Je pleure !






Quand j’étais petit, on me disait : 


— Ne pleure pas tu es un homme !


— Ne pleure pas, tu es fort !


— Ne pleure pas tu n’es pas une fille !


— Ne pleure pas tu es un dur !


J’avais 35 ans, dans l’ascenseur de l’hôpital alors que je pleurais, car le professeur venait de m’informer que mon père était en fin de vie, un membre de ma famille me dit  : mais enfin, tu ne vas quand même pas pleurer !


Au fil des jours, au fil des cours d’eau de la vie, du ru au torrent, du ruisseau à la rivière enchanteresse, du fleuve à l’estuaire, j’ai fermé mes vannes, robinets, écluses. J’ai tout fermé et luttant contre moi-même, je me suis redressé dur comme la roche. Je croyais être le plus fort face à moi, mais l’humain était en moi.


Alors j’ai fait du bruit, la fête, les filles, l’alcool, la lutte syndicale, surpassée, la douleur dans le sport.

Puis un jour c’est mon épouse qui est décédée alors là impossible de retenir les flots de larmes. Une dizaine d’années plus tard, c’est un fils qui s’en va dans l’immensité de l’inconnu à nouveau des chutes d’eau.

Je me dis c’est fini, ce n’est plus possible, je suis sec comme le raisin de Corinthe.


Mais l’eau s’infiltre, l’eau s’insinue, la porosité de l’oya humidifie le terrain et celui-ci devient tendre, meuble, alors la sensibilité, l’émotion, et l’amour retrouvent leur place.


Oui aujourd’hui je pleure, je ne sais pas toujours pourquoi, mais je pleure. Pas des larmes de crocodiles, des vrais qui mouillent les joues et laissent des traces. Non seulement je pleure, mais j’ai le courage de vous le dire.

Je pleure de tristesse face aux violences des hommes et des guerres. Je pleure de joie, face à la beauté de la Traviata ou l’originalité de l’insecte.

Si quelqu’un peut me donner son nom ! Merci.




Je pleure face à la gentillesse des amis, à la douceur de mon épouse ou aux pensées que m’envoient mes enfants.


Oui, je suis assis le long du fleuve vie et je regarde passer la violence, la souffrance, les famines et je pleure. Je vois ces femmes afghanes, ces esclaves africains extraire dans les pires conditions des métaux précieux et je pleure. Je vois nos dirigeants milliardaires se pavaner dans des vêtements aux prix insensés et nous mépriser alors ma sensibilité et mon émotion poussent les larmes hors de mes paupières.

J’entends parler d’un Américain (je ne salirais pas mon texte en le nommant) dont le nom commence par M comme le mot de Cambronne.

À lui tout seul, il pollue la planète plus que tous les habitants du continent africain, dixit Aurélien Barrau, astrophysicien.

Alors, comment ne pas pleurer de désœuvrement sur la race humaine ?


De temps à autre ma tête se tourne et j’aperçois un rayon de soleil. Un humain qui montre la délicatesse de la nature à son enfant, un jeune qui caresse le visage avec tendresse de son aïeul dans un respect indéfectible.


Pendant un temps, les larmes cessent et l’espoir renaît et si justement l’avenir était là ! Asseyons-nous tous ensemble sur le bord de ce fleuve vie et pleurons devant cette existante affligeante. Pleurons et donnons-nous la main avec gratitude, pleurons jusqu’au moment où une lumière illumine ces larmes et lui donne des éclats de joie.


Les larmes vont sécher, les insensibles vont être terrorisés face à leur propre horreur. L’émotion les effraie, la force des larmes exprime plus que toute colère, insulte ou bombe. Alors ils vont se sauver et de nos larmes séchées vont s’épanouir des sourires, l’amitié, l’amour, la paix, la joie d’être ensemble sur cette terre qui est le trésor de notre vie.


Alors je pleure encore un peu, mais l’espoir est dans mon cœur, venez me rejoindre sur le bord du fleuve pour illuminer la vie.

7 commentaires sur « Je pleure ! »

  1. Merci Ghislaine, beau résumé !
    Je me dis qu’il faut réveiller les sentiments des gens qui dans ce monde sont enfouis derrière des mots sans émotions.
    Prochain article sur les mots.
    Bises à vous deux

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  2. Pascal, mes parents se moquaient de moi, de mes pleurs de joie, de révolte ou de tristesse. Malgré leur raillerie, j’ai continué à pleurer toute ma vie, je pleure comme toi devant la misère, la pauvreté et le dénuement des peuples sous les bombes…je pleure d’amour dans les bras de mes amis…pleurer c’est vivre intensément

    [image: photo de votre conseiller en immobilier]

    Ghislaine AUBRY

    Conseillère en immobilier

    EI – Agent commercial – RSAC BAR LE DUC – n°823 276 381 00022

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    ghislaine.aubry@safti.fr

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