Le cerveau, l’humilité, la nature !

Episode 20

Fin de l’épisode 19


— Je t’informe mon ami et confident de la vie j’ai une bonne nouvelle. J’ai lu une étude datant du début de ce siècle où des chercheurs ont découvert le potentiel de régénérescence du cerveau adulte.

–– Dis donc cela m’intéresse, car quand j’entends des gens de mon âge, voire plus jeunes souvent dire « c’est triste avec l’âge on perd la tête. »  Raconte vite !

À suivre…

Épisode 20


— Je ne vais pas te surprendre en t’informant que cela demande un minimum d’effort pour maintenir notre usine à neurones au top.

— J’aime à me dire que vieillir ce n’est pas faire un naufrage, mais cela peut être un âge d’or, alors ne me parle pas d’effort et énumère-moi les recommandations pour suivre cette voie lumineuse.

— Dans la mesure du possible, il faut se passer des psychotropes. Il est aussi primordial de continuer à apprendre, à nourrir sa curiosité. Lire, jouer de la musique, regarder des reportages, écouter des conférences et surtout s’émerveiller et contempler. Il est aussi impératif d’éviter le stress souvent lié aux pollutions visuelles et sonores.

— De ce côté je ne crains rien, cela fait 39 ans que le petit écran a quitté mon lieu de vie. Mais je vois bien ce qui se passe autour de moi, c’est un matraquage d’informations concernant l’arrivée du nouveau président des États-Unis ou d’un risque de conflit avec l’URSS. Les gens écoutent, mais comment faire le tri dans cette complexité  entre le faux et le vrai ? L’angoisse monte chez les auditeurs et cela ne changera rien, par contre le stress va agir négativement sur leurs cerveaux. Ceux qui se croient les maîtres du monde se moquent de ces quidams qui passent des heures à discuter jusqu’à se disputer.

— Il est évident qu’au sujet du dérèglement climatique et de la destruction de notre environnement, les dirigeants des multinationales ne veulent rien changer. Pour protéger leur richesse, ils poursuivent la politique de croissance avec l’assistance des hommes politiques.

— Voici ce que dit une scientifique américaine de cette catastrophe climatique organisée: “ nous sommes à la croisée des chemins, les décisions, nos comportements vont définir quels degrés de souffrance vont être infligés aux générations de demain.”

— Quoi de mieux pour avoir les mains libres qu’une diversion telle qu’une menace de guerre. Nombreux individus sont inondés d’inquiétude de peur et oublient des sujets très sérieux, comme les pôles qui fondent à une vitesse extraordinaire, les océans qui se réchauffent provoquant doucement mais inexorablement un immense déséquilibre de la planète. J’ai une belle citation de l’écrivain, philosophe et poète Paul Valéry, « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas. »

— C’est bien l’ancien médecin Luc Bodin, aujourd’hui spécialiste des thérapies naturelles, qui lance un cri d’alarme ; « dans ce contexte de peur et de violence orale, ayons des pensées d’amour afin que les ondes énergétiques contrecarrent la noirceur de ces propos. » Refermons cette parenthèse et poursuis sur le cerveau, car cela me passionne.

— Pour un cerveau alerte, il est souligné l’importance d’une activité physique. Muscler les mollets et les biceps, c’est une action pour la jeunesse de la mémoire. Le professeur Joyeux confirme en disant : des articulations dérouillées qui fonctionnent bien vont donner souplesse aux synapses de notre cerveau. N’oublions pas de garder une vie sociale, rencontrez les autres avec bienveillance, respect et simplicité c’est une bouffée d’air frais pour notre boîte crânienne. Et pour conclure, est-il nécessaire de préciser l’importance d’une alimentation saine ? On dit bien de notre ventre que c’est notre deuxième cerveau. Le microbiote intestinal a une place importante pour faire fleurir les neurones.

— Tient ne serait-ce pas le moment venu de boycotter toutes cette alimentations et boissons nocives qui nous viennent d’outre-atlantique ? Enfin me voici rassuré, car dans la description que tu donnes, je retrouve notre mode de vie. Je vais compléter celle-ci en faisant le lien avec un bain de nature, une douche de musique, une averse de chant, un tourbillon d’activités physiques et une grande dose de méditation et de bienveillance, avec tout cela non seulement j’améliore ma vie, mais aussi celle des autres. Ai-je vraiment besoin de savoir comment est orchestré le grand tout et s’ il y a un horloger ?

— Peut-être que le grand horloger n’a pas d’importance, mais je veux encore te parler d’une chose sur laquelle tu es passé rapidement, c’est l’humilité. Ce mot à la même étymologie que humus et homo que l’on retrouve dans homosapien.

— Alors là je suis captivé que peux-tu encore m’annoncer, moi qui croyais connaître l’essentiel. Tu m’envoutes tel Kaa le serpent dans le livre de la jungle.

— Sois attentif, toi qui n’as pas trop la mémoire des chiffres en voici une danse, une farandole.

— À nouveau, tu m’inquiètes, je vais en perdre mon souffle, ma chère.

