Propriétaire



Avec Laetitia nous voici propriétaires, qu’est-ce que cela peut bien signifier ?
J’observe que le rêve de beaucoup de personnes est d’accéder à la propriété. Avoir son lopin de terre donne une sensation de réussite et en plus, il est bien agréable de se sentir chez soi, dans un cocon douillet.
Mais que signifie posséder quelques mètres carrés ou plus ? Cette terre m’appartient et je fais ce que je veux ? Je coupe les arbres, je bétonne, je mets des pavés et peut-être même de la pelouse synthétique pour ne pas avoir à tondre, je transforme ce lieu comme je l’entends ?
Peut-être, mais ne jamais oublier qu’une poignée de terre contient plus d’êtres vivants qu’il n’y a d’hommes sur terre. Les plus petits organismes remplissent des fonctions importantes pour toute la société.
Alors avant de bétonner, de pelleter, réfléchissons et si cela est nécessaire, faisons-le avec un immense respect.
J’installe un muret, un grillage et pourquoi pas surmonté d’un barbelé pour que la clôture devienne infranchissable. Si un malfrat tente malgré tout de pénétrer, il y aura des caméras et un détecteur de mouvement qui va déclencher une alarme qui retentira pour effrayer l’intrus et tant pis si cela affole les voisins.
Je peux comprendre cette protection dans un monde où les images diffusées au quotidien ne montrent que violence et désastre. Alors que d’autre part cette acquisition s’est faite au prix de tant d’efforts.
Mais de quoi sommes-nous propriétaires ?
De la terre ?
Combien de morceaux de terre sont en friche ? Pourtant, un jour, ils ont eu un propriétaire qui était réjoui de posséder cette parcelle. La descendance n’habite plus la région, elle a oublié l’acquisition de l’ancêtre et ce bout de terre est abandonné. Parfois il sera récupéré par les administrations pour développer avec force, béton, goudron afin d’agrandir une zone commerciale ou encore des voix asphaltées.
Est-il possible d’être propriétaire de la terre ? À qui appartient-elle ? Ne resterait-elle pas la propriété de la planète bleue ?
En tant qu’humain de passage pour un temps insignifiant, je me permets de vous rappeler que notre espérance de vie est de 😯 ans face aux joyaux de la planète qui a 4,550 milliards d’années.
Nous sommes propriétaires à peine le temps d’un clin d’œil en comparaison à la durée de vie de la terre. Voici qu’en si peu de temps je vais peut-être abîmer, déranger, déséquilibrer, car le respect de la terre mère ne sait pas transmis.
Voici une citation de Silvain Tesson qui explique en quelques mots.
« L’Homme déboula sur la Terre,
Zigouilla les bêtes,
Fissionna l’atome,
Traficota le gène,
Modifia les organismes,
Acidifia les sols,
Plastifia les mers
Et barbouilla l’atmosphère.
Tout cela en si peu de temps : quel talent !
Puis il nomma « nuisibles » ceux qui ne participaient pas à l’entreprise. »

Allons-nous, avec l’acte de vente sous le bras, participer à ce massacre  ?
Ne devrions-nous pas plutôt parler d’un acte de responsabilité ?
Notre responsabilité pour ce lopin de terre ne serait-elle pas de préserver la nature, de maintenir l’équilibre de l’écosystème ?
Dans ce monde un peu fou où tout doit aller vite. Ou chacun veut voyager plus loin que l’autre. Découvrir des coins cités comme exceptionnels dans les guides publicitaires ou encore réaliser des défis afin de se vanter en tout lieu public, nous nous sommes demandé quel était notre rôle ?
Que souhaitons-nous comme monde ? La réponse fut simple : un monde de respect, de bienveillance tant entre les hommes qu’envers la faune et la flore.
La solution dans ce cas est aussi simple, devenons des exemples. Une dune est constituée de milliards de grains de sable, une vague est constituée de milliards de gouttes d’eau.
Constituons la planète de milliards d’humains qui veulent une autre société, un autre monde.
Utopiste ? Peut-être, mais l’utopie ne serait pas ce qui rend la vie palpitante. S’engager dans quelque chose qui parait impossible, mais si l’on n’essaye pas… ?
Au fait, je risque quoi d’essayer ? Passer pour un fou ! Cela fait bientôt 70 ans que ça dure, je vais bien alors pourquoi changer ? Pourquoi ne pas poursuivre et rendre ma vie palpitante, peu importe l’âge ?
Nous avons fait le choix certes administrativement nous sommes propriétaires, mais moralement, spirituellement nous sommes responsable de 6000 mètres carrés.
Nous avons la joie d’entretenir et de nous agenouiller sur le sol et respirer ses effluves, cet humus qui révèle à notre cerveau l’histoire de l’humanité.
Nous avons la responsabilité de prélever certaines plantes pour laisser la place à d’autres, de libérer les arbres des adventices qui les empêchent de s’épanouir.
Nous avons la responsabilité de garder des zones de friches, de couper les fleurs une fois qu’elles sont en graines.
C’est ce projet que nous nous sommes fixé. Ce retour à la terre va nous offrir de quoi nous nourrir au travers de légumes, mais aussi d’une diversité d’arbres fruitiers.
Ceux-ci vont nous offrir l’ombre quand le soleil sera trop chaud et nous apporterons l’humidité ou la pluie.
Savoir s’occuper de la terre, des oiseaux, insectes et fleurs c’est aussi savoir accueillir non comme une charge de travail, mais comme un contentement les fruits qu’elles nous offrent.
L’union avec la terre et son respect c’est une vie d’émerveillement et de contemplation.
Voilà le nouveau projet qui nous anime.

Quelques photos.

Un olivier avant
Toujours avant
Après 🤩
La grâce
La précision
La beauté de la fleur et de l’insecte
Vue d’ensemble

Laisser un commentaire