Les arbres et l’univers ?



Episode 18

Fin épisode 17
— Tu fais bien de parler de ce médecin du début du XX ème siècle qui partait de quatre principes pour comprendre la nature de la maladie. L’un d’eux est éloquent dans le cadre de notre discussion, le voici : tant que notre âme et notre personnalité sont en harmonie, tout est joie, paix, bonheur et santé. Nous sommes bien sûr, dans l’invisible et de l’imperceptible.
— Et c’est bien à cette harmonie qu’il donna une partie de sa vie. À Londres, il a un laboratoire fructueux et la notoriété, mais à l’incompréhension de ses pairs, il abandonne tout pour aller dans la campagne anglaise.
— Ce ne fut pas juste une promenade de plaisir et sa découverte surprit le monde !
À suivre…

Épisode 18

— Le docteur Bach dans les années 30, apporte à l’étude des plantes la même minutie, le même don d’observation qu’il a apporté à l’étude des Humains. Il s’attache à la nature du sol, à la couleur et à la forme de la fleur, au nombre de pétales, etc. Ce n’est pas en tant que botaniste ou herboriste, mais en homme qui sait écouter la nature et comprendre son langage.


— Les résultats de ses recherches nous démontrent comment son intuition et sa sensibilité étaient développées. Il sentait les vibrations et la puissance émises par les plantes qu’il testait.


-– Sa biographie explique qu’il lui suffisait de déposer une fleur, un pétale dans la paume de sa main ou sur sa langue pour éprouver dans son corps les effets des propriétés de cette fleur. C’est ainsi qu’il découvrit trente-huit fleurs différentes qui correspondent chacune à un état d’esprit négatif fréquent chez les êtres humains. Cet état d’esprit est la cause première de maladies et d’obstacles au rétablissement de la santé. En agissant sur les émotions négatives, l’élixir floral rétablit douceur, équilibre et bien-être.


— Lors d’une formation, j’ai appris que les 38 fleurs sont découpées en sept groupes par exemple, les peurs, l’incertitude, l’abattement ou le désespoir. Une histoire, une émotion, une fleur, voilà que l’on retrouve la nature avec sa beauté et sa force.


-– Dans cette vie, ce qui est formidable, c’est que nous avons à notre portée une riche caisse à outils pour aider à l’harmonie de ce capital émotion. Il y a aussi la solution de s’entraîner comme un sportif à la méditation de bienveillance. En Asie, certains disent, si tu n’as pas le temps de méditer, alors médite deux fois plus longtemps.


— Plus nous aurons de bienveillance pour soi, pour les autres plus la vie ressemblera à ceci : imaginons que la vie soit un chemin où le promeneur est dans le brouillard, le froid et l’humidité. Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez, puis cette brume va doucement se lever, laissant apercevoir quelques rayons de soleil, mais aussi des fleurs, des oiseaux vont chanter, un chêne ou un hêtre majestueux va apparaître. Le promeneur de la vie va doucement abandonner son chemin gris de tristesse pour une vallée fleurie ou clapote un ruisseau survolé par des libellules gracieuses, sans effort, le sourire va l’illuminer, car il aura retrouvé son lien avec la nature.


-– La nature, indéniablement nous ne pouvons pas l’éviter, elle nous surprend par sa force, sa précision, sa beauté et le calme qu’elle nous donne lors d’une promenade. À son contact, il faut la laisser parler, ouvrir tous nos sens et mettre en retrait notre intellect, tel l’enfant qui lui n’est pas encore embrigadé par le raisonnement et capte des choses non rationnelles. Très vite, une phrase le remet au pas par l’autorité parentale ou enseignante : cesse de dire n’importe quoi.


— Dans ce XXI ème, nous avons acquis une énorme connaissance sur les arbres, les forêts et le bois grâce à la science. La grande question qui interpelle les scientifiques intervient quand ils réalisent que les Celtes avaient déjà connaissance de cette interaction entre les plantes et l’astronomie. Comment étaient-ils capables de savoir cela ? La surprise se prolonge quand ils découvrent leurs connaissances dans d’autres domaines tels que les plantes et leurs propriétés médicinales.


