On m’a parlé d’originalités à découvrir dans la région, c’est bien tentant de s’y rendre en ballon. Depuis les airs, survoler la plaine et ces villages sillonnés par tant de rivières, observer les villes, leurs vieux quartiers et le quadrillage des ruelles ou encore dominer les sommets vosgiens et ses forêts sombres où vit le cerf, roi du territoire.

Je me laisse égarer par cette lecture d’enfance « cinq semaines en ballon « .
Le rêve me transporte et me voici devant l’un des plus beaux monuments d’Alsace : la cathédrale de Strasbourg.
Avec son unique flèche, on la voit de très loin, c’est un peu le phare de la région, mais surtout une grande fierté pour tous les autochtones.

Le tympan est longuement admiré par des millions de visiteurs et pourtant ; qui remarque les statuts profanes ou païennes ?

Observez bien à gauche, le bouc avec une belle érection et un peu plus à droite un enfant fait pipi sur un personnage qui nous montre son beau troufignon. L’histoire dit que c’est en rapport avec un curé de la cathédrale qui aimait bien les petits garçons. Ceci est démenti par l’Église catholique.

Enfin, réconcilions-nous avec les instances religieuses en admirant la rosace.

Face à cette cathédrale, à l’angle de la rue mercière depuis 1567 se trouve le pilier mesureur de bedaine ou Büchmesser.
La tradition nous dit qu’à cette époque les membres du conseil de la ville devaient mesurer leur bedaine après moult ripailles auprès des corporations de métiers lorsque ceux-ci prêtaient leur serment civique.
Il faut passer de profil dans les 35 cm séparant l’angle de la maison et le pilier. Celui qui ne passe pas, halte à la charcuterie, choucroute, bière, etc., c’est l’heure d’un bon régime.

Alelor, l’artisan de tous les accords n’existait pas encore à cette époque pourtant la marque aurait été appréciée non pas pour un serment, mais un accord parfait avec tous ces mets. Alelor c’est 150 ans d’histoire et la rencontre entre la moutarde et le raifort d’Alsace.
Une délicieuse gamme de condiments est proposée pour accompagner les plats des gourmets.

Même si je passe encore le Büchmesser, je vais réfréner ma gourmandise pour cela quoi de mieux que d’aller dans l’un des villages de potiers, Betschdorf. Les poteries de ce village se caractérisent par leur grès verni au sel, agrémenté d’un décor au bleu cobalt fait main. Que ce soit d’un style traditionnel ou contemporain, il y en a pour toutes les générations. Il est bien rare de ne pas trouver une pièce qui ne ravisse pas les yeux.

Voici un village où les fenêtres s’ouvrent sur la rivière qui depuis des siècles chante, si aujourd’hui elle est joyau de décoration où chaque pont à son originalité, des périodes pas si anciennes elle était nécessaire aux lavandières, pour abreuver les bêtes et bien d’autres activités.

C’est aussi une invitation pour admirer l’architecture locale.



Dans le nord de cette Alsace, impossible d’éviter Haguenau, quatrième ville de la région avec sa maison de la chancellerie édifiée au XV ème siècle, l’un des derniers vestiges du pouvoir impérial de la ville.

Tous les regards se portent sur la façade, l’ancienne porte en bois et l’horloge astronomique.


Mais qui aperçoit ce drôle de personnage niché dans une ouverture sur le pignon de droite ? Il est affublé de grandes oreilles, d’une barbe pointue et d’un regard de faune, il surveille la rue.

Le musée historique est un bâtiment construit entre 1900 et 1905 de style néo-renaissance pour abriter de riches collections qui témoigne de l’histoire de la ville et de la région. À l’angle de l’entrée du musée se trouve la sculpture représentant Frédérique Barberousse quand à la céramique du fronton elle représente la cour de l’empereur.

Mais je préfère les personnages qui passent un peu plus inaperçus et qui décorent les descentes de gouttière.


Pour conclure cette flânerie, je veux vous parler d’une tradition.
Nombreux, quand on parle de l’Alsace, font le lien avec un symbole solidement ancré, la cigogne. Pourtant il est un autre oiseau qui est une image forte dans la tradition, l’oie.
Ces palmipèdes et leur proximité avec le milieu aquatique ont longtemps fait d’eux des intermédiaires entre le monde des humains et celui des esprits.
Les artistes créent de nombreuses représentations sur de la vaisselle, des statues ou autres objets de décoration. Ces représentations sont venues alimenter l’imagerie populaire.

L’oie partage un rôle identique à la cigogne, la légende raconte :
C’est l’oie qui va chercher les bébés dans les sources et fontaines aux enfants.

L’oie faisait partie intégrante du paysage rural et chaque village possédait un troupeau d’oies confié à une gardienne. L’élevage de ces dernières dans les campagnes représentait une importance économique jusqu’à une époque récente.
Pour l’instant celui qui joue un rôle économique ce sont les volailles de Bruno Siebert, elles occupent même les ronds-points, automobiliste attention de ne pas les écraser et piétons vu leur taille méfiez-vous, une attaque reste envisageable !
C’est ainsi que se termine cet égarement, si vous avez aimé n’oubliez pas de mettre un j’aime.
