Une historiette pour un bien vivre ensemble


J’avais envie de vous parler et de partager ma tristesse concernant les événements mondiaux, nationaux et environnementaux.

Mais cela devient tellement lourd, écœurant, un fatras de mensonges, d’hypocrisie, d’ignominie. Des dirigeants qui se croient surdoués, car ils sortent de grandes écoles et gagnent des millions. De leurs bouches ne sortent qu’affabulations, forfanteries et contre-vérités, pour eux il n’y a pas de valeur humaine et encore moins de respect. C’est affligeant et cela devient exécrable au point que sans effort, les larmes inondent mon visage.

En ce XXI ème siècle à ma vue, aucun argument n’est valable pour motiver un conflit et tuer des enfants, des femmes, des malades. Nous devrions être le siècle de la négociation, de la sagesse. Non, certains préfèrent la mort et me revient cette citation de Paul Valéry :  » une guerre ? Des hommes qui ne se connaissent pas et qui s’entredéchirent pour des hommes qui se connaissent. »

Alors je fais le choix de m’amuser et un amusement réussi est un amusement partagé.

Chut🤫 !

Mais que m’arrive-t-il ? Dame perdrix aurait-elle des dons surnaturels *1 ? Ou veut-elle me conseiller pour me débarrasser de l’intrus le sus scrofa ?

Je me suis transformé en Obélix, courant dans la forêt, doublant le sanglier. L’animal ressent un choc violent et comprend ce qui vient de lui arriver lorsque son âme, avant de rejoindre le paradis des sangliers (si je vous assure, cela existe), aperçoit que le corps qui tourne au-dessus d’un feu dans la clairière, c’est le sien. Le coup de poing de ce gros bonhomme à la baie rayée qui chante avec son équipe de sauvages, l’a fait passer de vie à trépas et il va maintenant régaler la bande de villageois.

Décidément cette perdrix à plus d’un tour dans sa besace me voici en Tintin, obligé de trouver une technique subtile pour éloigner le sanglier sans lui faire le moindre mal.

Pour le reporter rusé, rien de compliqué, le porcus s’apprête à rentrer sur le terrain d’Amandoeira pour s’amuser à défaire le travail effectué avec passion par les propriétaires. Que se passe-t-il ? Un monstre inca sort d’un buisson avec des bruits de grelots et de clochettes épouvantables. Le bestiau ne prend point le temps de réfléchir, demi-tour à vitesse maximum. Il n’ose point se retourner de peur d’apercevoir à ses trousses cet horrible personnage, un couteau dans les dents et un sabre à la main prêt à l’occire.

Deux jours plus tard, il court toujours et plus bête que le corbeau, il vient de se jeter dans la gueule du loup, car il arrive dans la clairière où un groupe de Gaulois se prépare à la fête. Bien embarrassés, ils se rendent compte qu’il leur manque un sanglier et ne savent comment consoler leur ami Obélix vexé. Il est appuyé contre un majestueux chêne et pleure comme une madeleine avec dans ses bras son fidèle ami Idéfix qui tente de le calmer.

Le sanglier comprend que la situation est dangereuse pour lui, surtout quand il voit arriver dans sa direction un petit bonhomme aux longues moustaches courant plus vite que son ombre. Il s’attend au choc inévitable et c’est le son d’un tintement qui lui parvient, il se dit c’est fait, impossible de ressusciter dans ce pays, me voici à nouveau dans l’autre monde.

Quel étonnement quand il voit la fée clochette qui avec sa baguette transforme sa queue en tire bouchon en hélice qui lui permet de s’élever dans les airs. Un petit avion rouge l’attend et le sanglier n’a plus qu’à saisir le manche pour s’élever dans les airs. Le nabot rugit toute sa colère, de sa vie il n’a jamais vu cela et ce doit être un mauvais présage, le ciel va leur tomber sur la tête.

Le cochon sauvage est habitué à courir les bois, manger des glands ou des vers, mais se retrouver dans les airs à batifoler avec les oiseaux, les papillons et les libellules, il en est tout distrait. Il s’emmêle les pattes dans le matériel de bord et voilà que dans un piqué il termine son voyage sur une plage. Estourbi, il reprend vite conscience quand il aperçoit un marin avec une pipe et des biscotos impressionnants. Pour être musclé comme cela il doit manger de la viande s’inquiète le sanglier. Déjà, il cherche de quoi s’enfuir quand une gente dame du nom d’Olive l’invite à rester. Le sanglier sent le piège, amadouer par les yeux en olive de la demoiselle avant que sa queue ne se remette en tire-bouchon (celle-ci ne prend cette forme que lorsque le cochon à du stress) un couteau lui aura tranché le cou. Quelle surprise quand il voit le marin écraser dans sa main une boîte d’épinards et avaler le contenu goulûment ! Dans un grand éclat de rire il rassure le sanglier en lui disant : je suis végétarien, viens allons faire une promenade en bateau.

Le cochon des bois se dit c’est ma journée de chance après un voyage en avion me voici sur la mer. C’est à ce moment qu’un bateau de flibustier se pointe et vent debout fonce sur le rafiot de Popey. Quand les pirates se rendent compte du capitaine, il est trop tard et le marin après une demi-douzaine de boîtes d’épinard transforme leurs bateaux en une minable boîte d’allumettes.

Notre sanglinou (et oui à force il est temps de lui donner un petit diminutif) revoyant dans une autre vie son corps tourner sur une broche, ne demande pas son reste et saute à l’eau pour rejoindre la terre. Et oui ces bêtes-là ça sait bien nager aussi. Sur la plage, il n’attend point la suite des évènements et retrouve son domaine de prédilection, la forêt.

Il court, il court le furet, mais non je me trompe de registre, car notre sanglinou passe bien par ici puis le revoilà par là enfin il s’arrête devant une chaumière. Il a faim, mais s’aventurer n’est-ce pas un peu risqué, si c’était le logi d’un ogre ?

Pas du tout, voici dame perdrix qui l’invite à déguster une bonne potée de pommes de terre et des châtaignes avec non pas les sept nains, mais ses sept perdreaux.

Sanglinou est ravi, c’est l’un de ses plats préférés.

Tout en mangeant la bouche pleine, car personne n’ignore qu’un sanglier mange comme un cochon, il s’en moque, cela concerne son cousin !

Donc la bouche pleine, il raconte ses aventures et se plaint que tout le monde lui veut du mal.

Dame perdrix lui conseille d’être plus attentif, délicat en lui disant :
— Que veux-tu avec ton groin tu laboures et déterres tout. Même si tu es souple avec ton quintal tu es maladroit et ne fais pas attention aux petites fleurs.

Il se retourne vers la perdrix d’un air interrogatif et lui dit :

— c’est quoi que tu me causes, des fleurs ?

Lui qui paraissait rustre tombe en larme pour exprimer.

— Personne ne m’aime, c’est juste ma viande qui les intéresse.

La perdrix lui propose de lui apprendre le bien vivre ensemble. Si un jour vous voyez un sanglier qui se promène au côté d’une perdrix qui lui apprend le respect et l’attention, vous arrêterez de vous moquer de mon histoire. Bouche bée, vous serez obligé de consentir que c’est bien vrai.
La paix entre les peuples et l’acceptation de la différence, c’est possible !

Dans un texte comme celui-ci, il n’est pas obligatoire que tout ait du sens, l’essentiel est de s’amuser avec un monde irréel et de rendre l’événement distrayant avec un zeste de moral.🤔


*1 voir mon article de ce blog :  Plus rusé que le renard, du 14 juin 2025

4 commentaires sur « Une historiette pour un bien vivre ensemble »

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