Florilège Pyrénéens


     
Je connais peu de monde qui ne soit pas subjugué par l’immensité des panoramas de la montagne et cela que l’on aime la randonnée ou non.



La montagne attire, attise, aspire, elle devient irrésistible et même celui qui, assis dans une plaine, la contemple sans prendre conscience du temps qui passe, va finir par y faire quelques pas. Grimper une crête ronde, un pic rocheux se promener dans une forêt romantique de feuillus dans tous les cas, la montagne intrigue le curieux, l’amoureux de la nature.


Chacun y va de son pas, soit lent ou rapide, lourd ou léger prenant le temps avec des pauses ou emprunte un rythme pressé, car le chemin est long. En solitaire pour bénéficier du calme et s’octroyer un bain de quiétude. En couple pour un partage intime, ou encore en groupe afin que les rires résonnent sur les cimes.



Il y a aussi le coureur de montagne dont le regard jongle entre les pièges du sentier et un coup d’œil pour profiter de la vue.
Mais quelque soit le principe, l’émerveillement est au rendez-vous et la force du saisissement face à la grandeur, à l’infinitude ne laisse indifférent l’humain dont les yeux s’écarquillent et le cœur comme le parapente vole en silence.


La forêt habille les bas étages de la montagne et dans ces premiers contreforts il faut être à l’écoute des arbres. Les scientifiques Ernst Zürcher ou Francis Hallé nous parlent aujourd’hui de l’intelligence des arbres. Rien d’étonnant que ma compagne souhaite se mettre en symbiose avec ce prestigieux chêne.

De là, il n’y a qu’un pas pour rejoindre les esprits de la forêt montagnarde et n’y voyons pas d’être maléfique, mais dans la paréidolie de cette roche, observons une sorcière protectrice afin que la randonnée soit bénéfique pour le corps et l’esprit.

Ce chemin qui sent bon la fougère ou le buis voici qu’un bouquet d’arbres nous ouvre une fenêtre sur les pics proches.



Il va falloir que l’on s’élève pour rencontrer leur impériale prestance.

La montagne c’est la forêt, les roches, les ballons et les pics rocheux, mais que serait-elle sans rivières, torrents et cascades ?
Son eau d’une pureté incroyable, depuis des millions, voire des milliards d’années, modèle le paysage et ce n’est pas parce que je viens de poser mes pas qu’elle s’arrête, après mon passage sur cette terre l’eau fraîche, cristalline et musicale poursuivra son travail.



Mais par les temps qui courent, les torrents chantent encore pour combien de temps ? Les agriculteurs croisés avec qui il fait bon faire causette, s’inquiètent de trouver de moins en moins d’eau dans les alpages et chaque année de se voir dans l’obligation de descendre les troupeaux plus tôt.

D’ailleurs le jaunissement avancé de la fougère ou encore de nombreux feuillus tels que le noisetier ou le hêtre qui commencent déjà à perdre leur parure comme si l’automne avait fait son entrée avec une ou deux gelées, nous prouve que la situation hydrique n’est pas au beau, mais que le beau est peut-être trop beau et surtout trop chaud.


Nous ne tenons pas rigueur au soleil mais à ces altitudes faut-il se méfier de ses rayons ou des erreurs humaines qui dysharmonisent la couche d’ozone ? C’est toujours avec un certain saisissement que nous contemplons son coucher.



Les jeux de lumière qu’il nous propose sont poignants. La nuit s’installe et sur les flancs des montagnes les lumières des villages scintillent pour nous projeter à la vitesse de l’étoile filante et nous faire miroiter la douceur de Noël.


Au petit matin, ayant un peu traîné dans les bras de Morphée, déjà l’astre du feu haut dans le ciel nous éblouit en se reflétant sur la blancheur des faces rocheuses.



Dans le fond de la vallée la barre de montagne nous estomac par la représentation de sa puissance.





C’est avec entrain que nous empruntons le sentier, sa pente est sans répit et le cœur bat la chamade transformant les jambes en coton dans certaines rampes.



La montagne c’est aussi le plaisir des gouttes de sueur qui coulent sur le visage, le sens de l’effort et la persévérance avec sa farandole d’enchantement qu’est la satisfaction personnelle, lorsqu’en relevant la tête apparaît le lac de Lhurs à 1707 mètres d’altitude.



Notre sentier de retour sillonne au milieu des rocailles, le lieu idéal de camouflage pour la marmotte. Elle nous offrira la joie de se signaler par son cri strident et à force de scruter la paroi nous finirons par l’apercevoir de manière furtive.



Si je vous dis que Laetitia taille une bavette, ne croyez pas qu’en cachette elle a occis un bovin et qu’elle découpe la partie basse de l’aloyau, non, elle sympathise simplement avec une splendide génisse Gascogne.





Certains disent que tous les chemins mènent à Rome ici, nous trouvons que tous les chemins nous conduisent au pied de barres rocheuses impressionnantes.



Toujours la même question : que représentons-nous face à cette immensité ? Comme nous pouvons nous demander : que représentons-nous face à la petitesse et joliesse de la fleur ?


Sur ce plateau de Sanchèse, les chevaux sont comme des poissons dans l’eau.


À 1100 mètres d’altitude c’est une plaine qui se présente à nous, fermée par un cirque rocheux, le labyrinthe nous propose d’atteindre les cieux sans monter plus longtemps.


Dans son chant, le torrent félicite l’équilibriste, il nous annonce la perle de la journée, une cascade cristalline dont le bassin à des reflets bleutés.





On peut faire comme l’on veut, face à l’immensité, nos yeux curieux détectent son opposé.




La randonnée c’est se mouvoir dans un espace infini, c’est la splendeur du sentiment de liberté dans un milieu grandiose, la nature.

2 commentaires sur « Florilège Pyrénéens »

  1. Bonjour Françoise,

    Merci de me suivre. Cela me fait plaisir de savoir que j’ai une fidèle lectrice.
    Merci aussi pour les compliments sur le blog et sur l’article des Pyrénées.
    Effectivement le secteur est magnifique et nous avons eu de la chance avec la météo.
    La montée au lac de Lhurs est raide mais ça va 5 km.
    Cela fait déjà plusieurs fois que nous nous arrêtons au camping de Bedous. Nous aimons beaucoup cette petite commune où le camping est sympa. Il y a quelques bons commerces. Entre autres un boulanger bio et un beau marché le jeudi matin.
    Bonne lecture encore à toi.
    Cordialement.
    Pascal

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  2. Bonjour je suis régulièrement votre blog que j’apprécie beaucoup. Le dernier sur les Pyrénées m’a touchée car j’ai découvert la beauté du cirque de Lescun en Aout. Que d beaux paysages même si je n’ai pas beaucoup randonné En voyant vos photos, je me suis promis de rrevenir y randonner un jour. Merci pour votre blog qui exprime ce que je n’arrive pas toujours à faire. Bonne continuation à tous les deux

    Françoise Charras

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