Combien de fois entend-on, les entreprises sont en difficulté du fait des charges trop élevées ? Les salariés coûtent trop cher et les normes sont trop restrictives, etc.
Cela débouche sur des fermetures d’entreprise et comme des serviettes jetables, des centaines, voire parfois des milliers de personnes, se retrouvent sans travail. Dans une telle démarche, tout le monde pense argent, mais qui s’inquiète des dégâts psychologiques sur ces femmes et ces hommes ? Du jour au lendemain, ils n’ont plus leur utilité dans la société. C’est parfois une vie qui perd tout son sens.
Tout cela pour une entreprise qui n’est pas en réelle difficulté, les carnets de commandes ne sont pas vides, mais mesdames, messieurs les actionnaires ne sont pas satisfaits des taux de rentabilité. Alors on délocalise pour utiliser des esclaves modernes. Des êtres humains dans des pays lointains que l’on va payer une misère. Voici la réflexion qui excuse presque tout « ils n’ont pas à se plaindre, on leur donne du travail et un salaire. Oui ! mais dans quelles conditions de vie et quel salaire ? Le deuxième argument tombe alors comme le couperet, si on n’était pas là ils n’auraient rien, ce « ils n’auraient rien » mériterait une explication.
Il fut un temps où ces gens vivaient en autarcie dans les forêts et ils étaient heureux. C’est nous, société occidentale, qui avons considéré qu’ils vivaient comme des sauvages, peu vêtus, adorant des dieux qui ne nous correspondent pas, mangeant une nourriture inconnue pour nous, on en déduisait qu’ils n’étaient donc pas heureux et il nous fallait réparer cette absence. Nous leur avons apporté la bonne nouvelle, nous nous sommes pris pour des sauveurs en prétendant les civiliser. Cela a consisté à leur imposer notre religion, notre culture puis les approvisionner avec notre nourriture moderne, et sa ribambelle de déchets et sournoisement nous nous sommes mis à spolier les richesses de leur pays en corrompant leurs dirigeants. Ce modernisme et notre culture, nous l’avons imposée bien souvent à coups de fusil ou de tortures. Lors de conflits, c’est avec violence que ces êtres humains ont été incorporés sous le drapeau tricolore.
L’aboutissement de cette politique : ces populations vivent dans des bidonvilles, sans soin et avec absence de l’essentiel tel que de l’eau potable.
Ces marchandises produites aux antipodes, pour nous pays développés et riches, sont transportées à travers les océans ou par les airs. À l’inhumain s’ajoute une pollution importante alors que déjà la planète suffoque, mais hors de question de prendre cela en compte dans les courbes de l’actionnariat. Ces oligarques ne sont pas là pour agir dans la tendresse et dans le respect.
Dans le même temps dans nos pays, le chômage explose avec sa farandole de conséquences, augmentation de 7 % chez les jeunes de 15 à 25 ans, les forces vives aussi bien physique qu’intellectuelle d’un pays. Mais les médias, au service du CAC 40, pertinents dans leurs informations, ont convaincu les « courageux « qui ont encore du travail que les chômeurs sont des fainéants qui vivent à leurs crochets. Dans ce contexte de division, il est inculqué à la population des salariés qu’elle est privilégiée et doit ne pas se plaindre. Leurs fins de mois deviennent de plus en plus compliquées, et le stress qui engendre déprime et suicide est leur quotidien. Se soigner, se loger, se nourrir correctement devient très compliqué. Voilà que cette population, au lieu de s’unir, se jalouse un peu plus. Le tour de passe-passe est réussi, les gens se déchirent dans l’intérêt des actionnaires qui s’enrichissent.
Malcom X, militant politique américain, assassiné en 1965, disait ceci : « Si vous n’êtes pas vigilant, les journaux arriveront à vous faire détester les opprimés et aimer ceux qui les oppriment. »
Les versements aux actionnaires ont atteint un nouveau sommet en 2025 titre le Figaro économie, soit 107,5 milliards d’euros redistribués à des gens qui ne travaille pas.
Pour l’année 2025, la fortune des milliardaires a augmenté 3 fois plus vite que pendant les 5 années précédentes. Cette augmentation équivaut à la richesse totale de la moitié de l’humanité.
Les 53 milliardaires français sont désormais plus riches que plus de 32 millions de personnes réunies soient près la moitié de la population du pays.
En 24 minutes en moyenne, un milliardaire gagne l’équivalent du revenu annuel moyen d’un Français, soit 42 438 euros.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République en 2017, la fortune des milliardaires français a doublé. Ce gain de 220 milliards d’euros, concentré sur à peine 32 personnes, équivaut au financement de plus de 10 000 postes d’enseignants pendant près de 400 ans. Le budget 2026 prévoit la suppression de 4000 postes d’enseignants, où est l’erreur ?
