La satisfaction personnelle

Suite de l’article sur l’effort

Un proverbe tibétain dit ceci « Si la peur frappe à ta porte et que tu as le courage de l’ouvrir, tu apercevras que derrière il n’y a personne. »




Un jour, que je défrichais un terrain et libérais des arbres prisonniers d’une gangue de ronces, genêts, lierres…etc, j’entendis de nombreuses personnes s’exclamer, mais quel travail, tu en as du courage !

L’arbre libre eut à nouveau tronc et racines illuminé par le soleil, je pris du recul pour l’admirer, à ce moment un fort sentiment de libération me gagna, un sentiment d’aisance pour cet arbre qui certainement me remercia.

À ce moment je n’avais pas la moindre sensation d’avoir travaillé, ce qui me submergeait c’était ma satisfaction et celle de l’arbre.

Ces victoires, cette joie interne, cet enthousiasme de la vie, cette fierté qui donne l’énergie, la force de recommencer le lendemain ; c’est l’immensité de la satisfaction personnelle.

On peut avoir une certaine satisfaction personnelle car l’on se retrouve sur un podium, on fait la une de la presse ou des médias ou encore quand les abonnés des réseaux ont une progression exponentielle, cependant la satisfaction personnelle est un sentiment intérieur puissant, certainement différent d’un individu à l’autre.

La satisfaction personnelle c’est une joie, un bonheur intime qui pour moi procure une émotion de douceur, de tendresse ou les larmes de plénitude sont irrésistibles.

La satisfaction personnelle nourrit le corps et l’esprit, c’est une caresse divine.

La satisfaction personnelle peut arriver lors d’un défi important pour lequel on aura effectué des sacrifices, mais aussi pour une chose que certains nommeront d’anecdotique. Il m’est déjà arrivé après une action anonyme ou seul face à la réussite de me retrouver dans un état de contentement inexplicable, voire euphorique.

L’essentiel c’est de vivre cette sensation, de la ressentir de s’y prélasser je dirais l’apothéose c’est de pouvoir la partager dans le couple ou avec un cercle d’amis.

La satisfaction personnelle c’est un sentiment que l’on garde au chaud en soi et que l’on bichonne cela lui permet de durer et de se renouveler. Celui qui permet quand on est jeune de gagner en maturité et quand les rides marquent le visage de ne pas être vieux.

La satisfaction personnelle est l’une des plus grandes richesses de la vie. Tout individu ne connaissant pas cette satisfaction ou tente de l’atteindre, dans le mépris de l’autre, est un être de misère.

Je suis désolé et inquiet quand je constate qu’une majorité de personnes de 7 à 77 ans est prise de la frénésie de la peur de l’effort, peur de la persévérance. Que signifie encore la joie pour ces gens ? Est-elle juste la source de l’acquisition matérielle ?

Suis-je arriéré ou incapable de m’adapter à la mode, à ce monde qui évolue vite ? Peut-être même trop vite. Mais sommes-nous certain qu’il va dans le bon sens.

Va-t-on dans le bon sens quand de plus en plus d’individus ne sont pas heureux dans leur travail, dans la société ? Quand les guerres et violences sévissent de toute part ?

Je ne suis pas opposé au modernisme quand celui-ci libère l’Homme de travaux harassants.

Je ne suis pas opposé au modernisme quand celui-ci libère du temps à l’humain pour qu’il s’adonne à l’art, à la culture ou au sport.

Dans ma vie de paysan lors des foins, je suis passé de la botte moyenne densité de quinze kilogrammes à la balle ronde. Cela m’a soulagé d’un énorme travail de manipulation et de stress pour me permettre de disposer de temps libre pour moi, avec ma famille. Du plaisir minuscule comme prendre le temps de déguster une gorgée de bière.

Quand je regarde dans la globalité, j’ai la sensation que le modernisme actuel asservit encore plus les femmes et les hommes. Ce n’est pas la société qui ne vas pas, c’est l’humain qui comme le lion affamé se jette sur tout nouveau objets modernes en le sacralisant.

Albert Einstein disait : « le problème n’est pas l’énergie atomique mais le cœur des hommes.»

Quand il y a moins de sens de l’effort, le corps physique est rapidement fatigué, la rapidité des réflexes est ralentie. Dernièrement, j’entendais que sur Netflix, 90 % des séries étaient hors du concept humain.

L’ouverture d’esprit, la réflexion qui permet une certaine compréhension des évènements et qui guide vers la bienveillance demande un effort de l’esprit.

Le seul guide est la peur, la crainte qui permet à des gens de pouvoir pas très honnêtes de profiter instantanément du système sans se soucier d’un probable futur.

Voilà la sensation que me donne ce modernisme que l’on essaie de nous faire croire comme essentiel pour notre existence, pour notre bonheur alors que de ce mot a été vidée de la beauté de son sens.

Je constate une mutation de la société, il y a 50 ans les gens terminaient leur vie usée par le travail et à 60 ans il n’était plus possible de leur donner un âge. Actuellement, la société est affectée par de nouvelles maladies graves atteignant la jeunesse et la dépression est devenue une maladie normale du monde du travail.

Ce modernisme qui a des qualités aurait dû soulager les êtres humains. Sans recherches scientifiques, juste avec mon bon sens et l’observation, on est passé d’un mal être physique et très patriarcal à un mal être moderne.

Mais alors vivre avec son temps, qu’est-ce ?

Souvent, j’entends : toi tu n’es pas à la mode !

Qu’est-ce qu’être à la mode ?

Est-ce vivre à contre sens d’une société qui court vers un précipice ? Ou est-ce se réjouir, car on se précipite vers un miroir aux alouettes, un bonheur éphémère qui entraîne dans une spirale d’esclavagisme ?

Vivre avec son temps, à la mode ne serait-ce pas abandonner son éthique de vie ? Afin d’obtenir une fausse approbation d’une majorité de moutons, voire d’imbéciles !

L’effort, la persévérance, la joie intérieure qui donne sens à la vie, ne serait-ce pas cela la sobriété heureuse ?

Quel que soit l’âge, se nourrir de persévérance et d’effort en menant à bien des projets, garder une activité physique et intellectuelle, ne serait-ce pas cela le bien vivre ?

N’aurait-on pas oublié que le délice, la douceur, la tendresse de la vie, être aux anges, c’est quand l’on est comblé de satisfaction personnelle ? Cela donne une joie indicible qui devient une nourriture quotidienne pour poursuivre une vie, le sourire au visage.

Se diriger vers le tremplin final dans l’enthousiasme, la bouche pleine d’énergie et de rires où les rides ne sont qu’une apparence qui ne cachent pas la jovialité. Un être radieux, heureux de rester en accord avec lui et refusant d’adopter un costume chic à la mode dans lequel il n’est pas à l’aise. 

C’est cela la satisfaction personnelle !

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