— Ces connaissances se transmettaient oralement, pour la science elles étaient considérées comme de la crédulité ou du fétichisme. Pendant des années, elles furent ignorées, car l’arbre n’était vu qu’en mètres cubes de bois ou en planches. Après observation et résultat d’études scientifiques, l’Homme doit reconnaître que ses connaissances rejoignent celles des anciens. Mais ceux qui étaient proches de la terre l’avaient-ils oubliée ? Tu te souviens de ces bûcherons en retraite qui nous donnaient des conseils pour abattre les arbres en suivant les cycles de la lune, car la qualité du bois était meilleure, ou dans certaine période idéale pour du bois de chauffage.


— C’est quand même intéressant que la science démontre que ce qui était considéré comme superstition n’en soit pas. Je suis souvent ébahi devant la stature, la puissance d’un arbre. Il me paraît impossible de passer à côté d’un chêne, mais aussi d’un hêtre, voire d’un marronnier en fleurs sans s’arrêter ne serait-ce que quelques secondes pour apprécier cette beauté. Que dire de la volupté dégagée par le tilleul quand il est en fleur ou encore du châtaignier ?


— Tu ne vas pas tous les passer en revue, mon cher, je n’ai pas besoin d’un cours de dendrologie.


— Quand je les observe, malgré leur dimension qui me semble surhumaine, j’ai la sensation que nous avons des similitudes. Les pieds ancrés sur terre et comme eux nous nous dressons vers les cieux même si notre taille est ridicule face au sapin président du Jura. Leur message ne serait-il pas : ayez une prestance, cela vous donne une allure élégante et volontaire ?


-– Tu ne penses pas si bien dire, les scientifiques ont découvert que l’arbre est en phase avec les marées lunaires. Il a des pulsations électriques et autour de ces pulsations, ils ont découvert une spirale montante et une autre descendante. Le monde vivant n’est pas uniquement centré sur la terre, il est aussi à l’écoute de l’univers. C’est fabuleux cette découverte et c’est un message pour l’Homme.


— La vie des arbres m’a toujours intéressé et même en tant que paysan effectuant du bûcheronnage et loin de toutes ces connaissances j’avais une sensibilité envers eux. Avant d’abattre un arbre j’effectuais toujours un geste amical et le remercieais de ce qu’il nous donnait. Je suis impatient de découvrir ce message.


-– Impatient mari qui ne veut point mariner, voici la réponse ; le monde végétal à deux enracinements l’un terrestre et l’autre cosmique avec des connexions et des échanges. Ce qui démontre que l’homme est enraciné dans autre chose, tout comme les arbres.

— Cela me permet avec plaisir de faire le lien avec un ami viticulteur en biodynamie. Sa vision de la vigne, mais aussi des végétaux en général est identique. Il parle d’un enracinement terrestre et d’une élévation cosmique. Cette agriculture, enseignée par Rudolf Steiner, débute aux environs de 1924, elle a un respect pour le monde du vivant. Le soin des plantes se pratique grâce à des tisanes ou des préparations dynamisées.

— Les agriculteurs ne devraient pas oublier que leur grande responsabilité est de refuser la standardisation, de protéger le vivant donc la biodiversité afin de favoriser la santé des humains. Il faut réfuter l’agriculture conventionnelle, ce mot est un détournement de sens, la réalité c’est une agriculture chimique. Celle-ci rend malade, voire tue paysans, salariés du monde agricole et en fin de chaîne les consommateurs. Respecter la biodiversité, le sol et travailler en agriculture biologique, est-ce être vieux jeu ou serait-ce un devoir ? 


— Ce qui est merveilleux et donne de l’espoir c’est que certains chercheurs, au grand dam des gouvernements et des multinationales, ont la bravoure de poursuivre leurs recherches. En Suisse ils ont perfusé un arbre, c’est une image un peu délirante, mais cet arbre avec d’innombrables sondes, donnait l’image d’une personne en soins intensifs.