Mais j’entends autour de moi ces propos émis : les Français sont trop gâtés, il faut leur mettre encore des tours de vis. C’est ahurissant !
En ce mois de janvier 2026, 400 millionnaires et milliardaires de 24 pays ont signé une lettre ouverte appelant les dirigeants du monde assistant à la conférence de Davos à reprendre notre avenir en main en taxant les ultras riches, il y a donc plus riches que les riches. Ces riches pensent que l’extrême richesse est une menace pour la démocratie, empêche les citoyens de mener une vie décente et que cela érode la confiance sociale. (source Oxfam.)
Où se trouve le problème ? La confiance sociale est déjà érodée, mais si les très riches sans prennent aux extrêmement riches, serait-ce un brin d’espoir ?
Ces oligarques ignorent bien évidemment Tolstoï et il a une tare inadmissible, il est Russe, il disait ceci : « de toutes les sciences que l’Homme doit savoir, la principale c’est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible. «
Dans ce marasme, des entreprises démontrent que l’on peut faire autrement, que l’on peut respecter les salariés et l’environnement, tout en restant viable.
Je vais faire une courte diversion, je vous ai déjà parlé d’une association du nom de N&P, à laquelle je suis adhérent. Cette association fut créée en 1964 pour participer au développement de l’agriculture biologique. D’entrée de jeu, les fondateurs ont compris que cette agriculture novatrice doit être portée conjointement entre agriculteur, transformateur et consommateur. Soixante ans plus tard, le syndicat agricole majoritaire avec l’aide du gouvernement continue de répudier ce type d’agriculture.
Les fondateurs de Nature et progrès ont créé la première fête bio Marjolaine qui existe toujours et se tient tous les ans porte de Versailles à Paris en novembre. Ils ont été les initiateurs des cahiers des charges bio et de la mise en place de magasins associatifs de produits biologiques. Un certain nombre de structures commerciales ou non commerciales qui existent aujourd’hui sont issues de cette vie associative.
N&P a toujours gardé une vision globale du développement de la protection de l’environnement en ayant toujours des cahiers des charges plus stricts que ceux de l’état, car ils prennent en compte le bien-être des salariés de toute entreprise agricole ou de transformation, mais aussi le bien-être animal et le maintien de l’équilibre faune flore sur une ferme en gardant par exemple des zones de friches.
Cette association édite une revue du même nom et je reviens ici à mes moutons, car qui dit revue dit imprimerie.
Comment pour une association dont le principe est le respect humain et la protection de l’environnement faire imprimer une revue sans polluer ?
Non seulement c’est possible, mais cela existe.
L’entreprise qui imprime cette revue se nomme Pure Impression et a obtenu la norme ISO 14001. Elle est attentive dans tous les domaines de la production pour polluer le moins possible et aussi pour économiser l’eau, l’électricité et les rejets.
Concernant l’électricité, 2500 m2 de panneaux solaires ont été installés sur le toit d’un atelier. Un bassin pour récupérer les eaux de pluie a été mis en place pour le nettoyage des locaux.
Les plaques pour imprimer ne peuvent être réutilisées, mais elles sont consignées et l’aluminium dont elles sont conçues est recyclé.
Une technique permet que les fûts métalliques et les bidons plastiques d’encre soient quasiment propres à la fin de leur utilisation, ce qui évite l’emploi de nombreux solvants.
Les cartons de bidon pour la presse numérique sont ouverts avec précaution et de ce fait peuvent être réutilisés par le fabricant.
Il y a eu un investissement en machines économiques qui utilisent des encres végétales.
Les déchets de coupe de papier sont aspirés directement à la sortie de la machine et envoyés dans un broyeur-compacteur.
Le bâtiment haute qualité environnementale (HQE) est démontable et recyclable dans sa presque intégralité.
La chaleur émise par les machines est récupérée par une pompe à chaleur, évacuée l’été et réinjectée l’hiver pour chauffer les locaux.
Il y a de nombreux puits de lumière pour limiter l’éclairage artificiel.
Tout a été fait pour réduire les poussières de papier à un taux le plus bas possible pour préserver la santé des salariés.
L’air est humidifié en permanence et recyclé toutes les trois heures.
*Source revue N&P N° 151 de 2025
Une telle entreprise donne de l’espoir et si je cherche un peu, je trouve d’autres entreprises de ce style dans l’hexagone.
Pour conclure, tout dépend de la vision de la vie, de son sens humain et du respect de la beauté de la planète !