Dans un contexte où la technologie et la rationalité dominent notre quotidien, il est essentiel de réintroduire la sensibilité et l’émotion au cœur de nos réflexions. L’émerveillement et la contemplation n’en seraient-ils pas les piliers ? Ces sentiments sont les germes de l’espoir !
Ne devrions-nous pas réenchanter notre rapport au vivant ? Ne serait-ce pas le moment dans ce monde où prime la consommation à des prix dérisoires camouflant l’esclavagisme de femmes, d’hommes et d’enfants, de créer des passerelles entre le rationnel et le sensible ? La nature contrariée ne serait-elle pas, blessée par la laideur, le mensonge et l’indifférence ? Notre âme ne serait-elle pas altérée par ces comportements ? Notre éthique qui n’est pas commandée de l’extérieur, mais guidée par notre cœur, n’est-elle pas étouffée ? Il faut se nourrir de la beauté, la vérité, la paix et l’amour et c’est cela que nous propose la nature. N’aurait-elle pas une dimension spirituelle et artistique ?

Prenons le temps de lever les yeux sur la canopée, de caresser l’écorce d’un arbre, d’écouter le bruissement des feuilles, n’avons-nous pas oublié la place essentielle de la flore et de la faune dans notre vie ?
Il est temps d’inspirer toutes les générations à respecter et préserver la biodiversité pour célébrer la beauté et la complexité du monde végétal.

Redevenons peut-être comme l’enfant qui ne cesse de s’étonner devant un insecte ou une fleur, il ne cherche pas obligatoirement à comprendre ou analyser, il accueille juste la beauté de l’instant.
Qu’est-ce qui peut le mieux nous réveiller de l’engourdissement de ce monde où seule la vitesse compte, si ce n’est l’émerveillement et l’étonnement ?

Ne serait-ce pas le moment de nous mettre en harmonie avec notre environnement, le comprendre afin de lui apporter altruisme et compassion ? Ce n’est pas une utopie, mais une nécessité pour les générations à venir d’avoir une attitude de compassion qui s’étende à tous les êtres sensibles, fragiles et vivants de la planète.
Chaque fois que le vivant s’épanouit, il en fait profiter tout son environnement.
Est-ce que le bourdonnement des abeilles est important pour les fleurs ? La réponse semble être non, car la fleur ne peut entendre.

Et pourtant, des scientifiques ont découvert que le bourdonnement des abeilles stimule les fleurs. La teneur en nectar et en sucre a augmenté chez des fleurs qui ont profité du bourdonnement alors que ces éléments étaient moindres pour celles qui en étaient privées.
Comme le disait Marc Aurèle empereur et philosophe romain « ce qui n’est pas bon pour la ruche n’est pas bon pour l’abeille. « Comprenons que ce qui n’est pas bon pour notre environnement, pour la terre qui est notre maison, n’est pas bon pour l’humanité.
Comment comprendre que l’Homme moderne se moque à ce point de l’équilibre de la nature ?
Cette beauté, cette harmonie ne peut-être qu’un miracle, soyons comme des pionniers et découvrons avec notre spontanéité, celle-ci doit nourrir un étonnement qui nous conduit à l’extase et au respect.

Nombreux sont ceux qui souffrent, nous avons des lunettes déformantes qui nous font voir un enfer, alors que la beauté de la vie nous attend, pour nous donner de l’espoir et de l’enthousiasme.
Ne serions-nous pas en train nous, les humains de nous trompés de chemin en confiant notre avenir à la puissance des machines ? La nature nous montre l’harmonie, la lenteur, la force, la réussite et l’espoir. Elle fonctionne comme un métronome depuis des millions d’années avec une organisation et une précision que seul l’Homme est capable de dérégler.

Là encore, la nature nous démontre sa résilience et son espoir, après un incendie qui a ravagé des centaines d’hectares, elle repousse, verdit, fleurit, embellit plaines et montagnes. Après le conflit de 14/18, les terres des champs de bataille étaient ravagées, la première fleur qui est apparue était un coquelicot.
Lors du Covid, alors que l’homme est enfermé, les dauphins reprennent possession de la lagune de Venise et bien d’autres animaux s’installent dans le centre des villes.
Il est impossible de faire taire la vie. On peut bâillonner un homme, on ne fera pas taire le vent, on peut emprisonner des peuples, on n’empêchera pas les marées, c’est cela la vie. Comment des individus emprisonnés dans des conditions les plus terribles gardent en eux une braise de l’espoir qui les aide à s’en sortir ? Dans ce cas, on parle de survie, mais nous avons oublié l’étymologie de ce mot qui en latin « supervivere » signifie « vivre au-delà» , le préfixe super marquant la supériorité. Avoir l’énergie de vivre après un événement, c’est bien de l’espoir que naît cette force.

Cette braise est enfouie sous les sentiments de peur, d’angoisse, de colère, de jalousie, de cupidité qui souffle en tempête dans notre société. Il faut trouver le courage, l’ennemi de la peur pour réanimer cette étincelle d’espoir. Personne n’ignore qu’il suffit de souffler sur une minuscule braise avec persévérance pour tout à coup voir une flamme qui nous illumine et qui apporte une immense satisfaction, un bien-être.
La nature nous encourage à souffler sur cette étincelle pour que le beau, le grandiose et l’espoir fassent vibrer nos cellules.
C’est ce qui naît en moi à la vue de ces arbres en cet automne qui s’habillent des couleurs de feu rehaussées par l’ensoleillement.

L’extase est mon unique réaction alors que les grues haut dans le ciel manifestent leur joie de redescendre vers le sud.
La compassion, l’admiration et l’amour pour cette nature pour la terre mère s’élèvent en moi, c’est l’espoir d’un changement du comportement de l’être humain qui s’élève du plus profond de mon être.