Une victoire amère.








Voilà une équipe de foot qui gagne. Des milliers de supporters sont heureux et c’est la fête ce samedi soir et dimanche. Sur les réseaux un peu partout, on ne vante que la gloire des joueurs.

Le président de la République lui-même les félicite en utilisant un langage de jeune, je remarque qu’il fut moins vif pour dénoncer les atrocités de Gaza.

Mais en réalité ne devrait-il pas déclarer ce dimanche journée de deuil national ? Pourquoi ? Voici les faits.

À Dax, petite ville tranquille du sud-ouest, la fête bat son plein quand des cris s’élèvent, un gamin de dix-sept ans vient de se faire mortellement poignarder.

Comment cela est-il possible ? Ne sommes-nous pas plus sauvages que l’homme des cavernes ?

Le procureur dément toute implication du meurtre avec la fête, pourtant c’est bien dans ce cadre que l’acte a eu lieu. Enfin, il faut bien désamorcer du mieux que l’on peut tout ce qui pourrait gâcher ces instants.

La chair, l’âme, le cœur d’une famille se retrouvent avec une plaie béante pour le restant de leur vie.

À Grenoble cette fois-ci, c’est bien dans le cadre des festivités, une famille est décimée. Pris dans l’euphorie de la fête, un jeune chauffeur n’arrive plus à contrôler son véhicule, un dérapage et voilà l’horreur. Quatre personnes blessées, une mère, ses deux fils jumeaux dont l’un est dans une situation critique et sa nièce.

Comment peut-on fêter la victoire de douze gugusses alors qu’en ce dimanche des vies sont brisées, anéantis ?

Je suis outré, scandalisé de voir tous ces sourires, d’entendre tous ces slogans alors que des familles sont en deuil.

C’est cela la fête du foot ? Cela fait trop longtemps que ça dure sous le trop criant silence des dirigeants, des gouvernants.

Certains d’un revers de main diront c’est la vie, c’est comme ça, on y peut rien et de l’autre main ils saisiront leur canette pour continuer la fête.

C’est là que se situe notre responsabilité, ne pas laisser parler notre émotion, notre colère face à ces drames, ne pas partager la douleur de ces familles.

Moi aussi je fus un fan de football, supporter assidu du racing club de Strasbourg. Quand les débordements ont commencé, quand j’ai vu ce que gagnent les joueurs, j’ai vite compris qu’il ne fallait pas compter sur les dirigeants pour agir. J’ai boycotté ce sport pas obligatoirement de gaieté de cœur, mais j’ai une éthique. Suis-je moins heureux pour autant ? Sûrement pas, je suis fier de suivre mes principes du respect de la vie d’autrui.

J’ai aussi une pensée pour les responsables de ces actes. On peut dire qu’ils ont ce qu’il mérite, peut-être ! Mais leur maman, leur papa, sœur ou frère, amis d’enfance ont une peine indicible et ceci pour des années.

Ce qui m’interroge : comment une société moderne peut-elle arriver à de tels drames ?

Le devoir des hommes d’État n’est-il pas de marquer ces événements avec une décision forte afin que plus jamais cela ne se reproduise ?

Nous sommes comme les Romains durant leur décadence, du pain, des jeux mais plus de réflexion, plus de sentiments.

La fin c’est pour bientôt, cette société va s’effondrer tel l’Empire romain.

Je conclus sur une citation de George Orwell, 1984 :

« Les films, le football, la bière et, surtout le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile… »














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