-– Les scientifiques mesuraient les micros courants électriques que l’on retrouve dans toutes les plantes, un instrument a été inventé pour transcrire ce courant en sons. Ils se sont rendu compte que selon l’environnement de la plante les sons vont évoluer. Ce qui détermine que tous les végétaux ont bien une sensibilité.


— Je me souviens que l’an dernier nous avions été dans un salon où un chercheur effectuait une démonstration avec ce type d’appareil, il faisait écouter des sons particuliers venant d’une plante verte. Je crois que son explication était trop scientifique pour nous et nous sommes restés un peu dubitatifs. Cette année, on trouve un article qui parle de la bioacoustique végétale et en ce mois de mars nous nous rendons à Faro pour un spectacle en l’hommage à la femme pour le 8 mars et à notre grande surprise…


-– Ha oui ! C’était incroyable d’une beauté et d’une tendresse, cette chanteuse qui arrive sur scène avec quelques musiciens et une rose dans un pot sur laquelle des électrodes sont branchées. Les premiers sons qui nous parviennent sont le chant de la rose. Émouvant ! (vidéo à la fin de l’article)



— Ces événements me poussent à penser que la forêt ne serait donc pas une juxtaposition de végétaux, de chlorophylle ou de mètres cubes de bois ?


-– Bien sûr que non et c’est peut-être aussi l’une des raisons qui t’amène à te pétrifier, tel l’arbre, devant ce que mon histoire te fait découvrir.


— Mais tu dis des bêtises, tu viens de m’expliquer que l’arbre et la forêt sont vivants. Le bois pétrifié n’a plus de vie !


-– Il est certain qu’il faut dépasser le stade de l’arbre.


— Si j’ai bien compris, l’arbre cache la forêt, même si l’on admire un spécimen c’est bien la globalité qui doit nous intéresser.


-– Bien évidemment et on le sait maintenant qu’ils ne peuvent vivre les uns sans les autres. Les arbres se soutiennent, s’alimentent avec les racines, les échanges gazeux et électromagnétiques. Ce qui est exaltant dans les travaux des chercheurs c’est que la vie de la forêt sauvage est très subtile et qu’elle s’organise avec la flore, la faune et la fonge.


— On ne doutait point du fait que les animaux ont besoin des plantes, mais quand même de là à dire que les plantes ont besoin des animaux, je ne vois pas le principe.


-– Toujours d’après ce que j’ai entendu, des études démontrent que le chant des oiseaux et la stridulation des insectes ont un effet de croissance sur la forêt. Les arbres ont besoin de l’orchestre animal, qui facilite le développement d’une vie harmonieuse.


— Si je comprends bien cela ressemblerait aux expériences menées dans des étables. De la musique classique est diffusée, les vaches sont plus calmes, donnent plus de lait et de meilleure qualité.


-– On peut presque imaginer une forêt comme un organisme dont le cerveau serait les mycorhizes avec un entrelacs de mycélium, c’est incroyable. Les animaux sont les organes des sens. Imagine qu’un renard serait envoyé par la forêt à quelques kilomètres pour chercher des informations. Une certitude, l’oiseau migrateur qui part revient toujours au même endroit après des mois d’absence et des kilomètres de distance. Ramène-t-il un nouveau message à la forêt ? Probablement !


— Mais dit donc, mon cerveau a bien du mal à s’adapter à cette nouvelle vision, d’autre part je trouve cela magnifique et passionnant. C’est une confirmation de ce que nous pensions sans avoir d’études ; dans la nature, rien n’existe sans rien et tout est fait en accord et harmonie avec le tout.


-– Les scientifiques ont une hypothèse, la forêt serait un être avec une intelligence collective qui a des tentacules dans le monde entier.


— Les conclusions dans les temps à venir vont encore nous réserver de sacrées surprises sur l’intelligence de la nature. Une chose est certaine c’est que nous les humains sommes bien pâles à côté de cette richesse.


— Tu seras d’autant plus étonnée mon mari c’est quand je vais te parler de l’If.



À suivre…

La rose est devant le guitariste, son chant est le premier son que vous entendez.

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