Aveiro



Au réveil sur les rives de cet étang, je suis fasciné non seulement par le calme, mais ce qui éblouit mon regard matinal c’est ce magnifique reflet des arbres dans la transparence de l’eau. Comme quoi l’essentiel de l’émerveillement est dans la simplicité.



Nous saisissons notre courage à deux mains et il y a des jours où l’on doit aimer se faire souffrir, car nous prenons la direction d’un antre à touristes.

Nous voici à Aveiro, la petite Venise du Portugal. Le nom fait rêver, nous avons déjà visité Venise qui est une perle de la planète. Je connais la petite Venise de Colmar qui est bien entendu la plus belle puisqu’elle est dans ma ville natale. Je crois que Bruges en Belgique empreinte aussi cette dénomination et c’est aussi une très belle ville. Alors Aveiro doit être du même acabit et nos yeux vont se régaler.

Stupeur, déception, nous nous retrouvons le long d’un canal moderne qui traverse des centres commerciaux.

Seule originalité, les ponts qui franchissent le ruban d’eau sont eux ornés de rubans qui se vendent dans bon nombre de boutiques des alentours. Les amoureux y indiquent nom, prénom et la date de leur rencontre, est-ce que l’amour est éternel pour autant? Enfin, le geste est symbolique et sympathique, de plus il m’est une certaine ambiance, voire un cachet dans un milieu inintéressant.



Sur ces canaux déambulent, non pas de charmantes gondoles allant nonchalamment au gré des flots et du chant romantique du gondolier, mais des moliceiros, imitant la forme d’une gondole. Elles se déplacent à une vitesse qui ne permet pas d’observer grand-chose, enfin avec Laetitia nous en rigolons, car il n’y pas grand-chose à observer.



Notre gourmandise nous impose de découvrir la spécialité locale, une chanson dit : Si vous allez à Rio, n’oubliez pas de monter là-haut ! Depuis ces moliceiros où les guides parlent fort, nous avons perçu ceci, si vous allez à Aveiro, n’oubliez pas la gourmandise locale.

Nous poussons notre aventure jusqu’au marché couvert où aux aguets tel l’aventurier dans la jungle se méfiant du jaguar, nous guettons le vendeur du fameux dessert le « ovos moles de Aveiro ».

Nous sommes prêts à en découdre avec la foule sauvage de curistes du dessert renommé. Personne, la voie est libre et les précieux Ovos nous attendent. Laetitia dégaine le porte-monnaie pour l’alléger de l’énorme somme de 1€60 pour deux de ces friandises. Nous ne prenons pas le risque d’en acheter plus, car serait-ce comme la fricadelle ? « Dans le ch’nord, la fricadelle tout le monde sait c’qu’y a dedans, mais personne ne l’dit ». En tout cas à la peser c’est bien léger, du pain azyme avec à l’intérieur de la crème d’œuf, rien d’explosif gustativement et cela ne vaut pas plus que ça ne coûte ! Pour le plaisir du touriste voici une vieille marmite où la mixture était préparée et les moules qui sont encore utilisés, chaque pièce est séparée manuellement avec des ciseaux ?



Déçu nous repartons en faisant un détour par la gare où les azulejos sont magnifiques. Les cars de touristes après avoir récupéré leurs brebis à la sortie du bateau, les lâchent une dizaine de minutes devant le bâtiment ferroviaire pour quelques photos.

Nous devenons des spécialistes pour prendre un cliché sans personnages bedonnant ou même parfois madame accroupie nous présente sa culotte blanche.



Décidément, notre regard aujourd’hui aurait préféré être atteint de myopie sauf…

Sauf quand de retour dans la nature nous découvrons cette petite fleur que nous admirons et nous serons d’autant plus étonnés quand nous l’identifierons « Campanula lusitanica ou campanule Portugaise. “



Notre cœur bat d’autant plus fort quand nous apprendrons que c’est une plante rare, dispersée en petites populations le long de la bande côtière sud-ouest et sud du pays et endémique de cette contrée. Elle est vulnérable avec un risque d’extinction et est sur la liste rouge de la flore du Portugal.

Nous vibrons de joie lorsque nous découvrons que nous en avons une sur notre terrain.

Bientôt de nouvelles pérégrinations à suivre sur notre blog !

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