— Si ma curiosité était très aiguisée pour comprendre comment fonctionne ce millimétrage de l’univers, je n’en vois plus l’intérêt. L’essentiel n’est-ce pas d’être en harmonie avec la beauté de la nature, du ciel et surtout avoir de l’humilité. Un océan d’humilité qui nous permet de nous baigner dans les vibrations de l’univers.

— Il est vrai que c’est peut-être notre difficulté de terrien l’humilité. Car nous aimons bien entendre des compliments et c’est là que l’art de la vie doit intervenir et savoir accepter les approbations, les encouragements sans que l’égo ne prenne le dessus. Si celui-ci gagne, voici l’humain agréable qui devient hautain, méprisant et sa soif de gloire est le leitmotiv de sa vie. Sans fin, il recherche l’ovation qui le lie au pouvoir et à l’argent, c’est l’engrenage du toujours plus par n’importe quel moyen.

— Tiens, cela me fait penser à un bon nombre de nos dirigeants politiques. Écoute bien mon histoire, et tu comprendras que l’humilité est une richesse. L’homme est classé parmi les mammifères, comme le gorille, l’éléphant, la musaraigne ou la chauve-souris. Il y a plus de 5000 espèces de mammifères et dix fois plus d’espèces de vertébrés qui comprennent les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons. Nous, les humains, ne représentons qu’une espèce de vertébrés sur près de 70 000, soit une seule feuille dans un bien grand arbre.

— Je crois bien que je vais regarder les arbres d’une nouvelle manière avec ton exemple. Tu me troubles et bientôt je tremble, telle la feuille quand la brise se lève, en attendant la suite de ton explication.

— Je vais te surprendre, car les vertébrés ne sont pas les plus nombreux. Il y a les plantes et les invertébrés, sache que l’on estime qu’il y aurait sur terre entre 7 et 100 millions d’espèces différentes. Plus de 300 000 espèces de scarabées ont été répertoriées. Mais les espèces vivantes ne sont pas seulement les animaux, les plantes et les champignons, il faut prendre en compte les bactéries, les virus et tous les organismes unicellulaires l’équivalent de leur espèce pourrait atteindre, écoute bien ! Les 1000 milliards.

— Alors là tu m’as perdu, je suis toujours dans mon arbre et l’importance de tes chiffres ne me parle pas. Peut-être vont-ils me faire frissonner et vais-je tomber de ma branche ?

— Si un individu misait à la loterie sur l’humain lors du tirage au sort, sa chance serait minuscule de gagner et de tomber sur son choix. L’Homme ne pourra certainement jamais répertorier la diversité inouïe qui vit sur cette terre. Et dans cette immense forêt se trouve une feuille qui se pense centrale, alors qu’en toute objectivité elle est pour le moins insignifiante.

— En toute humilité, je ne prétendrai pas que l’homme descend du singe, car petite feuille que je suis en descendant de mon arbre, si j’ai bien compris, je représente les 8 milliards d’habitants de la planète.

— Ne tremble point comme cela, car je vais conclure sur une réalité qui doit faire réfléchir tout individu ayant un peu la tête sur les épaules. Dans les années 1800, nous étions moins d’un milliard. Les homo habilis remontent à 2,8 millions d’années et les Homo sapiens à environ 300 000 ans. Partant de cette dernière datation, voici une balance de chiffre qui n’a pas besoin de commentaires, il faut environ 300 000 ans pour que l’on soit un milliard et 225 ans pour augmenter la population de 7 milliards.

— Et en plus, ils oublient qu’ils sont une petite feuille dans un océan pas étonnant que la planète craque de partout !

— J’en conclus que Matthieu Ricard a raison en précisant que notre ligne de vie c’est la bienveillance envers soi, envers autrui, envers la nature, alors nous n’aurons plus qu’à pousser la porte du paradis dont parlent les scientifiques. Les oiseaux chanteront, les insectes danseront, leur bourdonnement réjouira les arbres qui pousseront dans une luxuriance, les récoltes seront abondantes. L’Homme cafardeux, déprimé, triste se promènera dans cet eldorado, alors dans chaque buisson, dans chaque arbre, dans chaque oiseau ou fleur, il trouvera la présence divine, ainsi il se reconnectera avec la paix dans son cœur, une joie de vivre et l’équilibre sera revenu.

— À t’écouter, je suis atteint d’une illumination ! Si l’objectif de notre présence sur cette terre ce n’était pas justement de rétablir cet équilibre ? Pour cela, l’Homme ambitieux passe par les méandres des souffrances, guerres, famines, épidémies, esclavagismes anciens ou modernes et un jour il se pose une question, essentielle, incontournable ! À quoi sert ma présence sur cette planète bleue ? Quel est mon rôle dans ce monde ? Pourquoi suis-je…

— Je te coupe la parole, excuse moi ton questionnement me conduit dans une fièvre ardente d’interrogations. À quoi je sers ? Ai-je une utilité ici-bas ? Me battre ? Tuer mes frères ? Les mépriser et gagner beaucoup d’argent ? Polluer ? Être irrespectueux, tout méprisé, bafoué ? Et après ? Une fois que je suis dans le trou ou incinéré, à quoi cela a servi ? L’héritage, pour mes enfants qui vont s’entredéchirer ?


À suivre…

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