Réveil du matin avec le lever de soleil, mais un vent fort et froid nous oblige à prendre le petit déjeuner au chaud.

Rassasier nous voici prêt pour une balade qui doit nous creuser l’appétit pour le repas de midi.
À nouveau, la flore va nous époustoufler, ici les chardons sont nombreux, mais c’est un terme générique qui désigne de nombreuses espèces de plantes épineuses.

Certains sont trompeurs et nous les nommons chardons alors que ce sont des centaurées bordées de noir que nous trouvons en Europe seulement au Portugal et en Espagne.

L’observation conduit très souvent vers des surprises, tel cet insecte qui se confond avec ses ombelles de thapsia. Par contre pour retrouver le nom d’un insecte c’est très compliqué. Pour moi ce pourrait-être un sirex de la famille des hyménoptères.


Depuis un point de vue, notre regard se porte jusqu’à l’océan, mais ce sont ces roches usées par l’érosion qui nous impressionnent.


L’euphorbe des garrigues, observée de prêt, est surprenante, on peut s’imaginer des poussins se cachant dans le feuillage.


Enfin, la flore illumine notre sortie, heureusement car rapidement le ciel s’assombrit alors que nous empruntons le chemin des moulins.


Existaient sur ces crêtes plus de 50 moulins. Si certains sont entretenus, il n’y a en plus qu’un seul qui est encore en fonction pour moudre du blé. La farine produite va servir à la fabrication du pain pour un restaurant proche.
Ce qui est très surprenant, ce sont les jarres accrochées aux pales des hélices qui émettent un chant bien particulier selon leur grandeur. Le but n’est pas d’effrayer un oiseau, mais cela permet au vent de mieux s’engouffrer pour entraîner les voiles.



Nous redescendons au niveau de la mer pour une courte promenade sur la presqu’île de péniche,

puis direction l’intérieur des terres et découverte du village Obidos. Cette ville est réputée pour l’excellent état de conservation de son rempart.
La crête rocheuse à servi d’oppidum par les Celtibères, au Vème siècle apr. J.-C. ce sont les Romains qui sont à l’origine de la ville. Au VIII ème siècle, elle fut occupée par les Maures qui construisirent une première muraille. Ils furent expulsés en 1148. Le château a été bâti au XIII ème siècle.
Les Portugais en 1527 améliorent la muraille qui est détruite par le fameux séisme de 1755, elle fut restaurée par la suite.

Dans l’enceinte, des murailles se trouvent un labyrinthe de ruelles et de maisons blanches bien préservées. Cette ville fait partie de l’une des 7 merveilles du Portugal.

Elle est charmante et intemporelle, c’est un musée à ciel ouvert, mais toujours habité par des autochtones
Surtout, n’hésitez pas à déguster la ginja, liqueur très parfumée qui tire son nom de la griotte locale, c’est une recette qui provient d’un monastère depuis le 17 ème siècle.
Le projet Obidos ville littéraire est le projet de la mairie et d’une librairie. L’objectif est la promotion de la culture et de l’écriture à travers l’organisation de festivals. En 2015, l’UNESCO considère Obidos comme une ville littéraire. D’anciens espaces, abandonnés, retrouvent à partir de ce moment une nouvelle fonction qui débouche sur l’ouverture d’un ensemble considérable de librairies thématiques.

Il est évident que dans ces différentes tanières de reliure, l’écrivain que je suis a trouvé son bonheur. « L’histoire du Portugal contemporain de 1890 à nos jours « écrit par Yves Léonard qui propose un voyage depuis la chute de la monarchie, l’arrivée de la république puis de la dictature, la révolution et le retour de la démocratie avec les blocages sociétaux et économiques. Cela répond tout à fait au curieux que je suis et qui souhaite mieux connaître ce pays où j’ai décidé de vivre. Pour compléter la collection Laetitia va se régaler avec un livre « A Horta-Jardim Biologica « sur le jardinage au Portugal écrit en portugais.
Nous passerons notre nuit en bordure du Lagoa de Obidos.
Nous observons le héron cendré, stoïque, les pieds dans l’eau attendant le poisson imprudent s’aventurant proche de son long bec. Un groupe de spatules plongent leur bec plat pour trouver quelques gâteries dans les fonds boueux. Mais quand la nuit s’installe qu’elle n’est pas notre surprise et notre joie de distinguer une danse de minuscules clignotements.
Ce sont les lucioles qui par ce signal lumineux tentent d’attirer un partenaire.
Voilà une belle journée qui nous mène de la montagne à la mer en passant par l’histoire et la culture livresque, pour terminer par une minutieuse danse d’éclats lumineux.