ? Cela fait quand même beaucoup, c’est un peu bizarre ! J’ai été obligé de me rallier à une idée qui m’a imposé d’ouvrir en grand les portes-fenêtres de mon esprit. La chance ? Ne faut-il pas mettre notre intellect sur pause et s’ouvrir à ce qui peut paraître incompréhensible ?

— Ce questionnement de chance nous a donné des insomnies et ce fut une longue discussion nocturne entre nous. Accréditer l’idée de la chance, n’est-ce pas se plonger dans la facilité ? La chance, il faut la saisir quand elle passe, il n’y a pas lieu de se torturer. Mais alors pourquoi des jours de pas de chance ? Étais-je bien en accord avec moi-même ? Où avais-je la tête ? Ou mes idées gambadaient-elles ? J’analyse le jour ou la chance à frapper à la porte, comment étais-je en moi ? Avais-je eu une action bienveillante ? Des pensées positives ? Ne m’étais-je pas débarrassé de toute anxiété ? Et ne voilà-t-il pas que la vie me sourit ! Nous nous sommes questionnés et à la place de la chance, s’il y avait un prodige, une énergie imperceptible ? Nous parvient une autre question et si consciemment ou inconsciemment nous actionnons une manette énergie, vibration ? Nous en avons quand même déduit que, quand nous sourions à la vie, celle-ci nous sourit !

— J’en ai longtemps voulu à mes parents. Je me plaignais arguant qu’ils se sont mal occupés de moi et j’estimais que j’avais de la chance de m’en être sortie aussi bien. Avec une dose d’humilité qui éteint l’incendie que tente de maintenir l’égo, j’ai pu entendre la voix de mon cerveau qui a tout enregistré depuis ma naissance et peut-être avant ? Et que me disait-il ? Tes qualités de persévérance, de rigueur avec toi-même et surtout ton amour de la nature qui te l’a transmis ? La réponse était évidente et il n’y avait plus de place pour la chance.

— Ce travail sur soi est parfois compliqué, douloureux alors l’intervention d’un psychologue, sophrologue, art-thérapeute ou hypnothérapeute, etc., est bien utile. Leur travail ne se passe pas sur un organe, mais bien sur l’invisible. L’âme ? L’esprit ? Le cœur ? Peu importe, l’essentiel n’est-ce pas que la personne retrouve du bien-être et de la joie de vivre ?

– Le docteur Bach (Anglais né en 1886, pathologiste et bactériologiste) écrivait « un autre grand facteur du succès de la guérison est d’aimer la vie, de ne pas considérer l’existence simplement comme un devoir à supporter aussi patiemment que possible, mais trouver une joie réelle dans l’aventure de notre voyage en ce monde. »

— Tu fais bien de parler de ce médecin du début du XX ème siècle qui partait de quatre principes pour comprendre la nature de la maladie. L’un d’eux est éloquent dans le cadre de notre discussion, le voici : tant que notre âme et notre personnalité sont en harmonie, tout est joie, paix, bonheur et santé. Ces sentiments sont bien invisibles et imperceptibles.


— Et c’est bien à cette harmonie qu’il donna une partie de sa vie. À Londres, il avait un laboratoire fructueux et la notoriété, mais à l’incompréhension de ses pairs, il abandonne tout pour aller dans la campagne anglaise.


— Ce ne fut pas juste une promenade de plaisir et sa découverte surprit le monde !


À suivre…

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