Nombreux sont ceux qui dans mon environnement souffrent en silence de ces mots injustes et je saisis mieux le sens de cette phrase
«Les mots créent des maux. »
À suivre
Ces comportements destructeurs de l’âme sont complétés par la compilation de réflexions sournoises, de piques bien placées qui petit à petit font leurs œuvres dans un plus grand silence. Je n’y prenais point garde, un peu comme une petite éraflure sur la carrosserie de l’automobile, je me disais « oh ce n’est pas grave» en laissant filer. Cependant, d’éraflures en égratignures, la voiture perd de sa valeur. Me concernant l’accumulation des difficultés m’empêche de cicatriser ces minuscules lésions auxquelles viennent s’ajouter les blessures des flèches empoisonnées, mon cœur souffre. La fierté me conduit à refuser de voir l’accumulation de ces traumatismes. Vous savez cette éducation, je suis fort, je suis un homme.
Alors voilà, au fil des ans cette couleuvre se transforme en boa constricteur, son œuvre agit et un jour mon cœur a soupiré sa fatigue.
Le serpent à ce moment se dévoile et emprunte le rire satirique des jaloux, des envieux, alors il lance sa flèche « tu as voulu faire le malin en faisant du sport, en te lançant des défis, tu en vois le résultat.»
Ces mots sont l’équivalent du gladiateur qui doucement enfonce son glaive dans le thorax de celui qu’il vient de jeter à terre.
Mais moi, peut-être un peu orgueilleux, je ne comprends pas pourquoi mon cœur fait des siennes, je vis cela comme une injustice, tant d’autres personnes du même âge, voire plus âgés, font encore de la compétition. La colère grogne en moi plutôt que la sagesse.
Un jour, je rencontre une personne au titre de guérisseuse, vous savez celle qui à l’époque féodale se retrouvait sur les bûchers, et bien, sans que je lui explique quoi que ce soit, elle me dit avec une grande bienveillance : «Monsieur, votre cœur est brisé»
Un éclair illumine mon esprit, je suis fier et un brin prétentieux, je cache mes peines et je veux démontrer aux autres ma force. Quand la force intérieure cède, c’est la puissance physique qui s’effondre. Je comprends que toutes ces piqûres venimeuses, ses empreintes de flèches, se glaive pointu forçant mon thorax auxquels s’ajoutent les émotions de puissantes tristesses de la vie m’ont épuisé. Le corps qui défaille suite à des efforts physiques, ce n’est qu’un détonateur d’un cœur brisé par une accumulation d’émotions que je n’ai point voulu écouter.
Je ne veux point me faire plaindre, mais j’ai connu des passages très compliqués sur mon sentier de vie où j’aurais bien aimé être encordée. À ces moments j’ai été seul, peu de mains sont venues se poser sur l’épaule avec compassion, pas obligatoirement de mots, mais juste une présence.
Je devais prendre des décisions en urgence et ce n’est pas facile quand tout va très vite, trop vite. La sensation d’être dans une machine à laver et qu’un doigt sournois pousse le bouton de la critique, du dénigrement ce qui augmente la vitesse de l’essorage et il paraphera son œuvre par une phrase assassine.
On m’a appris que dans tout mal il y avait un bien, ce n’est pas toujours facile de percevoir la couleur vive de ce bien alors que l’on baigne dans la noirceur, pour cela il faut savoir prendre du temps, se poser. Une défaillance cardiaque impose de s’asseoir et d’avoir une honnêteté envers soi-même, une compassion en direction des archers. Si le premier rencontre de petites embûches pour le second, cela devient plus compliqué.
Ce temps de repos obligé me permet d’analyser et de m’interpeller combien de fois dans la vie me suis-je donné le droit de critiquer parfois sans rien connaître de la situation ?
Qui n’a pas exprimé ces exclamations ?
— Si j’étais à sa place, je ferais…
— De toute façon, c’est évident que cela devait lui arriver, etc.
Tout au long de ma vie, les exemples ne manquent pas de ces jugements hâtifs.
Lorsque l’un de mes collègues démissionne de l’administration avec la garantie de l’emploi, il passe pour un fou. Il a pour projet de travailler dans la viticulture, mais quelques mois plus tard certains le voient ranger des légumes dans un supermarché. La jalousie du passé, les propos indécents se trouvent confortés par une réalité. C’est la gloire du gladiateur dans l’arène de la vie, il se gargarise de l’échec d’autrui. Quelques années plus tard, ce copain réussit un BAC dans son domaine de prédilection et les détracteurs baissent la tête. Comme quoi il aurait mieux valu garder sa langue dans la poche.
Une femme est condamnée pour maltraitance envers son enfant, cette personne est connue dans ma région et les jugements à son sujet, dont je ne suis pas exempt, vont bon train, accompagner de noms d’oiseaux pas très sympathiques.
Elle dit au juge : je ne savais pas faire autrement et je pensais que c’était comme cela qu’il fallait faire ».
J’ai eu l’occasion de la côtoyer quelques années plus tard et là j’ai compris que cette femme était honnête quand elle avancait ces allégations pour sa défense. Qui connait ce qu’elle à elle-même vécu ? Qui connait ce qui se passait dans son cœur ? Comment avait été procréé cette enfant ? Que s’était-il passé lors de sa grossesse ?
La juge fait son travail de juge, il est formé pour cela, mais nous de quel droit avançons-nous toutes ces critiques, ces jugements fallacieux ?
J’ai connu moi-même les feux de l’accusation quand j’ai divorcé. Tout était bon pour me salir, les rumeurs se propageaient dans les rues du village comme une traînée de poudre… médisance, calomnie, condamnation, raillerie. Les amis restant solidaires se comptaient sur les doigts d’une main.
Cette méchanceté gratuite, je pense que les gens n’en prennent pas conscience, leur permet-elle de se rassurer par rapport à leur propre vie ?
Sommes-nous à la place de celui que l’on critique ? Sait-on ce qui se passe dans la boule de cristal qui brille au plus profond de son être bien souvent au niveau du ventre et qui se nomme émotion ?
Julio Cortazar, écrivain argentin, disait :
« La lâcheté tend à projeter sur les autres la responsabilité que l’on refuse. »
À suivre
qu elle belle le leçon de vie, oui les gens juges trop vite ils ne regardent pas leurs vie. J ai beaucoup aimé tes messages. Je vous embrasse 😚 Pascale
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