Depuis la baie vitrée de ma caravane j’observe le tarier pâtre, le chardonneret élégant, le moineau commun…. Le moineau, volatile souvent détracté, nombreux n’y font même plus attention, pourtant son territoire se trouve aussi bien dans les villes et villages que dans les cités industrielles et campagnes. Certes, il est moins beau que le martin-pêcheur ou le geai et encore ce n’est qu’un jugement de valeur. Il est très habile, malin et curieux, il peut effectuer des manœuvres complexes, d’ailleurs pour obtenir sa subsistance, il est capable d’ouvrir les portes automatiques d’un supermarché et il s’accroche aux murs des hôtels pour voir les vacanciers sur leurs balcons. C’est un compagnon de notre vie, alors regardons-le avec respect.
Je guette le geai ou le corbeau, tiens ! Le corbeau n’est-il pas considéré avec mépris ? Certes, son chant n’est pas équivalent à celui de la mésange, mais il a certainement une utilité dans cette nature et à force de l’observer il ne ressemble pas à un croque-mort, les reflets de son plumage, son lumineux et la puissance de son bec impressionnant.
La nature proche de soi révèle la contemplation, l’émerveillement et surtout de la compréhension, tout est organisé avec utilité et d’une précision allant bien au-delà des qualités de l’orfèvre.
C’est une passion pour moi que de regarder dans les détails d’une fleur, contempler un oiseau ou tomber en émerveillement devant le regard du chevreuil qui est surpris par ma présence.
J’ai besoin de nourrir ma curiosité sur les secrets de cette nature, cela alimente mon amour pour cette passion qu’est la vie autour de nous.
Pour assouvir ma faim de savoir, je regarde de très intéressants reportages en replay sur la chaîne ARTE. C’est de l’un deux dont je veux vous parler et qui m’a subjugué, j’espère vous transmettre un peu de cette admiration envers ce qui nous entoure et peut-être affûter votre curiosité.
Les insectes sont de loin le groupe faunistique le plus vaste du monde, avec environ un million d’espèces décrites. De nouvelles espèces sont encore découvertes chaque jour ; ainsi leur nombre réel pourrait-être considérablement plus élevé, avec une estimation variant entre 2 et 20 millions.
Partons ensemble au Texas, dans un désert où la chaleur est harassante, heureusement c’est une promenade nocturne, car c’est à ce moment que la vie s’anime.
Voici une scolopendre géante et notre groupe à un mouvement de recul, car son aspect est repoussant, cela ressemble à un mille patte mesurant de 25 à 30 centimètres, c’est un animal étonnant avec son venin elle peut tuer des animaux 15 fois plus grands qu’elle, et elle a la capacité de voir par les deux extrémités de son corps. C’est un chasseur efficace dont le rôle est crucial dans l’écosystème, car elle contribue à réguler la population des insectes et des petits animaux.

Nous nous arrêtons net, non pas que l’animal nous est repéré ou injecté de son venin, mais le hurlement que nous entendons est bien celui du loup. Notre guide nous rassure, il n’y a point de loups ici, mais par contre vous venez d’entendre le cri de la souris sauterelle. Chaque membre du groupe sourit, certains émettent des gloussements de moquerie, convaincus que ce guide se moque de nous. Il insiste en nous expliquant que cette souris sauterelle, mesurant environ 15 centimètres pour un poids de 20 à 50 grammes et cache des dons incroyables dont son cri, il est dit qu’elle hurle à la lune, tel le loup. Si la scolopendre arrive à la piquer, elle est protégée par la mutation d’une protéine nerveuse qui lui évite la paralysie et diminue sa douleur.

Le guide a le réflexe d’arrêter l’un d’entre nous qui allait donner un coup de pied dans un petit bout de ferraille, erreur fatale, car c’est un ténébrion cendré du désert. La texture de sa carapace avec sa couche bleutée est similaire à celle du fer martelé, mais elle est d’une importante utilité, car elle le protège des rayons ultra-violets et l’empêche de se déshydrater. L’insecte apeuré par ce mouvement et ne voyant que rarement des humains en est mort. Notre ami est un peu gêné face au guide qui lui éclate de rire et explique que cet insecte à un don particulier quand il est apeuré il roule sur le dos afin de ressembler à une bête desséchée. Pour le scorpion du désert, le ténébrion est l’un de ses plats préférés, mais il déteste les insectes morts donc il l’évite. Cette astuce permet au ténébrion d’avoir une longévité exceptionnelle de 10 ans au milieu du million d’espèces décrites par les scientifiques.
Voici justement le scorpion du désert, il était sur la trace du ténébrion, en définitive c’est notre ami qui lui a sauvé la vie, déclare le guide, car le scorpion passe son chemin. Ce scorpion mesure jusqu’à 15 centimètres et avec son venin il peut tuer des petits mammifères. Il possède de longs poils sensoriels qui recouvrent son corps, ce qui lui permet de détecter le moindre déplacement d’air, alors que ses pattes perçoivent les plus petites vibrations du sol. Comme nous effectuons cette visite par une nuit de pleine lune, d’où sûrement le cri de la souris sauterelle, voici que le scorpion devient fluorescent. Son exo-squelette absorbe les rayons ultra-violets et il les restitue sous la forme d’une couleur bleu vert.

Nous quittons ce milieu aride pour la forêt humide de l’Amazonie aux arbres gigantesque. Notre guide nous sensibilise sur cette faune et flore incroyable qui vit en ce milieu. Celle-ci abrite 10 % de la biodiversité mondiale. Un tiers des insectes de ce lieu est menacé de disparition par l’agriculture intensive et sa pollution aux pesticides. Quand des hectares de cette forêt sont brûlés, c’est la vie de ces animaux sans défense face à la violence des flammes qui disparaît. Les chercheurs disent qu’il existe plus d’insectes qu’ils n’ont pas encore découvert que ceux qu’ils ont déjà nommés.
Le blaberus giganteus ou tout simplement la blatte géante peut atteindre neuf centimètres, la taille d’une souris. Elle peut rester un mois sans manger et une semaine sans boire, ce qui nous surprend c’est quand on apprend que même en mourant elle libère sa poche d’œufs pour sauver son espèce.
Nous nous envolons pour l’Asie afin de découvrir le scarabée rhinocéros.
L’étourdi du groupe n’en croyant pas ses oreilles demande à son voisin :
Quoi ? En Asie des rhinocéros ?
Comme sa discrétion ressemble à celle d’un éléphant qui rentre dans un jeu de quilles, il est évident que tout le monde entend son interrogation et c’est un éclat de rire général.
A suivre…