Dans mon dernier article, je parlais du saut du loup, dont vous avez découvert quelques photos.

Cette visite n’a pas été sans nous désolé.
Cher lectrice et lecteur, tu connais notre sensibilité à l’environnement, à l’équilibre de la biodiversité, à l’avenir inquiétant que nous les humains nous nous réservons sur cette petite boule de terre perdue dans l’univers.
Car c’est bien pour nous qu’il faut s’inquiéter. Une scientifique américaine déclarait il y a peu de temps ceci : selon « notre » comportement (« notre » c’est nous individuellement, mais aussi collectivement) nous décidons quel degré de souffrance nous allons infliger aux générations de demain.
Il faut avoir conscience que chacun de nos actes impacte négativement ou positivement la merveille qui nous accueille : la terre !
Certains doivent se demander, mais que vient faire le « saut du loup» dans cette histoire ? Pour profiter du coup d’œil sur cette attraction naturelle, cela nécessite une descente de deux kilomètres sur une piste en terre. Arrivée au parking, on marche à peu près 300 mètres pour dominer le fleuve et admirer sa chute.
En moyenne, les visiteurs restent une dizaine de minutes et remontent cette piste.
Avant cette piste, il faut emprunter une petite route sur plusieurs kilomètres.
Dans une période où sans exception nous connaissons les impacts des déplacements, de la présence humaine (déchets abandonnés, etc.) sur l’environnement, la question est simple : est-ce judicieux d’autoriser cette circulation, l’arrivée de personnes insolentes envers le lieu pour un plaisir éphémère ?
C’est-à-dire quelques photos ou vidéos postées sur les réseaux.
Ne serait-il pas plus sérieux de laisser la nature livrée à elle-même ?
Nous aussi, nous avons été attirés par le plaisir de s’extasier devant un phénomène naturel, la force du fleuve, le chant de l’eau qui s’engage dans le goulot, puis l’observer repartir doucement. Apprécier ces roches torturées par des millénaires d’érosion.

C’est bien un cadeau que nous fait la nature alors pourquoi s’interdire ce plaisir gratuit ?
N’est-ce pas avec ce type de réflexion que des sites sont saturés et deviennent payants (l’exclusion par l’argent) ou dans certains cas interdits ?
N’est-ce pas avec une telle réflexion que des sommets, des glaciers, des océans ou des îles désertes sont transformés en décharge ?
Nous ne sommes pas là à culpabiliser, mais il faut réfléchir à nos décisions. Il est pour nous, pour notre bien-être, important de ne pas se laisser avoir par les attractions des prospectus touristiques.
Ce n’est pas la faute des autres, il faut savoir assumer son manque de perspicacité pour ne pas renouveler l’erreur. Nous aurons peut-être même le droit à des quolibets de certains, mais peu importe l’essentiel est de se sentir bien avec son propre comportement, d’être fier de soi.
Pour enfoncer le clou, cette particularité géologique se trouve dans une zone de réintroduction du Lynx Ibérique. Il ne faut pas avoir fait de grandes études sur la faune pour savoir que le lynx est un animal qui a besoin d’espace. Plus de 200 km² pour le mâle et environ 150 pour la femelle.
Que venons-nous faire sur son territoire avec des engins à moteurs bruyants ? Et la désolation c’est d’en voir certains se croire au rallye du Portugal sur cette piste, enveloppant ses congénères touristes d’une poussière dont ils sortent gris.
Oui, nous en sommes sortis gris de tristesse d’avoir participé à ces absurdités touristiques.
Nous plaidons coupables et avec plus de réflexion, nous aurions pu nous organiser différemment et descendre à pied par exemple.
Se tromper arrive à tout le monde, l’essentiel c’est de savoir le reconnaître et chaque jour améliorer notre relation d’amour avec la planète.
C’est comme dans un couple, il arrive que l’on se prenne le chou. L’intelligence est de comprendre pour que l’événement ne se reproduise pas.
Concernant la planète, on ne peut compter que sur nous puisque le leitmotiv de beaucoup de personnes c’est de consommer les lieux touristiques.
Comment ne pas s’inquiéter alors que début août nous aurons consommé ce que la planète peut nous donner en un an ? Après on vit à crédit, cela ne peut durer éternellement.
C’est bien tout le problème d’un monde fini où l’on veut une croissance infinie…
Alors ce questionnement que nous avons eu ce n’est pas de l’autoflagellation, c’est du bon sens. C’est être responsable et s’aventurer sur le chemin de la sagesse « la sobriété heureuse « .
Nous, les humains, nous avons quand même tendance à rechercher l’exceptionnel. Certains vont dire c’est humain, peut-être, mais n’est-ce pas rechercher une joie, un bonheur alors qu’il suffit de lever les yeux et voici un nuage qui prend la forme d’un oiseau.
Et si la beauté déclenchant l’étonnement ou la contemplation était tous les jours autour de nous ?
